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De parfait inconnu à une sélection au 13e rang, un receveur montréalais rend hommage à sa mère et à un travailleur communautaire pour son parcours

Photo Courtoisie LCF Andrew Mahon
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2024-05-01T18:12:17Z

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Totalement sous le radar à son arrivée au camp d’évaluation de la LCF en mars, le receveur montréalais Kevens Clercius a tellement bien fait qu’il s’est hissé dans le top 20 des plus beaux espoirs avant de finalement être repêché au 13e rang, mardi, par les Blue Bombers de Winnipeg.

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Clercius a suivi le repêchage avec attention en compagnie de sa garde rapprochée au domicile familial. «Je suis très, très, très content, a souligné le produit des Huskies du Connecticut dans la NCAA. J’avais prédit que j’allais me retrouver à Winnipeg. Au camp d’évaluation, les recruteurs des Blue Bombers étaient présents pour la plupart de mes entraînements et l’entrevue s’était très bien déroulée.»

Décès de sa mère à 14 ans

Clercius a surmonté des obstacles majeurs pour réaliser le rêve du petit gars de 12 ans d’évoluer dans les rangs professionnels. Alors qu’il n’était âgé que de 14 ans, sa mère est décédée. Il ne parlait pratiquement pas anglais quand il est débarqué à l’Université du Connecticut.

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Le receveur de 6 pi 2 po et 212 livres a voulu lui rendre hommage. «C’est un peu grâce à ma mère si je vais atteindre mon rêve, a-t-il exprimé. Elle a quitté Haïti pour déménager à Montréal. De mon côté, j’ai pris la chance qu’on m’offrait et j’ai fait quelque chose de bien. Elle est fière et contente pour moi.»

Clercius a découvert le football en 6e année et sa mère n’a jamais assisté à une partie pendant ses cinq années à l’école secondaire Henri-Bourassa. «Elle trouvait le football trop violent, a-t-il expliqué. Elle ne m’a jamais vu jouer, mais elle m’appuyait. Le football et le sport en général ont joué un grand rôle dans ma vie. C’était thérapeutique quand je me retrouvais sur le terrain. Ça me poussait à réaliser mon rêve de jouer chez les professionnels et à me tenir loin des problèmes auxquels les jeunes de Montréal-Nord sont confrontés. Le sport m’a permis de rester dans la bonne voie.»

Un rôle marquant

Un travailleur communautaire a joué un rôle déterminant dans le parcours de Clercius. «Jude-Alain Mathieu était là pour moi 24 heures sur 24, a-t-il résumé. Il voulait mon bien et que je devienne la meilleure personne possible. Il m’a conseillé sur plusieurs trucs. Il était toujours présent pour moi et c’est la personne qui a le plus gros impact sur mon parcours.»

«Mon père est présent, il me supporte à distance et il est fier de moi, de poursuivre le bachelier en sociologie, mais il doit travailler fort pour payer les factures.»

Mathieu a entraîné Clercius à Henri-Bourassa. «Même quand je suis parti aux États-Unis, nous sommes toujours demeurés en contact et on va aller manger ensemble bientôt, a-t-il indiqué. Je travaille avec Jude-Alain au sein de l’organisme Nos jeunes à cœur dont il est le directeur et le fondateur [2017].»

Ses cinq passes captées pour 56 verges et un touché à sa dernière saison n’avaient rien pour attirer l’attention, mais d’autres facettes de son jeu ont joué en sa faveur. «Je n’ai pas obtenu les statistiques souhaitées, mais j’ai montré que je pouvais m’adapter rapidement et que je pouvais très bien faire sur les unités spéciales. Je ne crains pas le jeu physique.»

En trois saisons, il a capté 49 passes pour 604 verges et cinq majeurs. Il a renoncé à sa dernière saison d’admissibilité pour faire le saut immédiatement chez les pros.

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