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Dépenses folles au baseball: bientôt un contrat d’un milliard $?

Le lanceur Justin Verlander empochera 1,27 million $ par journée de travail la saison prochaine

Justin Verlander, qui a remporté la Série mondiale avec les Astros de Houston, poursuivra sa carrière avec les Mets de New York, où il empochera 43,3 M$ la saison prochaine.
Justin Verlander, qui a remporté la Série mondiale avec les Astros de Houston, poursuivra sa carrière avec les Mets de New York, où il empochera 43,3 M$ la saison prochaine. Photo AFP
Photo portrait de Jean-Nicolas  Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2022-12-09T17:20:00Z
2022-12-10T04:02:33Z

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Justin Verlander, bientôt quadragénaire, vient de signer un contrat qui lui rapportera 1,27 million $ par présence au monticule en 2023 avec les Mets de New York. C’est la même entente que son nouveau coéquipier Max Scherzer : 43,3 millions $ par année. Aaron Judge touchera 40 millions $. Vous imaginez quel prix vous coûterait votre popcorn si les Expos revenaient ?

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Au fond, la pandémie n’aura pas tant secoué les revenus du baseball majeur. Malgré une baisse généralisée des assistances depuis près de 20 ans, les revenus, eux, ont quand même atteint 11 milliards $ cette année, soit la même chose qu’avant la COVID-19.  

Et ainsi, les équipes peuvent recommencer à monter les enchères pour s’entendre avec des joueurs autonomes. Ces enchères ont d’ailleurs pris des proportions hallucinantes au fils des ans. 

Installateur de climatiseurs  

En 1979, le lanceur le plus fascinant de l’histoire, Nolan Ryan, avait signé ce qui était à l’époque le contrat le plus lucratif du baseball : 1,125 M$ par année. 

C’était exceptionnel. Il devenait le premier à empocher plus d’un million de dollars par saison. Quelques années auparavant, Ryan, alors avec les Mets, avait joué les héros à la Série mondiale et il devait tout de même installer des climatiseurs afin de joindre les deux bouts.   

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Alex Rodriguez lors de la signature de son contrat avec les Rangers du Texas en 2000.
Alex Rodriguez lors de la signature de son contrat avec les Rangers du Texas en 2000. Photo d'archives, REUTERS

En 2000, Alex Rodriguez avait marqué une deuxième étape folle de la montée des salaires. Il avait paraphé une entente de 25,2 M$ par année sur 10 ans. 

Je m’en souviens comme si c’était hier. J’avais 12 ans, je n’écoutais pas mon cours au secondaire et m’amusais à calculer ce que cela représentait. Je racontais à tout le monde que ça lui donnait 8 $ par minute, en tout temps. Même quand il allait aux toilettes ou qu’il faisait dodo.

Pas tous au Temple  

On a atteint un autre niveau dans les dernières années. Depuis « A-Rod », plus de 100 joueurs ont signé des pactes qui leur permettent de toucher 27 M$ ou plus par campagne. Et je vous confirme que ce ne seront pas tous de futurs membres du Temple de la renommée.  

À l’époque de Nolan Ryan, le salaire moyen d’un ménage américain était d’environ 30 000 $. Aujourd’hui, c’est un peu plus que le double. Au baseball, les joueurs gagnent 39 fois plus en moyenne. Bien sûr, ils touchent ce qu’ils génèrent. Mais ça donne des cauchemars aux petits marchés.  

La prochaine étape qui intrigue : quand un joueur signera-t-il un contrat d’au moins un milliard de dollars ? Le verra-t-on de notre vivant ?  

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Pour une entente de 12 ans, on parle d’un revenu annuel de 83 M$. L’athlète le mieux payé touchait 15 M$ en 2000, 20 M$ en 2010, puis il touche 43 M$ cette année. 

Nouveau standard pour Ohtani ? 

Le phénomène Shohei Ohtani, dominant au bâton et au monticule, sera le prochain à amener les salaires à un autre niveau. Les experts estiment qu’il serait une aubaine à 50 M$ par saison, alors qu’il en génère plus de 60 M$ annuellement selon le site américain de statistiques avancées FanGraphs.

Shohei Ohtani
Shohei Ohtani Photo d'archives, AFP

Un contrat de 60 M$ par année, durant 12 ans, lui rapporterait 720 M$ d’ici ses 41 ans. C’est peu envisageable. Son pacte risque de s’échelonner sur environ huit ans. Mais, on ne sait jamais avec certains propriétaires collectionneurs de Picasso, comme Steve Cohen, des Mets. Une telle entente permettrait à Ohtani de devenir propriétaire majoritaire de la moitié des équipes du baseball majeur. C’est plus que le produit intérieur brut de 12 pays.  

