Délivrez-nous de l’indignité, chers Oilers
Je ne sais même pas ça ressemble à quoi une équipe canadienne qui gagne. Je jouais avec mes dinosaures la dernière fois.


Jean-Nicolas Blanchet
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La dernière fois qu’une équipe canadienne a remporté la coupe Stanley, je jouais avec mes dinosaures du nouveau film qui venait de sortir: Jurassic Park.
Ça fait un ti bout. Là, ce sont mes enfants qui jouent avec les dinos.
On peut chercher toutes les excuses du monde, mais la vérité, c’est qu’au Canada on n’est pas assez bon depuis 30 ans. Les Oilers doivent nous délivrer de cette honte.
Oui, on peut toujours blâmer les autres. Blâmer Gary Bettman et son amour des marchés américains. Blâmer les impôts. Blâmer les joueurs autonomes qui préfèrent aller jouer sous les palmiers. Blâmer le Bonhomme Carnaval.
Mais la réalité, c’est aussi que nos équipes n’ont pas été assez bonnes. Statistiquement, depuis 30 ans, le Canada aurait dû aller chercher six coupes Stanley. C’est mathématique.
Moins d’une chance sur 1000
C’était quoi les chances statistiques de ne gagner aucune coupe en 30 ans au Canada: 0,06%. Moins d’une chance sur 1000. «Il faut vraiment ne pas être chanceux», m’a raconté mon ami expert en maths qui m’a aidé à faire ce calcul.
On n’est pas chanceux ou on n’a pas été assez bon, peu importe les excuses. Ça dépend de votre niveau de lucidité.
On aime toujours se replonger dans le temps quand on veut illustrer à quel point quelque chose est arrivé il y a longtemps. C’est facile, mais c’est drôle. Donc la dernière fois qu’une équipe canadienne a remporté la coupe Stanley:
Jean Chrétien était nommé premier ministre. Les Colocs étaient la révélation de l’année. Whitney Houston dominait le palmarès musical. Le salaire minimum avait monté à 5,85$ au Québec. Les dépenses annuelles du gouvernement provincial étaient gelées à 41 G$. C’est 157 G$ cette année. Dennis Martinez dominait la rotation des Expos tandis que John Wetteland était un des meilleurs releveurs du baseball majeur.

Ça fait pitié et pas à peu près. C’est gênant.
Mon point, c’est qu’on peut trouver toutes les raisons ou se dire «Go Oilers Go». Ça ferait tellement du bien. Je ne sais même pas ça ressemble à quoi une équipe canadienne qui fait ça. J’avais cinq ans la dernière fois.
Même si je ne suis pas vieux, je sais que je peux avoir l’air d’un vieil oncle chialeux dans le coin du salon sur sa chaise berçante. Le vieux grincheux qui radote que c’est rendu plate le hockey avec les équipes canadiennes et que c’était bien mieux dans le temps avec Guy Lafleur, les Nordiques, Jari Kurri et Joe Mullen.
Ce vieil oncle, il peut bien nous énerver. Mais il a raison. C’est ça qui le rend encore plus énervant.
Un peu d’orgueil!
Vous pouvez vous en ficher que ce soit une équipe canadienne ou pas qui gagne. Vous pouvez être un grand fan des Panthers. Tant mieux pour vous. Moi, je suis trop orgueilleux. Faut que tout ça finisse. Comme je l’espérais dans cette chronique.
La coupe dans le Nevada, ça me faisait suer. Les anciens Nordiques qui la lèvent trois fois à Denver, c’était aussi pire. Là, on assisterait à la coupe sous les palmiers dans un aréna rempli de Québécois une bonne partie de l’année? Ça me donne des boutons.
Go Oilers go!