De retour d’une sérieuse blessure, Valérie Grenier souhaite être à son mieux pour la Coupe du monde de Tremblant en décembre


Richard Boutin
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De retour à la maison après une première sortie sur neige dans un camp de l’équipe canadienne au Chili, la skieuse Valérie Grenier dit avoir confiance de retrouver le niveau qu’elle avait avant sa blessure où elle connaissait les meilleurs moments de sa carrière, mais elle ne veut pas brusquer les étapes.
Forte de quatre podiums en 13 mois, dont ses deux premières victoires sur le circuit de la Coupe du monde, Grenier faisait flèche de tout bois lorsqu’une vilaine chute le 28 janvier à Cortina d’Ampezzo en Italie l’a laissée en très mauvais état. Fracture de l’humérus gauche, déchirure complète du ligament croisé antérieur et déchirure partielle du ligament collatéral interne et du ménisque.
Si sa réhabilitation a été parsemée de hauts et de bas, Grenier estime que le plus difficile est derrière elle. «Ce ne fut pas facile au début parce que mon épaule ne guérissait pas et que je ne pouvais pas soulever de poids même si mon genou était revenu, a-t-elle expliqué. Quand j’ai obtenu le feu vert pour mon épaule, j’ai eu des ennuis avec mon genou que je pouvais à peine plier. Une injection de plasma a favorisé la guérison. Je me sentais bien et j’ai obtenu le feu vert pour retourner sur la neige.»
Le stress de renouer avec la neige
Le retour ne s’est pas fait sans appréhensions. «J’étais excitée, mais aussi un peu stressée de renouer avec la neige, a-t-elle raconté. Je ne savais pas comment ça allait se passer. Mon genou a bien répondu et je n’ai pas ressenti de douleur. Par contre, une grosse douleur au tibia de la même jambe m’a ralenti. Sur la neige dure et avec de bonnes vibrations, mes muscles manquaient de force. J’ai donc réduit le volume et je travaille avec mon physiothérapeute pour corriger la situation.»
Grenier aimerait bien reprendre le collier lors du coup d’envoi de la saison de Coupe du monde à Soelden en Autriche les 26 et 27 octobre, mais elle ne se berce pas d’illusions. «Idéalement, je débuterais la saison à Soelden, mais c’est difficile à dire quand je serai prête. On aura une meilleure idée à compter de la semaine prochaine alors qu’on retourne sur la neige en Italie. Un retour à Killington [Vermont] serait plus réaliste.» L’épreuve américaine aura lieu les 30 novembre et 1er décembre.
Elle ne veut pas sauter d’étapes
Grenier ne veut rien brusquer. «Je ne veux pas brûler les étapes, a-t-elle imagé. Je veux être prête physiquement et mentalement quand je vais recommencer. La Coupe du monde de Tremblant [7 et 8 décembre] est l’une des courses que j’attends le plus et j’espère que je serai à mon meilleur pour offrir un bon spectacle aux amateurs et à ma famille.
«Je n’ai jamais eu besoin d’un gros volume sur la neige pour me sentir à mon mieux, de poursuivre la double olympienne. Ça semble exagéré pour certains et c’est peut-être le cas, mais j’aime mieux viser haut même si ça ne se produit pas. Dans le passé, je me sentais comme une imposteure et je n’osais pas dévoiler mes objectifs de remporter une première victoire.»
Victime d’une importante chute au championnat mondial en 2019 en Suède, Grenier n’est pas épargnée par les blessures depuis le début de sa carrière. «Ma convalescence m’a permis de réaliser que je suis très résiliente. J’ai réalisé à quel point j’étais forte. C’est impressionnant pour certains, mais c’est une qualité que j’ai toujours eue.
«Mon attitude positive est ce dont je suis le plus fière, d’ajouter Grenier. Même pendant les moments difficiles, je voyais du positif. Le retour ne se fait pas en ligne droite et on doit célébrer les petites victoires. Il y a deux mois, j’étais loin de faire ce que je réussis actuellement.»