Le maintien de la cohésion nationale dont les Québécois ont fait preuve en se serrant les coudes passe par la protection du français, a plaidé le chef caquiste François Legault, lors d’un premier grand rassemblement à Drummondville.
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À quatre jours du premier débat télévisé, le chef caquiste s’est fait un «devoir d’arrêter le déclin du français au Québec», s’il est réélu premier ministre le 3 octobre prochain.
Devant quelques centaines de militants réunis par un beau dimanche, M. Legault s’est posé en défenseur de la nation. «La nation québécoise, on a résisté depuis 400 ans. (...) On l’a vu, puis ça été un nos succès pendant la pandémie, ç’a été prouvé: c’est ici au Québec qu’on a suivi le plus les consignes, par solidarité, parce qu’on est tissés serrés, parce qu’on voulait sauver des vies», a déclaré fièrement le chef de la CAQ.
Une cohésion « ébranlée »
Mais cette cohésion, parfois, «est ébranlée et on a un devoir de la protéger», a-t-il continué, en rappelant que la protection du français est au cœur de son plan.
Lors d’un point de presse en marge de son rassemblement, François Legault a précisé sa pensée.
«Je pense que c’est important. J’ai essayé de l’expliquer, pourquoi les Québécois se sont serré les coudes pendant la pandémie? Parce qu’on est une nation, un peuple qui est tissé serré. Puis au cœur de cette nation, il y a le français. Puis là, il y a une certaine urgence... On l’a vu dans les études qui ont été déposées dernièrement, qu’il y a un déclin du français. Donc c’est important, pour garder cette cohésion nationale, d’arrêter le déclin du français.»
Questionné à savoir lequel de ses adversaires menace le plus la cohésion nationale, François Legault s’est tourné vers Québec solidaire, qui promet de hausse les seuils d’immigration. Rappelons que la CAQ préfère maintenir la limite à 50 000 par année et viser 80 % d’immigration francophone.
«C’est sûr que les partis qui veulent aller à 70 000, 80 000 par année, de nouveaux arrivants, c’est comme mathématique. Si on veut arrêter le déclin pendant un certain temps, il faut mieux intégrer les nouveaux arrivants au français», a soutenu le chef de la CAQ.
GND principale cible
C’est aussi envers Gabriel Nadeau-Dubois que les attaques de François Legault ont porté lors de son discours. Devant ses militants, il l’a notamment dépeint comme le «héros» de ceux qui veulent prendre plus d’argent dans le portefeuille des Québécois. «Monsieur Nadeau-Dubois: celui qui taxe plus vite que son ombre!»
Alors que l’inflation représente la plus grande préoccupation des Québécois, «Monsieur Nadeau-Dubois propose une vieille idée, d’un vieux politicien, c’est-à-dire augmenter les taxes», a-t-il déploré en point de presse.
«Au moment où on a de l’inflation, au moment où on a de l’incertitude économique, il propose de mettre en place des nouvelles taxes orange... Il faut que les Québécois soient tous conscients de ça», a dit M. Legault.
Legault divise, dénonce PSPP
Le chef du PQ n’a pas tardé à dénoncer le ton de François Legault sur la question d’immigration
«C’est ce genre de déclaration, à mon avis, qui est une menace à notre cohésion sociale», a déclaré Paul St-Pierre Plamondon.
«Ça fait deux fois que François Legault fait des affirmations qui sont divisives pour tenter de pallier à un bilan et des décisions en matière de langue française qui essentiellement ne sont pas responsables», a poursuivi M. St-Pierre Plamondon lors d’une mêlée de presse.
Il a également accusé le chef caquiste de tromper les Québécois lorsqu’il affirme qu’il obtiendra les pouvoirs en immigration. Il invite plutôt à réfléchir à un modèle qui permettra au français de reprendre du «poil de la bête».
«Lorsqu’on parle de menace et de peur, on va jouer dans un registre émotif pour tenter de faire oublier que la CAQ est complice et largement responsable du déclin du français», a-t-il ajouté.
«Les politiciens doivent s’adresser à l’intelligence des gens, a-t-il ajouté. Laissons de côté les affirmations à l’emporte-pièce sur la peur, la cohésion.»
Avec la collaboration d'Annabelle Blais, Le Journal de Montréal