Demidov: un peu comme Malkin

Michel Therrien
Partager
L’arrivée d’Ivan Demidov dans le giron du Canadien est tout simplement sensationnelle pour l’organisation et ses partisans, car il est clair que ce type de joueur aura un impact fort sur l’équipe pendant de nombreuses années.
Il s’agit sans contredit d’une excellente nouvelle pour le CH: il suffit de regarder les faits saillants des matchs de l’attaquant pour constater son immense talent. Pour le moment, ce jeune homme de 19 ans demeure un diamant à polir et cela représente un beau défi pour l’entraîneur-chef Martin St-Louis. Malgré son potentiel, le hockeyeur a besoin d’enseignement et, en tant qu’instructeur, vous ne voulez pas le dépersonnaliser.
Il reste qu’il faut lui donner la chance de s’adapter au hockey nord-américain et à ses patinoires plus petites, ce qui l’aidera à obtenir du succès. Le coach doit communiquer avec lui, tout en gérant les attentes à son égard. Personnellement, j’ai vécu une expérience similaire avec Evgeni Malkin, qui a gagné le trophée Calder en 2006-2007.
À Pittsburgh, nous soutenions bien nos jeunes de talent afin qu’ils soient bien entourés, sur la glace et à l’extérieur. Sidney Crosby demeurait chez Mario Lemieux, Jordan Staal vivait avec Mark Recchi, tandis que Sergei Gonchar avait pris «Geno» sous son aile. Au dire de Malkin, il a côtoyé l’un des meilleurs vétérans qu’il ait connus dans la Ligue nationale. Et on voit encore quel genre de carrière mon ancien protégé connaît.
Merci aux gardiens
Le Canadien peut aussi se réjouir de ses nombreuses victoires lui ayant permis de pratiquement assurer sa place en séries. Ce fut moins convaincant dans les deux derniers matchs, mais les bonnes formations trouvent le moyen de gagner; cela survient souvent durant une saison. Comme Jakub Dobes l’a fait dimanche, Samuel Montembeault a gardé dans le coup mardi ses coéquipiers qui étaient complètement déclassés au départ, et voilà que le CH vient de transmettre un message fort à l’aube des éliminatoires.
Les récentes difficultés du club en première période peuvent s’expliquer par le calendrier contingenté: rappelons que le Tricolore vient de disputer cinq parties en huit jours. Ce n’est jamais facile de redémarrer la machine et cela peut expliquer les problèmes en début de rencontre. Heureusement, les gardiens étaient au rendez-vous. Si le CH officialise sa qualification sous peu, St-Louis pourra au moins ménager quelques éléments en leur accordant un match de congé et/ou en réduisant leur temps d’utilisation.
Toutefois, il importe que la formation montréalaise continue sur la bonne voie et profite de son élan actuel pour causer des dégâts en éliminatoires. À titre d’exemple, nous surfions sur une séquence de victoires quand je dirigeais le club en 2002. Nous avions notamment gagné au retour de Saku Koivu et nous avons poursuivi sur notre rythme en éliminant les Bruins au premier tour, même s’ils avaient terminé la campagne au sommet de l’Association de l’Est.
Maintenant, rendons le crédit au groupe d’entraîneurs du Canadien qui a su tirer le maximum de leurs joueurs. J’aime d’ailleurs la combinaison actuelle entre les jeunes et les vétérans. C’est le signe d’une bonne équipe. Une qualification est un gros accomplissement en soi, même pour des clubs bien nantis. Nous pouvons le rappeler aux Rangers de New York qui rateront les séries malgré les prédictions favorables à leur endroit.