À l’été 2023, Anick Nadeau-Fréchette est tombée au plus bas, atteinte du syndrome de Guillain-Barré et complètement paralysée. Signe qu’il y a toujours de l’espoir, la Sherbrookoise de 21 ans s’apprête trois ans plus tard à entamer un défi majeur de 900 km de course à relais en équipe entre Drummondville et Gaspé.
C’est pour sensibiliser la population à l’importance des dons de plasma, qui lui ont littéralement sauvé la vie, qu’elle s’élancera avec six autres coureurs, à raison de 43 km chacun par jour, de vendredi à lundi.
Bonne coureuse depuis ses 15 ans, la jeune dame qui carbure aux défis a dû revenir de loin, très loin.
Au retour d’une banale course à l’été de ses 18 ans, elle ne se sentait pas dans son assiette. Au cours de la nuit suivante, saisie de douleurs insupportables, elle a fini par recevoir le diagnostic médical.
Le syndrome de Guillain-Barré est une maladie rare qui fait en sorte que le système immunitaire attaque les nerfs périphériques et provoque une importante faiblesse musculaire.
Résultat : Anick Nadeau-Fréchette s’est retrouvée paralysée de la tête aux pieds et même plongée pendant quelques jours dans un coma artificiel. Elle a été hospitalisée pendant sept semaines.
« Mon état était très instable. Tu ne peux pas réapprendre à marcher du jour au lendemain. Les médecins estimaient que je pourrais remarcher dans deux ans », raconte celle qui relèvera pourtant un grand défi sportif.
Une promesse tenue
Pendant cette longue hospitalisation, suivie de trois semaines de réhabilitation, Anick Nadeau-Fréchette s’est fait une promesse. Si elle parvenait à un jour à se sortir de cette épreuve, elle allait courir des marathons.
En octobre 2023, elle s’était même juré de s’attaquer au marathon de Granby.
« Mais ce n’était pas vraiment possible, j’étais encore en marchette ! », rigole-t-elle, avec du recul, pour exprimer à quel point elle partait de loin.
C’est finalement huit mois plus tard qu’elle a tenu sa promesse en complétant le marathon de Drummondville. Depuis, elle compte six marathons, deux ultramarathons et deux Ironman à son palmarès.
« Avec du recul, le fait de me donner ces objectifs-là quand j’étais au plus bas, c’est ce qui m’a permis de tenir le coup et de m’en sortir », confie-t-elle.
« Quand j’étais paralysée, je me sentais emprisonnée en moi. J’ai vraiment besoin de bouger. Je préférerais ne pas avoir vécu tout ça, mais la beauté de la chose, c’est que cette hospitalisation m’a amené à voir la vie comme je la vois aujourd’hui. Je suis heureuse et reconnaissante. »
Elle vise 900 dons de plasma
Maintenant, elle souhaite que les 900 km qu’elle va parcourir en compagnie des autres coureurs permettront de recueillir au moins 900 dons de plasma.
« C’est ma façon de redonner au suivant. C’est gros, 900 km, mais ce n’est absolument rien en comparaison des familles qui vivent des épreuves et qui soutiennent des proches qui se battent pour leur vie. »
Le départ officiel sera donné le 19 juin à 8 h 30 au Centre de dons d’Héma-Québec de Drummondville.

