Procès de 150 M$ des investisseurs floués: de l’argent «volatilisé dans le spaghetti Huot»
La ronde des millionnaires s’est poursuivie au procès opposant Robert Giroux aux investisseurs qu’il a convaincus d’investir dans le Groupe Huot


Pierre-Paul Biron
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Un des témoins du procès opposant Robert Giroux à plus de 75 millionnaires qu’il a convaincus d’investir dans les projets de Stéphan Huot a décrit l’opération comme «le spaghetti Huot», structure ressemblant plus à un «dédale» où leur argent se serait perdu.
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Pierre Thabet n’a pas mâché ses mots à l’endroit de Stéphan Huot et de l’homme d’affaires Pierre Moffet, qui l’a recruté pour investir plusieurs millions dans les projets du Groupe Huot. M. Thabet avait été convaincu d’investir par Robert Giroux, qui l’avait rassuré sur le faible risque de l’opération.
Rappelons que 75 de ces millionnaires-investisseurs poursuivent maintenant Robert Giroux pour 150 M$, l’accusant d’un stratagème confectionné sur leur dos.

M. Thabet a déploré que des déboursés uniques aient été mis en place pour fournir l’argent à Stéphan Huot, plutôt que des déboursés «selon l’avancement des travaux» comme il est habituel de le faire dans des projets de construction importants.
«S’il avait respecté notre entente, si on avait déboursé selon l’avancement des travaux, on ne serait pas dans la marde comme on est là», a laissé tomber l’homme d’affaires lors de son témoignage mardi matin.
«On se serait sauvé»
Ce dernier a expliqué qu’il n’était pas au fait de ces méthodes de déboursés, parlant d’événements où «une journée il y avait de l’argent dans le compte, le lendemain il y en avait plus».
«Quand je l’ai appris, ça a été une discussion animée, mais c’était trop tard, l’argent était parti dans le dédale. On a tout découvert après», a expliqué M. Thabet, impliqué dans le prêt privé depuis 35 ans. «On n’avait jamais perdu avant le dernier, celui avec Transrapide [volet industriel du Groupe Huot].»
Comme lundi, les investisseurs ayant témoigné ont assuré ne pas avoir été informés que Stéphan Huot s’était retrouvé en défaut de paiement à un certain moment. Et que leur argent avait pu servir à rembourser les intérêts sur d’autres prêts.
«Non [on ne savait pas] parce qu’on se serait sauvé à la course», a confié mardi Jocelyn Giguère, qui a expliqué avoir investi «un peu plus de 6 M$» dans Q12 et FIISH, les fonds servant à financer Stéphan Huot.
«Si on avait su que notre argent servait à payer des intérêts, on aurait demandé des réunions spéciales là-dessus.»
Visites au chalet?
Lors de son témoignage, le syndic responsable de la faillite personnelle de Stéphan Huot a admis aux avocats de Robert Giroux qu’il avait eu vent du train de vie qu’aurait conservé l’homme d’affaires déchu malgré ses déboires.
Selon Me Sylvain Rigaud, Stéphan Huot aurait continué à visiter son ancien chalet du lac Manouanis, après la médiatisation de sa chute et sa faillite. Or, le chalet en question, vendu par Huot en mai 2023, n’est accessible que par hélicoptère.

«C’est probablement plus cher qu’une course Uber de s’y rendre en hélicoptère», a demandé Me Rigaud au syndic, soulevant la possibilité d’avances d’argent puisque Stéphan Huot est officiellement sans revenu.
«J’ai effectivement su que M. Huot s’y rendait toujours», a confirmé Stéphane Leblond.
Le procès civil prévu pour six semaines se poursuivra mercredi. Robert Giroux poursuit lui aussi les millionnaires pour 25 M$, notamment en diffamation.