De Charlie Kirk à Jimmy Kimmel: la dérive autoritaire de Donald Trump, en accéléré


Philippe Léger
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L’«affaire Kimmel» est un condensé pur jus de la «dérive autoritaire» à l’œuvre aux États-Unis.
Le procédé est toujours le même.
Il s’agit d’utiliser les ressources de l’État (institutions indépendantes, bureaucratie et leviers réglementaires) pour affaiblir des contre-pouvoirs, «canceller» ceux dont la parole dérange et signaler à tous les autres qu’ils pourraient être les prochains.
Kimmel, le symbole
L’animateur Jimmy Kimmel a déclaré lundi dernier que l’assassin de Charlie Kirk était peut-être «un des leurs», un partisan MAGA, ce dernier étant né dans un environnement conservateur. Tout en se moquant d’un extrait où Trump ne semble pas très endeuillé par la mort de Kirk.
Le président de la FCC, sorte de patron des ondes télévisuelles américaines, a ensuite menacé les stations qui diffusent l’émission de punitions réglementaires ou de perdre leurs licences.
Ils ont plié: Kimmel a été «cancellé».
Donc voilà: une menace de sanctions; une utilisation de la bureaucratie pour la mettre à exécution; une pression financière pour l’organisation si elle n’obtempère pas; une protection de leurs intérêts; et finalement une soumission complète pour plaire à l’administration Trump.
La même logique est à l’œuvre avec le New York Times et le Wall Street Journal, respectivement poursuivis pour 15 et 10 milliards. Aucun autre objectif que de nuire à un pouvoir autre que le sien par une poursuite ridicule.
Maccarthysme 2.0
Lors de chaque dérive autoritaire, certains événements, comme celui du meurtre de Kirk, l’accélèrent.
En réponse à Kirk, la constellation Trump dit vouloir «cibler» la «gauche radicale», les «discours haineux» et les «antifas», amalgamant tous ces concepts fourre-tout à toute personne critiquant la trame narrative du pouvoir.
Trump et les autres voient en Kirk une aubaine pour accélérer la dérive autoritaire par une chasse aux sorcières. Et ici, une façon de décider arbitrairement ce qui se dit à la télévision ou non.
La plus grande farce de notre époque est peut-être celle-ci: ce sont ces sinistres personnages qui se prétendent les sauveurs de la liberté d’expression et de la démocratie américaine, contre la cancel culture.