Le Canada obtient le meilleur résultat de son histoire en gymnastique artistique en se qualifiant pour la finale masculine par équipe


Richard Boutin
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PARIS À son grand retour aux Jeux olympiques pour la première fois depuis Pékin en 2008, le Canada a connu un départ hasardeux samedi matin au Bercy Arena au premier appareil du concours complet en gymnastique artistique, mais a rebondi de belle façon pour se faufiler en finale. Leur 8e place assure déjà les Canadiens du meilleur résultat de l'histoire.
En cette journée de qualifications, le Canada a lancé les hostilités dans le premier de trois groupes en compagnie des puissances de l’Angleterre et des États-Unis ainsi que de l’Allemagne qu’il devait absolument vaincre pour espérer atteindre la finale, où seulement les huit meilleures formations sont retenues. Le Canada a devancé les Allemands et les Britanniques ont pris le premier rang. Deux autres sessions se déroulent en après-midi et en soirée pour déterminer le classement final.
Premier à briser la glace, William Émard a chuté à la barre fixe. La situation était loin d’être catastrophique, puisqu’on conserve les trois meilleures notes sur quatre et Émard n’est pas un spécialiste de cet appareil.
Ça s’est corsé toutefois lorsque le troisième Canadien René Cournoyer est lui aussi tombé, mais l’olympien de Tokyo a été en mesure de terminer sa routine en force pour sauver les meubles.

«Je suis habituellement très constant à la barre fixe et j’ai un taux de succès de pratiquement 100%, a expliqué Cournoyer. Par un millimètre, je n’ai pas été en mesure de reprendre la barre. Je suis revenu en force et j’ai bien terminé ma routine.»
Après le sol, les Canadiens se sont regroupés afin de s’assurer de bien faire aux arçons, engin qui peut annihiler tes chances si tu connais des problèmes.
«Je suis fier de la façon dont nous avons rebondi en équipe après un départ très difficile, a mentionné Félix Dolci la main droite enrubannée. Les gars se sont regroupés et on a démontré un bon esprit d’équipe. Nous avons poussé pour l’objectif d’équipe.»
Les Canadiens ont récolté un total de 247.794 points, une marque qui les rapproche de leur résultat au championnat mondial à Anvers en Belgique, où ils avaient obtenu leur billet pour Paris.
«Nous ne sommes qu’à 1,3 point de notre score au mondial, a indiqué Émard avant de connaître le résultat final. L’objectif était de devancer l’Allemagne et nous avons réussi. Ça va être serré de passer, mais une 9e place serait déjà le meilleur résultat du Canada chez les hommes dans l’histoire olympique.»
Résultats individuels
Incertain de pouvoir participer à son épreuve favorite des anneaux en raison d’une blessure à un biceps il y a un mois, Émard a augmenté le degré de difficulté de sa routine dans la dernière ligne droite de la préparation olympique et il a livré sa meilleure performance de l’année.
Très heureux, il a salué les juges après avoir reçu sa note. «Mon résultat de 14.400 est mon meilleur de l’année, a-t-il affirmé. Ce fut un franc succès aux anneaux. On a ajouté un élément plus difficile sur le même sur lequel je m’étais blessé en février et j’ai relevé le défi.»
«En février, je ne pensais pas être ici et ça serait malade si j’atteins la finale, de poursuivre le gymnaste de 24 ans. Un Top 10 serait déjà incroyable.» Émard a finalement terminé au 13e rang. Les huit premiers de chaque appareil accédaient à la finale.
Quant à Dolci, il aurait voulu en faire plus au sol qui est son engin de prédilection. «C’est là que j’avais le plus d’espoir d’atteindre une finale et je suis déçu parce que j’ai précipité un geste, a raconté l'auteur d'une 14e place. Quant aux arçons, j’ai toujours beaucoup de difficultés, mais je ne me suis pas laissé déranger par ma performance lors des trois derniers appareils.»

La main droite en sang
Sa main droite lui cause bien des maux de tête. «J’ai arrosé les barres parallèles lors de mon passage, a imagé Dolci. Elles étaient pleines de sang. C’est un problème fréquent. On dosait bien les entraînements, mais tout a ouvert à Paris. Je traîne aussi des blessures à une cheville et à un genou depuis deux ou trois mois et une résonance magnétique n’a pas permis d’identifier le problème, mais je suis capable de passer au travers. Cette expérience olympique va me rendre meilleur plus tard. Ou je gagne ou j’apprends.»
De son côté, Cournoyer visait la finale du concours complet, mais n’avait pas d’attente pour une épreuve en particulier. «Je suis un généraliste et non un spécialiste, a-t-il résumé. Je veux aider l’équipe dans tous les appareils. Je suis très heureux de ma journée. Il n’y a aucune comparaison à faire avec Tokyo où j'étais seule. J'ai aussi amélioré mes résultats.»
Dolci et Cournoyer étaient bien placés pour se glisser en finale (Top 24) du concours complet après leur prestation. Seul Dolci a toutefois obtenu son billet pour la finale en terminant au 22e rang. Cournoyer a raté de peu avec une 26e position.