Notre journaliste retrouve un vieil ami chez le Lightning: de Moncton à la LNH


Dave Lévesque
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TAMPA | Le lien entre Martin St-Louis et le Lightning a alimenté les conversations, autant que celui qui l’unit à Jon Cooper, qui l’a dirigé à Tampa.
Cette histoire unit l’entraîneur-chef du Canadien au Lightning même s’il assure qu’il n’y a plus de lien affectif pour lui et on le croit sur parole. St-Louis est un homme capable de compartimenter les choses.
Il y a un autre lien seulement évident pour les principaux intéressés et ceux qui les connaissent, et dont vous n’avez certainement jamais entendu parler.
Il concerne l’auteur de ces lignes et l’un des membres du personnel d’entraîneurs du Lightning.
De longue date
En effet, l’entraîneur des gardiens de Tampa, Frantz Jean, et moi sommes de vieilles connaissances. Ça remonte au milieu des années 1990, à l’Université de Moncton.
Nous étions de jeunes vingtenaires en train de forger notre identité et à la recherche de nos rêves. Je ne parlerai pas pour mon vieil ami, mais ces rêves étaient encore loin d’être précis dans mon cas.
Frantz était alors un des deux gardiens des Aigles Bleus, l’équipe qui fait la fierté de l’université depuis des décennies. J’étais étudiant en Information-communication et j’étais rédacteur de la section sportive du journal étudiant, Le Front. Sans le savoir, je me faisais les dents pour ce qui deviendrait mon avenir.
Les amateurs du Canadien ne s’en souviennent peut-être pas, mais Jean Perron a remporté le championnat canadien universitaire en 1981 et 1982 avant d’arriver à Montréal comme adjoint à Jacques Lemaire. Mon ami Frantz, lui, l’a remporté en 1995.
C’était un prélude, sans qu’il ne le sache encore, aux succès qu’il allait connaître avec le Lightning.
Jalon
À l’université, on ne sait pas toujours encore précisément ce que l’on veut faire de sa vie. Je ne me voyais certainement pas dans la LNH.
Frantz et moi étudions dans le même programme. Ceux qui le connaissent savent à quel point il possède un sens inné de la communication. Il s’est rapidement placé les pieds quand il a terminé ses études en devenant, quelques années plus tard, entraîneur des gardiens des Wildcats de Moncton.
Je suis parti faire mon chemin dans la vie avec des détours dans l’ouest du pays et en Abitibi avant d’atterrir à Montréal.
Je suivais la progression de mon vieux chum à distance. Quand je couvrais l’Impact et qu’un match ou un camp d’entraînement me menait dans la région de Tampa, je lui faisais signe.
Le hasard a voulu que j’aie couvert presque tous les matchs du Canadien contre le Lightning cette saison, alors nous avons pu faire un peu de rattrapage lors de chaque rencontre, ne serait-ce que quelques minutes dans un corridor ou dans un ascenseur. On prend ce qui passe.
Chaque fois, je me suis dit que c’était fou de croiser mon vieux chum plus de 30 ans plus tard dans la Ligue nationale quand, à l’époque, on était encore bien loin des hautes sphères du hockey.
Et après tout ce temps, nous voilà tous les deux impliqués dans les séries éliminatoires, chacun à notre manière. Ça, c’est fou.