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Denise Filiatrault célèbre ses 95 ans: l'extraordinaire parcours d'une légende

2026-05-16T10:00:00Z

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Alors qu’elle célébrera ses 95 ans, le 16 mai, Denise Filiatrault a de quoi être fière du chemin parcouru en plus de 80 ans de carrière. À l’occasion de son anniversaire, nous revenons sur la vie et l’incroyable parcours de cette légende vivante du milieu artistique québécois.

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Le nom de Denise Filiatrault, qui a exercé les métiers de comédienne, d’actrice, d’autrice, de scénariste, de réalisatrice, de directrice artistique et de metteure en scène, restera à jamais gravé dans l’histoire du Québec. À la fois déterminée, passionnée et rigoureuse, la grande dame aura d’ailleurs aidé, durant son long parcours, de nombreux artistes à briller sur scène. 

Cette pionnière reconnue pour sa rigueur au travail et son fort caractère n’en demeure pas moins une mère présente et bienveillante pour ses deux filles, Danièle et Sophie Lorain, ainsi que pour son petit-fils adoré, Mathieu Lorain Dignard, dont elle est très fière. Une chose est certaine, Denise Filiatrault peut se vanter d’avoir connu une vie extraordinaire. 

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Des parents aimants

Denise Filiatrault naît le 16 mai 1931, à Montréal, sous le nom de Marie Donalda Denise Lapointe. Alors que sa mère biologique perd la vie peu après son accouchement, son père, Lucien Lapointe, décide de donner sa fille en adoption au couple formé d’Yvonne Parent et de Paul-Armand Filiatrault, ce dernier étant policier à la Ville de Montréal. C’est donc sous le regard bienveillant de ses parents adoptifs aimants que la fillette vit une jeunesse dorée sur le Plateau-Mont-Royal.

Ses débuts dans les cabarets

À 12 ans, la jeune Denise Filiatrault, déjà passionnée par le théâtre et le ballet, se met à courir les concours amateurs et décroche des rôles ici et là dans des revues musicales. 

En 1950, à l’âge de 19 ans, la jeune femme a déjà une carrière enviable. Elle enchaîne alors les tours de chant à la boîte de nuit montréalaise Au Faisan Doré, situé sur le boulevard Saint-Laurent, à Montréal. 

C’est d’ailleurs à cet endroit qu’elle fait la rencontre de l’artiste français Jacques Lorain, qui deviendra le père de ses deux filles, nées en 1956 et 1957. Le couple restera marié pendant 12 ans, avant de divorcer au milieu des années 1960.

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La naissance de Denise et Dodo

Photo : Jean-Pierre Karsenty / SRC
Photo : Jean-Pierre Karsenty / SRC

Alors qu’elle incarne depuis 1957 le rôle de Délima Poudrier dans le populaire téléroman Les Belles Histoires des pays d’en haut, à la télévision de Radio-Canada, Denise Filiatrault fait, dans les années 1960, la rencontre déterminante de Dominique Michel. La chimie est au rendez-vous et rapidement, les deux artistes développent une complicité rare sur les scènes des cabarets de la métropole, où elles présentent leurs sketchs humoristiques. 

Le duo gagne en popularité et Denise et Dodo se font approcher, en 1966, par le scénariste Gilles Richer et le réalisateur Jean Bissonnette, pour tenir les rôles principaux de la comédie Moi... et l’autre, diffusée de 1966 à 1971, à Radio-Canada. Les comédiennes deviennent du jour au lendemain les stars de l’heure au Québec. Cette comédie audacieuse qui illustre le quotidien de deux femmes libres donne un bon coup d’accélérateur aux carrières des deux actrices. 

Photo : / SRC
Photo : / SRC

Rappelons que Moi... et l’autre, qui a marqué l’imaginaire collectif, a d’ailleurs repris vie sur les ondes de Radio-Canada de 1995 à 1997. Dans cette nouvelle mouture, Denise Filiatrault et Dominique Michel renouaient avec leurs personnages, 50 ans plus tard.

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Le succès de Chez Denise

Après avoir joué dans les films La mort d’un bûcheron de Gilles Carles et Il était d’une fois dans l’Est du réalisateur et metteur en scène André Brassard, sortis respectivement en 1973 et 1974, Denise Filiatrault revient à la télévision en 1979 en tant que tête d’affiche de la comédie Chez Denise, diffusée de 1979 à 1982 à Radio-Canada. S’inspirant de son expérience personnelle dans le milieu de la restauration, l’actrice et scénariste revient ainsi avec une nouvelle proposition bénéficiant d’une solide distribution pour l’époque, composée des acteurs Benoît Marleau, Paul Berval, Roger Joubert et André Montmorency. 

