Début de saison des Alouettes: Danny Maciocia révèle une histoire inédite ayant mené à l’embauche de Jason Maas
«Ce qu’on a vécu ensemble en 2005, avec les Eskimos d’Edmonton, explique pourquoi il est l’entraîneur-chef des Alouettes»


Benoît Rioux
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Le directeur général Danny Maciocia pensait conserver cette histoire pour le jour où il allait écrire ses mémoires. Or, il n’y avait pas mieux pour expliquer le choix de confier les rênes des Alouettes à son ancien quart-arrière Jason Maas, nommé entraîneur-chef du club montréalais en décembre dernier.
« Ce qu’on a vécu ensemble en 2005, avec les Eskimos d’Edmonton, explique pourquoi il est l’entraîneur-chef des Alouettes, aujourd’hui », résume Maciocia.

Le directeur général se transporte donc au 27 novembre 2005, à la mi-temps de la finale de la Coupe Grey entre ses Eskimos [aujourd’hui les Elks] et les Alouettes de Montréal. La formation d’Edmonton menait alors 10 à 1 dans une partie disputée au BC Place, à Vancouver. C’est alors que Maas, qui était l’auxiliaire de Ricky Ray, a croisé le regard de l’entraîneur-chef Maciocia avant de rentrer au vestiaire et lui a dit : « N’y pense même pas ».
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Maas, qui avait grandement aidé les Eskimos à atteindre la finale de la Coupe Grey en venant en relève à Ray lors des deux matchs éliminatoires précédents, montrait alors, en une seule phrase, qu’il était un gars d’équipe et qu’il avait confiance en son ami Ricky.
« On a finalement gagné le match 38 à 35 en prolongation et Ricky a été élu le joueur le plus utile de la rencontre, rappelle Maciocia. Ce sont ces expériences-là avec Jason Maas, ce qu’on a vécu à l’interne, qui ont bâti cette confiance que j’ai en lui. »
« Une relation unique »
Maciocia, qui était alors âgé de 38 ans, aurait très bien pu miser sur Maas pour cette finale de la Coupe Grey. Deux semaines plus tôt, en demi-finale de l’Ouest, c’était Maas qui avait guidé Edmonton à la victoire contre les Stampeders de Calgary. Il avait refait le coup, en étant envoyé dans la mêlée au quatrième quart, en finale de l’Ouest face aux Lions de la Colombie-Britannique.
Le directeur général se souvient d’une autre conversation déterminante tenue plus tôt au cours des éliminatoires de 2005.

« Le lendemain du match à Calgary, j’avais convoqué Ricky et Jason dans mon bureau à Edmonton alors que les deux avaient une relation unique ensemble, vraiment spéciale. Je leur ai posé la question, en sachant que la décision m’appartenait, mais je voulais savoir comment eux voyaient tout ça. Je me rappelle que Jason avait répondu que c’était Ricky qui nous avait amenés jusqu’à ce point-ci et qu’il devait être le partant, la semaine suivante, contre les Lions. Par contre, si on allait avoir besoin de lui, il serait là et on pouvait compter sur lui. »
« Ses qualités de meneur ressortaient, a noté Maciocia. C’est un leader et il va toujours prendre des décisions pour le bien de l’équipe. Je pense que ces qualités-là peuvent maintenant aider la présente édition des Alouettes. »
Entraîneur dans l’âme
Même à l’époque où il évoluait comme quart-arrière, Maas montrait déjà le profil d’un futur entraîneur, selon Maciocia. Avant d’arriver à Montréal, l’ancien quart-arrière a d’ailleurs occupé différents postes d’instructeur dans la LCF, dont celui d’entraîneur-chef des Eskimos de 2016 à 2019. Il a ensuite été coordonnateur offensif pour les Roughriders de la Saskatchewan.

« En tant que joueur, il avait une façon bien à lui de voir les choses à l’attaque, parfois ses idées étaient peut-être trop flamboyantes, mais on voyait qu’il réfléchissait déjà à un paquet de choses. Pour moi, c’était déjà un entraîneur qui jouait au poste de quart-arrière. »
« Comme quart, je communiquais bien avec mes coéquipiers et les dirigeants de l’équipe, a lui-même estimé Maas. Je savais que la transition allait bien se faire de ce côté-là. La grande différence, c’est peut-être le temps que tu passes comme entraîneur pour préparer l’équipe. Comme athlète, c’est difficile physiquement, mais tu as des journées de congé. Tu dois vraiment aimer être entraîneur pour le demeurer. La relation que j’entretiens avec Danny facilite les choses. Je peux me concentrer sur l’aspect football. »
« Un ami pour la vie »
À propos des relations humaines, Maas mentionne aussi qu’il compte toujours son ancien coéquipier parmi ses meilleurs amis.
« Encore aujourd’hui, Ricky Ray est un ami pour la vie, vient commenter Maas. Nous avions eu nos propres discussions en 2005 et par la suite. Je lui avais dit que j’allais toujours le supporter et qu’il fallait penser au bien de l’organisation. »