Déjà 24 retours victorieux cette saison: le Canadien est passé maître dans l’art de revenir de l’arrière

Jonathan Bernier
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Dans une période aussi charnière de la saison où le moindre point laissé sur la table peut changer la donne entre une participation aux séries éliminatoires et des vacances hâtives, il faut des nerfs d’acier pour ne pas céder à la panique quand rien ne va.
La façon dont le Canadien s’est relevé, mardi, en est un bon exemple. On ne donnait pas cher de sa peau après 20 minutes de jeu. Même la foule, bruyante depuis quelques semaines, se faisait plutôt timide.
Et pourtant, le Tricolore est sorti de cette confrontation avec une victoire de 5 à 2. Un pointage qui pourrait laisser sous-entendre qu’il a passé la soirée dans le territoire des Hurricanes.
« À force de vivre ce genre de situation, tu t’habitues, a lancé Zachary Bolduc, au lendemain de cette victoire, pour expliquer le calme du groupe. On a vécu ça toute l’année. »

« Oui, ce sont des matchs qui ont plus d’importance à ce moment-ci, mais tout au long de la saison, on a appris ce qu’il fallait faire », a ajouté l’attaquant.
Bolduc a raison. Le Canadien s’est retrouvé dans pareille situation pas mal plus souvent qu’à son tour depuis le début de la campagne. Mardi soir, c’était la 24e fois de la saison qu’il remportait la victoire après avoir tiré de l’arrière à un certain moment du match.
C’est bon pour le sommet de la LNH, à égalité avec les Ducks. Et c’est également une marque d’équipe partagée avec les formations de 1975-1976 et de 1992-1993.
« Pas toujours besoin des coachs »
Ce genre de ténacité et de résilience, on le voit souvent au sein des équipes plus expérimentées. Celles au sein desquelles on retrouve des vieux de la vieille qui en ont vu d’autres et qui ne se laissent pas ébranler par le moindre passage à vide.
Or, le Canadien présente la deuxième plus jeune équipe du circuit. Par conséquent, on serait porté à croire que Martin St-Louis et ses adjoints font un travail de tous les instants pour ramener le groupe dans le bon chemin.
Ce n’est pas nécessairement le cas, comme l’a souligné l’entraîneur-chef du Tricolore, mardi soir. Un fait corroboré par Alex Newhook.
« On n’a pas toujours besoin des coachs. On a plusieurs leaders dans ce groupe, indépendamment de leurs années d’ancienneté, a indiqué l’Ontarien. On sait ce que l’on doit faire pour gagner et pour connaître du succès. »
« Quand on joue notre style de jeu, qu’on roule les lignes et qu’on joue avec rythme, c’est difficile de se défendre contre nous », a-t-il énuméré.
Danger d’épuisement ?
C’est tout à l’honneur des joueurs du Tricolore. Toutefois, il vaut la peine de se demander si courir constamment après sa queue, dans ce genre de course qui dure depuis le retour de la pause olympique, ne finira pas par épuiser le groupe.
« Je ne sais pas si c’est épuisant. Je pense plutôt que ça te garde dans le rythme. Parfois, quand ta place est déjà assurée à ce moment-ci de l’année, il y a des longueurs », a souligné Newhook.
Ça ne risque pas d’être le cas cette année. Avec sept équipes séparées par seulement quatre points dans l’Association de l’Est, la course se terminera visiblement au tout dernier jour de la saison.
Encore une fois, ce sera du déjà-vu pour le Canadien.
« On l’a vécu l’an passé », a rappelé Newhook.
Sauf qu’à l’époque, le Canadien occupait le rôle du chasseur et non pas de celui qui est chassé. Parfois, ça peut avoir un gros impact.