Pas trop à la mode 

C’est moins tendance de parler d’un retour des Expos ces temps-ci. Et de tels montants n’ont rien pour ramener ça à la mode. Les équipes doivent suivre le rythme de celles en bonne santé financière pour obtenir des revenus.  

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À moins d’une gestion exceptionnelle des contrats et d’un plein développement des joueurs (comme chz les Rays), il n’y a aucune chance d’être dans la course. Et en plus, il faut demander aux partisans de payer le gros prix pour le stationnement, le houblon, les hot-dog. Pas le choix.  

Même là, Tampa Bay n’a encore jamais gagné. Les supervedettes ne font pas seulement vendre des billets. Ils font gagner. Pensez à Verlander, qui a gagné la Série mondiale et le Cy-Young, ou Bryce Harper, qui a fait la claque de l’année pour amener son équipe en finale. Ce duo coûte 70 M$.  

Revenons à Ohtani. Il dressera une base pour les superstars. Le contrat de 1 G$ sera plutôt tôt que tard.  

Après lui, si la tendance se maintient, le prochain phénomène du baseball risque de devenir milliardaire grâce à un seul contrat.

Le salaire minimum pour les autres circuits

Le gérant et directeur général des Capitales de Québec, Patrick Scalabrini, est un observateur fasciné de cette jungle des salaires dans les majeures.

Il a passé sa vie dans le baseball professionnel, comme joueur et gérant. Il assiste à cette transformation depuis plus de 20 ans.  

« Je ne peux pas croire qu’on puisse avoir une telle discussion en 2022. Mais je pense qu’on est pas mal plus proche que l’on pense d’un contrat qui se rapproche du milliard de dollars », dit-il.  

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« Si un lanceur vieillissant comme [Justin] Verlander peut avoir 43,3 M$, imaginez ce sera combien pour [Shohei] Ohtani ? » ajoute-t-il, dénonçant du même souffle les maigres salaires dans les ligues mineures affiliées au baseball majeur. 

Moins de 15 000 $

Rappelons que durant la pandémie, c’est là que la MLB a décidé de sabrer pour limiter ses pertes. Les dirigeants ont réduit le nombre d’équipes et de contrats. 

Et ça, alors que les joueurs des mineures demandaient de meilleures conditions. Plusieurs empochent moins de 15 000 $ pour la saison. Ce n’est même pas le salaire minimum aux États-Unis. 

Devant rien

Scalabrini est bien placé pour constater cette réalité, lui qui a pu attirer à Québec certains de ces athlètes, dont le rêve a été coupé court après qu’ils eurent tout sacrifié pour espérer joindre le cercle des millionnaires dans la grande ligue.  

« Ce n’est juste pas intelligent, déplore Scalabrini. Et le jour où tout se termine pour eux et qu’ils veulent faire autre chose, c’est la panique totale. Ils n’ont pas de diplôme et pas d’argent. Ils n’ont rien devant eux après avoir tout sacrifié pour leur rêve. Ils ne savent pas quoi faire dans la vie. »


LES 10 PLUS GROS CONTRATS SPORTIFS DE L’HISTOIRE*

Lionel Messi (soccer) 4 ans 674 M$
Patrick Mahomes (football) 10 ans 503 M$
Mike Trout (baseball) 12 ans 426 M$
Canelo Alvarez (boxe) 5 ans 365 M$
Mookie Betts (baseball) 12 ans 365 M$
Aaron Judge (baseball) 9 ans 360 M$
Francisco Lindor (baseball) 10 ans 341 M$
Fernando Tatis fils (baseball) 14 ans 340 M$
Bryce Harper (baseball) 13 ans 330 M$
Giancarlo Stanton (baseball) 13 ans 325 M$

*D’autres contrats pourraient faire partie de cette liste, mais les détails n’ont jamais été rendus publics.


JOUEUR DE BASEBALL LE MIEUX PAYÉ PAR ANNÉE

1985 Mike Schmidt 2,1 M$
1990 Eddie Murray 2,5 M$
1995 Barry Bonds 8,2 M$
2000 Kevin Brown 15,7 M$
2005 Barry Bonds 22 M$
2010 Johan Santana 20,1 M$
2015 Clayton Kershaw 32,6 M$
2020 Max Scherzer 35,9 M$
2022 Max Scherzer et Justin Verlander 43,3 M$

Sources : Spotrack et Baseball Reference

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