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CHSLD Laflèche: les audiences de l’enquête de la coroner ont commencé

2021-04-26T23:07:51Z

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Les audiences de l’enquête publique de la coroner Géhane Kamel ont commencé lundi au palais de justice de Shawinigan, afin de déterminer les circonstances entourant le décès de 44 résidents du CHSLD Laflèche il y a plus d’un an.

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La coroner se penchera jusqu’à jeudi sur le cas de l’établissement où près de 80% des résidents ont été infectés au printemps dernier.

Le décès de la résidente Maria Lermytte, survenu le 6 avril 2020, a donc été sélectionné pour permettre une analyse plus poussée. Au total, 19 personnes se succéderont pour témoigner de leur vision des événements.

Dans son discours d’ouverture, la coroner Kamel a rappelé que le but de cette enquête n’est pas de cibler des coupables, mais bien de fournir des solutions.

«J’espère de tout cœur que nos recommandations auront pour effet de mieux protéger les vies humaines, et en particulier celles des aînés dans les ressources d’hébergement», a-t-elle affirmé.

Un enquêteur de la Sûreté du Québec (SQ) est venu livrer les conclusions de l’enquête en avant-midi. Le manque criant de ressources, la mobilité du personnel et des résidents, des erreurs médicales, des lacunes dans le dépistage, mais aussi dans le respect des consignes, faisaient notamment partie des causes de la propagation du virus, a-t-il alors mentionné.

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Près de 200 infections

Rappelons que la COVID-19 a atteint 107 aînés et 84 travailleurs lors de cette éclosion qui a débuté le 22 mars 2020.

Il a été suivi par la directrice de la santé publique régionale, Dre Marie-José Godi. Dans un témoignage de plus de deux heures, elle a dû expliquer de quelle façon son département a géré la crise, soulignant qu’il s’agissait d’une situation jamais vue.

«Nous étions une petite équipe dans la région et nous n’étions pas informatisés. Il a fallu développer une plateforme informatique parce que sinon, tout se faisait sur papier», a-t-elle avancé.

La pénurie de main-d’œuvre qui affectait l’établissement au moment de l’éclosion était tellement grave que le CIUSSS de la Mauricie-Centre-du-Québec a accepté de maintenir des travailleurs à risque élevé de contagion au travail. Les employés asymptomatiques n’avaient alors pas l’obligation de subir un test de dépistage, même s’ils avaient été en contact avec des personnes atteintes.

«Nous avions un choix difficile à faire, sinon c’était un bris de service et il y aurait d’autres conséquences», a soutenu la Dre Marie-Josée Godi.

Cette pratique a pris fin deux semaines plus tard, mais plusieurs éclosions s’étaient déjà déclarées dans l’établissement.

En après-midi, ce fut le tour du président-directeur général du CIUSSS, Carol Fillion, de prendre la parole. Très émotif, il a mentionné que son organisation a failli perdre le contrôle pendant les dix premiers jours, tellement la situation était critique.

«Grâce à l’expérience des gens en place, on a réussi à reprendre le contrôle. Ça a été deux semaines extrêmement difficiles pour moi», a-t-il avancé.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers, est de son côté soulagé de voir le début de cette enquête. Il a d’ailleurs rappelé les images d’horreur de la morgue temporaire installée à l’extérieur.

«Je ne veux plus jamais revivre ça. J’espère que cette situation va permettre de trouver des solutions pour éviter une prochaine fois», a souligné le maire.

Une journée riche en émotions est attendue mardi, avec le témoignage de la fille de la dame décédée, qui cherche des réponses. Sofie Réunis a notamment soutenu dans une déclaration écrite que les portes de Laflèche se sont fermées le 14 mars sans qu'elle puisse avoir des nouvelles de sa mère, décédée le 6 avril.

«Je m’en vais chercher le bout manquant, ces trois semaines de cachotteries m’appartiennent.»

Des préposées, infirmières et médecins se succéderont aussi au palais de justice dans les prochains jours.

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