Le succès de Chez Denise est retentissant et la comédie est suivie chaque semaine par plus de deux millions de téléspectateurs. Sa fille Sophie Lorain y fait ses premiers pas comme actrice. De plus, le public y découvre le talent d’un jeune Normand Brathwaite, âgé de 20 ans, qui prête ses traits à l’écran au personnage de Patrice l’assistant-chef.

Après la fin de Chez Denise, Denise Filiatrault part s’installer en France, où elle décroche quelques rôles au théâtre et au cinéma. 

Au milieu des années 1980, elle vit le deuil de ses parents. En 1986, peu après le décès de sa mère, sa fille Sophie donne naissance à son unique petit-fils, le comédien Mathieu Lorain Dignard.

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Entre jeu, mise en scène et réalisation

Photo : Patrick Seguin / TVA Publications
Photo : Patrick Seguin / TVA Publications

Du côté de la scène, Denise Filiatrault peut se vanter d’avoir joué dans la toute première mouture de la pièce Les belles-sœurs de Michel Tremblay, qui a été présentée pour la première fois en 1968, au Théâtre du Rideau Vert. L’actrice a ensuite toujours préservé une belle amitié avec le célèbre dramaturge, dont elle a aussi joué les textes en 1970 dans Demain matin, Montréal m’attend.

C’est toutefois plus en tant que metteure en scène et directrice artistique que Denise Filiatrault a laissé son empreinte dans le monde du théâtre. 

Dès 1991, la direction du festival Juste pour rire lui donne carte blanche sur la décision des pièces et comédies musicales qui seront présentées dans le cadre de l’événement.

Photo : Daniel Auclair / Les Publications Charron et Cie inc./Groupe TVA
Photo : Daniel Auclair / Les Publications Charron et Cie inc./Groupe TVA

Cette collaboration mémorable durera plus de 20 ans, jusqu’en 2014. La metteure en scène a ainsi eu la chance de travailler à la mise en scène de nombreuses comédies musicales, telles que Le bourgeois gentilhomme, Marius et Fanny, Cabaret, Un violon sur le toit, La mélodie du bonheur, Sister Act et bien d’autres. Pendant toutes ces années, Denise Filiatrault aura eu le flair et l’immense talent de mettre en branle des productions divertissantes et de grande qualité, dont elle seule avait le secret.

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Au cinéma, rappelons que Denise Filiatrault a réalisé les films à succès C’t’à ton tour, Laura Cadieux (1998), Laura Cadieux... la suite (1999), tirés de l’univers de Michel Tremblay et mettant en vedette Ginette Reno. Elle a aussi réalisé L’odyssée d’Alice Tremblay (2002), avec sa fille Sophie Lorain dans le rôle-titre, et Ma vie en cinémascope (2004), qui retrace la vie et le parcours de son idole de jeunesse, la chanteuse Alys Robi, incarnée à l’écran par Pascale Bussières.

Une amoureuse déçue

Sur le plan sentimental, Denise Filiatrault ne s’est jamais remariée suite à son divorce avec son mari Jacques Lorain. Dans sa biographie Quand t’es née pour un p’tit pain, parue en 2017, elle ne cache toutefois pas avoir connu d’autres histoires d’amour. 

L’artiste souligne notamment avoir eu le béguin, dans sa jeunesse, pour le chanteur Donald Lautrec et le rockeur français Johnny Halliday. De plus, l’artiste confie avoir partagé sa vie, de 1967 à 1973, avec un homme originaire du Mexique, avec qui elle a possédé un restaurant dans le Vieux-Montréal. 

Et puis, toujours dans son livre, Denise Filiatrault se rappelle avoir fréquenté l’ancien premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, à la fin des années 1970. L’artiste souligne notamment avoir accompagné ce dernier à Versailles, en France, au début des années 1980, à l’occasion d’une réception organisée pour le G7. 

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Étant toujours restée discrète sur ses relations amoureuses, l’artiste souligne cependant dans sa biographie avoir mis un terme à sa vie amoureuse dans la cinquantaine, estimant ne pas avoir trouvé son prince charmant.

Un héritage immense

Au nombre de son immense héritage culturel, soulignons le fait que Denise Filiatrault a occupé durant 21 ans le poste de directrice du Théâtre du Rideau Vert, proposant année après année des saisons aux programmations audacieuses et diversifiées. L’institution montréalaise lui doit d’ailleurs la création de la populaire rétrospective théâtrale Revue et corrigée, qui célébrait ses 20 ans en décembre dernier. Soulignons que c’est l’acteur Benoit McGinnis qui a pris sa relève, en 2025, à la direction artistique du Théâtre du Rideau Vert. 

Maintenant à la retraite depuis un an, Denise Filiatrault conserve aujourd’hui toute la fougue, l’énergie et la passion qu’on lui connaît. Nous lui souhaitons un merveilleux 95e anniversaire ainsi que d’autres belles années de bonheur à venir.

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