Début de la 11e saison de «La Voix» ce dimanche: la compétition musicale de TVA fait une place de choix à la musique québécoise à l’heure où l’on se bat pour notre culture

Guillaume Picard
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À l’heure où la culture québécoise est menacée par l’hégémonie américaine, le plus gros variété du Québec, La Voix, fait œuvre de rempart en plaçant notre chanson au cœur de la compétition.
La 11e saison, qui démarre ce dimanche avec les populaires auditions à l’aveugle, réunira encore une fois toute la famille devant les écrans. Les plus jeunes seront donc exposés, comme plusieurs le réclament, au talent des compositeurs de chez nous.
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Nous avons sondé les quatre coachs en présence, Roxane Bruneau, Corneille, France D’Amour et Mario Pelchat, pour savoir si, en tant qu’artistes francophones établis, ils avaient imposé à leurs poulains des pièces dans la langue de Vigneault tout au long des enregistrements, qui ont eu lieu l’automne dernier.
Résister à l’envahisseur

Pour Mario Pelchat, qui vient d’une famille où l’essentiel de ce qui résonnait dans la maisonnée était en français, c’est «ultraimportant» que notre langue occupe une place de choix à la télé, à plus forte raison à La Voix.
«Ça va toujours être pour moi un critère. Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de chansons en anglais, mais s’il y a de l’anglais, il va y avoir au moins une portion en français, avec toutes les chansons bilingues qu’il y a», a-t-il dit à l’Agence QMI.
«Notre langue doit être mise de l’avant, sinon on se fait envahir», a lâché le chanteur de 61 ans.
Prioriser notre belle langue

De son côté, Roxane Bruneau, qui pousse la note en français depuis ses débuts en ligne, il y a 13 ans, «priorise toujours le français. De redonner le goût du français à la nouvelle génération, je prends ça à cœur et c’est une tribune parfaite pour le faire», a-t-elle dit, tout en précisant qu’en fonction des goûts de ses candidats «il y a quelques chansons en anglais» ici et là au cours de cette nouvelle saison.
«Pour équilibrer un épisode, on s’assure que si moi j’ai une toune en anglais, on veut que Corneille, par exemple, opte pour une pièce en français», a résumé l’auteure-compositrice-interprète de 35 ans.
Récemment, elle dévoilait un nouveau titre, Hold me close, sur lequel elle chante justement quelques mots en anglais, en plus du titre. Elle n’est donc pas étrangère à la tendance voulant que les artistes québécois proposent des refrains dans les deux langues officielles.
Une tribune parfaite pour faire rayonner le français

Corneille accorde lui aussi beaucoup d’importance aux chansons en français.
«C’est le bout qui m’intéresse le plus dans cette aventure. Je comprends l’envie de présenter des chansons en anglais, même moi quand j’étais en Afrique, tout jeune, l’hégémonie de la culture anglo-saxonne se faisait sentir. Mais La Voix est un joueur très important pour le rayonnement de la culture et de la musique.»
Selon l’auteur-compositeur-interprète de 48 ans, les détenteurs de droits de chansons anglophones facilitent, sans le vouloir, la donne pour notre langue.
«Les maisons d’édition qui ont les plus gros catalogues de succès anglo-saxons ne nous rendent pas la vie facile. Parfois, on a du mal à avoir les droits des chansons que les jeunes veulent chanter parce que c’est ce qu’ils écoutent. Mais moi, j’adore ça parce que ça me force à aller dans le grand catalogue des belles chansons qui sont faites ici au Québec, des années 1970 jusqu’à aujourd’hui, puis de leur redonner un petit coup de modernité dans les arrangements.»
Corneille est heureux que des classiques soient réarrangés.
«On prend cette belle langue qui est la nôtre, puis on l’accompagne de tout ce qu’il y a de moderne que les jeunes écoutent en ce moment. On se découvre, on fait découvrir et on crée. Le problème, c’est que les grandes institutions médiatiques qui font de la musique ou sont dans la musique n’ont pas su suivre les jeunes, par exemple quand ils ont commencé à écouter du rap. C’est là qu’on les a perdus.»
L’âge d’or de la musique québécoise

Cet automne, alors que les captations allaient bon train et que l’Agence QMI a pu visiter le plateau, la coach France D’Amour n’avait pas caché qu’elle devait se battre pour que ses candidats interprètent plus de chansons en français. Quand nous lui avons parlé, en marge du lancement de la 11e saison, elle était ravie d’avoir atteint son but.
«Je trouve que depuis les années 1990, on est dans l’âge d’or de la musique au Québec. Il y a tellement de bonnes chansons, de bons artistes! On a eu un nombre record d’inscriptions cette année et on le sait – moi je le dis en voyage pour parler du Québec –, on est un pays d’artistes. Il y a quelque chose dans l’eau!
«Alors, pour moi, le français c’est très important, a poursuivi l’artiste de 61 ans. Oui, les jeunes parlent plus anglais aujourd’hui, mais quand je fais le tour du Québec en tournée, je réalise que c’est pour tous les téléspectateurs francophones qu’on fait La Voix et on veut qu’ils se reconnaissent.»
- Produite par Productions Déferlantes, en collaboration avec Québecor Contenu, la 11e saison de La Voix est lancée le dimanche 18 janvier, à 19h30, à TVA. Les épisodes seront aussi disponibles en rattrapage sur TVA+.