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Déménager une équipe, c’est aussi de détruire ça

Quand les Expos sont partis, le baseball mineur a mangé une sincère claque au Québec

Brandon Mclaughlin (en haut à droite) dirige l'équipe de son garçon. Ils ont entre 5 et 7 ans et devront se trouver un nouveau nom d'équipe l'an prochaine alors que l'As d'Oakland qui financait leur ligue, ne paierai plus les uniformes, notamment.
Brandon Mclaughlin (en haut à droite) dirige l'équipe de son garçon. Ils ont entre 5 et 7 ans et devront se trouver un nouveau nom d'équipe l'an prochaine alors que l'As d'Oakland qui financait leur ligue, ne paierai plus les uniformes, notamment. Jean-Nicolas Blanchet
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2024-09-26T04:00:00Z

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Vingt ans après le départ des Expos, les A’s d’Oakland subiront le même sort. Après 57 ans et quatre Séries mondiales dans la ville voisine de San Francisco, les A’s déménagent dans un stade des ligues mineures à Sacramento l’an prochain, avant de s’installer à Vegas dans quelques années, à moins d’un autre revirement de situation. Le Journal est à Oakland pour vivre, jusqu’à jeudi, les derniers souffles des A’s dans la pauvre ville portuaire de Californie.


OAKLAND | Quand les Expos sont partis, le baseball mineur a mangé une sincère claque au Québec. Avant, on rêvait de devenir Pedro Martinez, Gary Carter, Andre Dawson ou Rusty Staub. Et quand un rêve disparaît, on en trouve un autre. C’est aussi simple que ça.

Moi en fait, je voulais être Bartolo Colon, avant qu’il n’engraisse. J’ai finalement réussi à faire comme lui, mais juste pour la seconde partie.

À Oakland, ça ne fera pas aussi mal. On est quand même en Californie. Le climat est plus sympathique pour le baseball. Et il y a les Giants à côté.

Mais ça va faire mal. Il y aura un impact dans une ville qui a besoin du sport pour aider beaucoup de jeunes qui ne l’ont pas facile dans la vie.

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J’ai rencontré, avant un match, le sympathique Brandon Mclaughlin. En voyant ma casquette des Expos, il était heureux de me parler.

Fidèle partisan des A’s, il dirige une équipe de jeunes de 5 à 7 ans à Oakland, dont fait partie un de ses deux fils, Myles.

L’équipe maintenant orpheline

L’équipe est habillée aux couleurs des A’s. En fait, chaque équipe de la ligue a un uniforme différent des A’s. Chaque club doit choisir son nom. Celui de Brandon, ce sont les «Rising crushers» ou les Concasseurs qui s’élèvent, si vous préférez.

J’ai évidemment éclaté de rire, surtout en sachant que ce sont les enfants qui ont choisi leur nom.

C’est l’organisation des A’s qui paient pour l’uniforme des enfants. Si vous avez des enfants qui jouent au baseball mineur, vous savez que c’est une aide financière très appréciée.

Mais l’an prochain, c’est terminé. L’équipe deviendra orpheline d’affiliation.

«Mon plus vieux a commencé à collectionner les cartes de baseball. J’essaie de lui expliquer que l’an prochain, ce seront les A’s de Sacramento, et après peut-être de Vegas. Après je ne sais pas trop quoi lui dire, sur comment ils vont s’appeler, sur comment notre équipe va s’appeler. Ce n’est pas simple», explique-t-il, en rigolant.

Amoureux par le baseball

Chose certaine, le dernier match des A’s sera difficile à avaler pour son épouse, Lucy, et lui.

L’amour du baseball a joué un grand rôle dans leur union. Les deux sont des partisans des A’s depuis toujours. Leur party de fiançailles a été sous la thématique des A’s. Brandon est convaincu d’avoir trouvé la femme parfaite puisqu’elle l’a même accompagné pour un voyage au camp d’entraînement des A’s en Arizona.

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Attention Brandon, ma conjointe ferait pareil. Mais j’admets que c’est impressionnant.

Le jeune papa peine à croire que tout se terminera sans de sincères adieux de l’organisation jeudi.

«On attend de voir ce que l’équipe va faire. Mais je pense que je les joueurs comprennent ce que les fans attendent et ils voudront faire quelque chose», souhaite celui qui a l’habitude d’aller voir une trentaine de matchs avec ses enfants, chaque été.

Le tremblement de terre de 1989, elle y était

L’amour du baseball de Lucy a eu une grande influence sur sa carrière. Elle était assise à la 13e rangée au Candlestick Park, à San Francisco, le 17 octobre 1989.

C’était le troisième match de la Série mondiale entre les Giants et les A’s. Son père avait deux billets et l’avait amenée au match. Elle était en cinquième année du primaire.

Ce match n’a jamais eu lieu. Un tremblement de terre de magnitude 6,9 a frappé le sud de la baie de San Francisco, détruit notamment une autoroute suspendue, tuant 67 personnes, en blessant près de 4000 et infligeant des dommages de près de 5 G$.

Corbis via Getty Images
Corbis via Getty Images

«Je me rappelle. Je pensais que tout le monde se mettait à taper au sol avec leurs pieds. Et là, j’ai vu que les sections du stade se frappaient les unes contre les autres. Tout le monde s’est mis à évacuer. Je m’en souviens, il y avait une longue file devant la seule cabine téléphonique», m’explique-t-elle.

Voici la scène où les spectateurs ont dû évacuer en paniquer le stade des Giants lors du troisième match de la série mondiale de 1989.
Voici la scène où les spectateurs ont dû évacuer en paniquer le stade des Giants lors du troisième match de la série mondiale de 1989. Sports Illustrated via Getty Images

Tous les ponts étaient fermés, et, dans l’incertitude, elle a roulé durant quatre heures avec son père pour tenter de revenir à la maison en prenant différents chemins le long de la baie.

L’évènement a frappé l’imaginaire de la jeune Lucy, si bien qu’elle est aujourd’hui ingénieur en tremblement de terre. Et c’est exactement en raison de ce moment, me jure-t-elle.

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