De l’espace à la Terre: les astronautes scrutés pour mieux cerner les impacts sur le corps humain

Mina Collin
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Bien que les quatre astronautes ont indiqué être dans un bon état de santé après l’amerrissage réussi de leur capsule vendredi soir, ils feront l’objet d’examens médicaux approfondis afin de mieux comprendre les effets de la microgravité sur le corps humain, soutient un neurologue.
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« Ils vont être étudiés, ils vont avoir un bilan de santé avec un bilan cognitif, un bilan neurologique. Ils vont avoir un examen ophtalmologique qui est très important », a expliqué le Dr Julien Cavanagh sur les ondes de LCN, vendredi.
Cet examen ophtalmologique est particulièrement crucial en raison d’un phénomène identifié il y a une dizaine d’années : le syndrome neuro-oculaire associé au vol spatial.

« Le sang a tendance à se redistribuer vers la tête en l’absence de gravité, mais aussi le liquide céphalo-rachidien, qui est donc le liquide dans lequel le cerveau et la moelle épinière baignent dans la boîte crânienne et dans le rachis. Ce fluide aussi se redistribue et vient causer des œdèmes au niveau de la rétine. Et donc, il y a des changements oculaires », a-t-il expliqué.
Selon le neurologue, ces évaluations sont essentielles pour mieux comprendre les effets du séjour en microgravité.
Pas seuls dans la capsule
Le Dr Cavanagh précise que les astronautes n’étaient pas seuls à bord de la capsule Orion. Un dispositif appelé « Avatar », composé de cellules humaines et de modèles de tissus, notamment cardiaques et pulmonaires, faisait aussi partie de la mission.

« C’était dans la capsule pour exposer ces cellules humaines aux radiations cosmiques, aux vols spatiaux, pour qu’on puisse étudier à l’échelon cellulaire quelles sont les conséquences de ces vols spatiaux quand on s’éloigne très, très loin de la Terre », a-t-il indiqué.
Des effets encore incertains
Si les astronautes récupèrent généralement bien grâce à la réadaptation physique, les effets à long terme, notamment neurologiques, demeurent une préoccupation.
« Est-ce qu’il y a des lésions, et en particulier des lésions neurologiques de long terme, qui sont provoquées par ces vols spatiaux quand on s’éloigne très loin de la Terre ou quand on est en microgravité pendant longtemps et qu’on est exposé à ces rayonnements. Est-ce que ces lésions-là sont définitives ? » a-t-il soulevé.

Ces enjeux sont d’autant plus importants dans la perspective de missions de longue durée.
« Le jour où on ira sur Mars, sur des voyages de deux ou trois ans, il ne faut pas qu’il y ait des lésions neurologiques qui soient graves et qui soient accumulées au fur et à mesure du vol spatial. Donc, il faut comprendre comment ça se passe », a-t-il ajouté.
Le neurologue rappelle d’ailleurs une « étude remarquable » menée sur l’astronaute Mark Kelly, comparé à son frère jumeau resté sur Terre, qui a mis en évidence des modifications neurologiques et génétiques liées aux séjours dans l’espace.

« On sait que l’espace est un endroit hostile pour le corps humain et que ces astronautes, c’est un risque qu’ils prennent, ça fait partie de leur héroïsme, mais la NASA et les agences spatiales internationales savent très bien que ce n’est pas sans conséquence pour le tissu humain et en particulier pour le cerveau humain », a-t-il conclu.
Pour voir l’entrevue intégrale, cliquez sur la vidéo ci-haut.