De plus en plus dangereux au volant: les Québécois sont moins prudents et plus distraits au volant
Entre janvier et juin 2023, on compte 144 morts sur nos routes et 535 personnes blessées grièvement

Antoine Lacroix et Martin Chevalier
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La pandémie est venue bouleverser la vie des Québécois... et leur façon de conduire. Depuis le retour à la normale, on assiste à une hausse des accidents mortels et de blessés graves sur nos routes, causant bien des inquiétudes chez des experts qui croient que les conducteurs sont moins prudents et plus distraits au volant.
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« Il y a des conducteurs qui restent encore aujourd’hui avec de mauvaises habitudes de conduite acquises durant la pandémie, comme rouler plus vite. Mais il y a peut-être des facteurs extérieurs qui viennent les influencer : stress au travail, anxiété, inquiétude dans la vie personnelle. [...] Ça fait du monde plus distrait, plus fatigué, ça devient une forme de conduite avec les facultés affaiblies », explique Martin Lavallière, professeur en kinésiologie à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et expert en sécurité routière.
Notre directeur photo a d’ailleurs réalisé une expérience ces derniers mois où il a capté lors de ses déplacements au quotidien de nombreuses séquences où des automobilistes ont eu des comportements dangereux, lui laissant la triste impression que les gens conduisent de plus en plus mal.
Une tendance inquiétante
Si le bilan des tragédies routières pour l’année 2022 était désastreux au point de nous ramener 10 ans en arrière, 2023 suit la même tendance préoccupante.
Et bien que les chiffres de la SAAQ pour le mois de juillet et le début d’août ne soient pas disponibles, on peut déjà s’imaginer qu’ils ne seront pas reluisants, alors que l’on compte des dizaines de décès, dont plus d’une vingtaine lors des semaines de la construction.
La Sûreté du Québec déplorait de janvier à mardi dernier 177 collisions mortelles et 195 décès. À noter que ça n’inclut pas les données des villes ayant un corps de police municipal.
« Les gens se mettent plus à risque qu’avant, ils se croient à l’abri d’une collision, alors que c’est impossible. La plupart des collisions résultent de mauvaises décisions de conducteurs », affirme la lieutenante Ann Mathieu, du corps de police provincial.
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Recherche des causes
Des chercheurs mandatés par la SAAQ se penchent sur la manière dont le confinement, les mesures sanitaires et le télétravail, entre autres, sont venus chambouler les habitudes de conduite des Québécois.
Il s’agit aussi d’une période où la détresse psychologique a pu bondir chez de nombreuses personnes en raison de l’incertitude.
« La période de la pandémie, on cherche à voir comment on peut l’analyser correctement pour voir qu’est-ce qui s’est passé [chez les conducteurs] et qu’est-ce qui demeure sur les routes en ce moment. [...] C’est une préoccupation de voir ce qui ressort et comment les conducteurs se comportent », affirme Maxime Brault, directeur de la recherche en sécurité routière pour la SAAQ.
Pour l’instant, le rôle qu’a joué la pandémie dans les changements observés sur nos routes relève de l’hypothèse. C’est ce qu’explorent les chercheurs pour le compte de la SAAQ qui doivent rendre leurs conclusions en 2024.

Plus fatigués
Si la vitesse et l’alcool demeurent dans les principales causes d’accidents, ils étaient en baisse l’année dernière. Une hausse était cependant observée au niveau de la distraction, de la fatigue et des comportements dangereux.
« Et la distraction, ce n’est pas juste le cellulaire, malgré la pensée populaire. C’est de ne pas porter attention à la route, changer de poste, parler avec les passagers, penser à sa journée de travail, avoir l’esprit ailleurs », explique M. Brault, qui remarque également une hausse de la fatigue chez les conducteurs.
« Il y a aussi les comportements imprudents, ne pas céder le passage, suivre de trop près, allonger la lumière jaune et même passer sur la rouge, des dépassements », ajoute-t-il.
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