De futurs profs refuseront de faire de la suppléance dans les écoles ce jeudi, afin de protester contre certaines exigences liées au test de français qu’ils doivent réussir dans le cadre de leur formation.
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Leur première journée «de grève» se déroulera le 27 octobre. Le mot d’ordre a été lancé dans tous les programmes d’enseignement de la province, indiquent deux des étudiantes à l’origine de ce mouvement, Caroline Fournier et Karine Grenier.

«On a des représentants dans toutes les universités et d’une journée à l’autre, des étudiants s’ajoutent au mouvement. Ça fait vraiment boule de neige», affirme Mme Fournier, qui étudie à l’Université du Québec à Rimouski.
Il est toutefois difficile de prédire combien d’étudiants refuseront de faire de la suppléance dans le réseau scolaire cette journée-là, reconnaissent les organisatrices, puisque ce ne sont pas tous les futurs profs qui font des remplacements dans les écoles. De plus, les étudiants se font souvent appeler le matin même pour faire une journée de suppléance.
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Un «moyen de pression»
Il s’agit d’un premier «moyen de pression» provenant d’étudiants en enseignement qui réclament des changements en lien avec le Test de certification en français écrit pour l’enseignement (TECFÉE).
Les futurs profs doivent obligatoirement réussir cet examen avant leur troisième stage, qui est généralement prévu au cours de la troisième année de leur baccalauréat de quatre ans. En cas d’échec, l’étudiant doit reporter son stage d’au moins un an, le temps de réussir l’examen.
Le Journal rapportait, la semaine dernière, que dans certaines universités, près d’un étudiant en enseignement sur cinq (18%) doit retarder sa formation parce qu’il n’a pas réussi l’examen de français.
Les étudiantes à l’origine de cette première journée de mobilisation ne contestent pas la pertinence d’un examen de français pour les futurs profs. En pleine pénurie, elles réclament toutefois que la réussite de ce test ne soit plus obligatoire avant le troisième stage, mais plutôt à la fin de leur formation.
Plusieurs étudiants qui sont ralentis dans leur formation après avoir échoué à l’examen abandonnent le baccalauréat, affirment-elles. En raison de la pénurie, ces aspirants profs peuvent quand même travailler dans des écoles à temps plein comme enseignants non légalement qualifiés, un «non-sens», selon ces étudiantes.
Plusieurs experts du réseau universitaire estiment toutefois que la pénurie d’enseignants n’est pas une raison pour diminuer les exigences en français, comme le rapportait Le Journal la semaine dernière.
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Un test à revoir?
Même si elles ne contestent pas le bien-fondé de ce test, ces étudiantes réclament tout de même certains changements dans son contenu.
Le test comprend deux parties: la rédaction d’un texte de 350 mots et une autre section composée de 60 questions à choix multiple sur la connaissance du code linguistique, qui donne beaucoup de fil à retordre aux étudiants.
Dans ce questionnaire, la section «Vocabulaire» est composée de questions qui concernent des définitions de mots et d’expressions, de même que le sens de préfixes et de suffixes.
Cette section suscite beaucoup de grogne parmi des étudiants qui se demandent en quoi il est pertinent comme enseignant de connaître la définition d’expressions comme «être Gros-Jean comme devant».
«On comprend que c’est essentiel que l’on maîtrise notre belle langue française, on ne veut pas niveler par le bas, mais on veut que cet examen soit adapté à notre réalité», affirme Karine Grenier, qui étudie en éducation préscolaire et en enseignement primaire à l’Université du Québec en Outaouais.
Au ministère de l’Enseignement supérieur, on indique toutefois qu’aucune réflexion n’est en cours concernant les exigences liées à ce test. «Si des réflexions ou des travaux devaient débuter à ce sujet, les partenaires en seraient informés et invités à y participer», indique son porte-parole, Bryan St-Louis, qui fait notamment référence aux facultés d’éducation des universités québécoises.
Les étudiantes promettent de leur côté d’organiser d’autres journées de «grève» si leurs revendications ne sont pas entendues.
Test de français: une partie du contenu à revoir?
Voici des exemples de questions de la section «Vocabulaire» du test de français, qui est remise en question par de futurs profs:
- Que signifie le préfixe «hypo» dans «hypotrophie»?
- Que signifie le préfixe «hippo» dans «hippodrome»?
- Que signifie le suffixe «aille» dans «pierraille»?
- Que signifie le mot «arraisonner»?
- Que signifie le mot «abjurer»?
- Que signifie le mot «conjecture»?
- Que signifie l’expression «pisser dans un violon»?
- Que signifie l’expression «être collet monté»?
Source: étudiants qui ont passé le Test de certification en français écrit pour l’enseignement (TECFÉE)
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