Défaite de 7 à 3 contre les Maple Leafs: la balloune du Canadien a dégonflé


Jonathan Bernier
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Ça promettait d’être une belle soirée. Un affrontement entre le Canadien et les Maple Leafs, un samedi soir, c’est dur à battre. Les partisans des bleus sont toujours nombreux à se déplacer au Centre Bell. Ce qui ajoute immanquablement à l’ambiance.
Ce qu’il y avait également de bien, c’est que pour une rare fois, il y avait un enjeu pour les deux formations. Si on fait exception de la confrontation en série de 2021, au cours des 25 dernières années, chaque fois que les deux équipes se sont affrontées, il y en avait toujours mal en point.
C’était bien parti. Surtout après la première période. Le Tricolore menait 3 à 0, Patrik Laine avait marqué un autre but en supériorité numérique, Arber Xhekaj venait d’envoyer promener Ryan Reaves.
Le party était pogné, sauf pour les nombreux partisans des Leafs, silencieux.
Mais le vent a viré de bord. Sur un moyen temps, à part de ça. Les Torontois ont enfilé sept buts sans réplique (le dernier dans un filet désert), en route vers un gain de 7 à 3. À la fin du match, il ne restait que des chandails bleus dans les gradins, ceux des Maple Leafs, on s’entend. Au son de la sirène, ce sont des Go Leafs! Go! qui ont retenti aux quatre coins de l’amphithéâtre.
C’est l’équivalent de planter son drapeau sur les terres d’un peuple conquis.
Il y avait de quoi pavoiser. C’était seulement la troisième fois de leur histoire que les Leafs parvenaient à surmonter un retard de trois buts face au Canadien, une première en sol montréalais.
Un semblant de catastrophe
Ça faisait longtemps que la chaîne n’avait pas débarqué. En fait, ça ne s’était pas produit depuis la dégelée de 9 à 2 subie aux mains des Penguins, le 12 décembre. À ce moment, au 29e match de la saison, le Tricolore avait permis à l’adversaire d’inscrire quatre buts sans réplique à neuf occasions. Ça ne s’était pas reproduit avant samedi soir.
Toutefois, contrairement aux mornifles précédentes, Martin St-Louis n’a pas vu dans celle-ci un scénario catastrophique.
« On a perdu ce match-là, mais il y avait quand même du positif. On menait 3 à 0. On aurait pu mener par trois ou quatre buts » , a lancé l’entraîneur-chef du Tricolore.
« On a quand même eu des occasions de marquer en troisième période », a-t-il ajouté.
Le Lavallois n’a pas tort. Le premier trio a continué de bourdonner. Cole Caufield a obtenu sa part de tirs (10 en tout), Nick Suzuki a raté un but pratiquement désert, Kaiden Guhle a gaspillé une occasion en or.
La différence, c’est que Joseph Woll a été supérieur à Samuel Montembeault dans la deuxième portion du match.
« Il aurait fallu que je sois meilleur en troisième, que je fasse les arrêts au bon moment, pour essayer de garder l’avance », a lancé l’homme masqué du Canadien, se livrant à une séance d’autoflagellation.
Montembeault parlait probablement du but de William Nylander, en échappée, à la suite d’une feinte sur laquelle il a mordu comme une recrue, puis de celui d’Oliver Ekman-Larsson, où il a semblé avoir une faiblesse dans la mitaine.
Deux buts inscrits de façon consécutive qui transformait la mince avance d’un but en un retard d’un but.
Une occasion ratée
En s’inclinant face à ses ennemis ontariens, le Tricolore a raté l’occasion de rejoindre les Sénateurs et les Bruins au huitième et dernier rang donnant accès aux séries dans l’Association de l’Est.
Dommage après tout le mal que la troupe de St-Louis s’est donné pour revenir dans la course, malgré son éreintante séquence de 15 matchs au cours de laquelle elle a changé de ville à chaque occasion. Elle est quand même sortie de cette rocambolesque portion du calendrier avec un dossier de 12-3-1.
Face aux Leafs, la balloune a dégonflé. Souhaitons qu’il reste assez d’air dedans pour la visite des Rangers.