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Démission de François Legault: les dessous de son inévitable décision

Photo portrait de Rémi Nadeau

Rémi Nadeau

2026-01-15T05:00:00Z

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«Est-ce que les gens ont cessé de m’écouter?». Depuis l’été dernier, François Legault doutait, et posait ouvertement cette question à son entourage. Après avoir joué son va-tout durant l’automne, il a finalement annoncé sa démission à sa garde rapprochée lundi.

Portant avec lui l’image de Rocky Balboa, qu’il avait exploitée lors du congrès national de la CAQ à Gatineau en septembre, le chef caquiste n’avait démontré aucun signe de fléchissement en fin d’année, malgré les bas sondages.

Au contraire, le PM semblait revigoré par le feuilleton à scandales des libéraux, ayant entraîné la chute du chef du PLQ.

Que s’est-il passé?

Après une réflexion entreprise l’été dernier, a-t-on appris, il avait choisi de jouer le tout pour le tout, un «dernier coup».

Il s’est montré combatif et a occupé beaucoup d’espace jusqu’à la fin de la session.

Ensuite, à chaque rencontre avec ses amis proches et les membres de sa famille, pendant la pause des Fêtes, François Legault a discuté et demandé conseil.

«Les gens ont de l’estime pour toi, mais le temps est venu de laisser la place à une autre génération», lui ont dit des personnes de confiance, qu’il respecte beaucoup, autour de la table lors de soupers.

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L’avis de ses garçons, Victor et Xavier, a été très important dans l’équation.

«Deux gars qui connaissent la politique, qui ont un mot à dire, bien qu’ils auraient supporté son choix coûte que coûte», raconte une source très proche.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

L'aspect générationnel

Avec le départ de Pablo Rodriguez au PLQ, François Legault se serait préparé à faire face à de jeunes chefs, PSPP, probablement Charles Milliard et Ruba Ghazal.

Déjà en 2022, le leader de la CAQ n’aimait pas avoir l’air «d’un vieux» aux côtés de ses adversaires.

Lorsque, dans sa déclaration publique mercredi, il a évoqué la «volonté de changement» dans la population, il ne parlait pas que des idées, mais de l’aspect générationnel.

Puis, la comparaison avec Rocky n’était pas que le fruit de l’imagination.

Deux mandats de gouvernement, dont un marqué par une pandémie, l’autre par plusieurs démissions, ont laissé des traces.

«Est-ce que humainement et politiquement, l’année 2026 peut être plus dure que 2025?», a demandé François Legault à son principal conseiller, lors d’une rencontre au retour du Jour de l’an.

La réponse a été oui.

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Au fond de lui, le chef caquiste avait pris sa décision, et avait commencé à rédiger son discours de démission la semaine dernière.

Il a donc évité les rencontres ministérielles pour ne pas avoir à mentir sur ses intentions, «c’est ce qui le stressait», dit-on.

Puis, lundi, il a annoncé officiellement à son équipe qu’il allait se retirer.

Puisque la réflexion datait de plusieurs mois, sa garde immédiate n’a pas été étonnée.

La semaine du 15 janvier avait été encerclée pour une décision finale.

• Écoutez aussi cet épisode balado tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Le père de famille

D’ailleurs, c’est parce qu’il savait qu’il risquait de partir que François Legault a nommé Eric Girard vice-premier ministre, sans donner d’importance à ce rôle, lors du remaniement à l’automne.

Par souci de neutralité en cas de course à sa succession, il a préféré ne pas nommer une des figures féminines fortes comme Christine Fréchette, Sonia LeBel ou Geneviève Guilbault, qui pourraient être sur les rangs.

Peu importe qui sera le prochain chef de la CAQ, cet aspect «bon père de famille» manquera aux troupes.

Ultimement, il n’a pas voulu laisser aux Québécois l’image de celui qui s’accroche à tout prix.

Il a probablement fait le bon choix.

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