De 100 à 120$ de plus par mois pour l’essence depuis le début de la guerre

Louis Deschênes et Francis Halin
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Les automobilistes québécois déboursent en moyenne de 100 à 120 $ de plus par mois pour mettre de l’essence dans leur voiture depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Du 27 février, jour des premières attaques sur l’Iran, jusqu’au 1er mai, le prix moyen pour un litre d’essence ordinaire est passé de 1,517 $ à 1,951 $ à Montréal, une hausse de 43¢.
« Effectivement, on le sent », affirme Anne-Marie Labrecque, une mère de famille de Longueuil.
« On met moins d’argent de côté depuis le début de l’année entre autres à cause de l’essence, ça, c’est clair », ajoute-t-elle, se disant chanceuse de faire du télétravail.
Selon les statistiques de la Régie de l’énergie, des hausses de 40 à 47 ¢ ont été observées partout dans la province lors des deux derniers mois.

Dur sur le budget
Considérant que la majorité des véhicules sont dotés de réservoirs d’une capacité de 60 à 70 litres, la facture du consommateur a grimpé de 25 à 30 $ pour chaque plein d’essence.
Cette augmentation aurait été encore plus considérable sans l’abolition temporaire de la taxe d’accise, qui permet d’économiser environ 5 $ pour un ravitaillement.

Claude Robert, un retraité de Québec, a vu le prix à la pompe augmenter de 41 ¢ en deux mois dans son secteur.
« Ça paraît dans le budget. On regarde plus les endroits les moins chers, c’est certain. J’ai un réservoir [à essence] de 140 litres dans mon camion et regardez ma facture : 115 $ pour 64 litres, c’est fou ».
Les compagnies de transport y goûtent également alors que le diesel a bondi de 62 ¢ le litre depuis le début des frappes en Iran.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
2,20 $ en mai
Les consommateurs ne sont pas au bout de leur peine puisque le prix à la pompe va continuer de grimper dans les prochaines semaines.
« C’est 20 ¢ de plus dans le prochain mois. À Montréal, il faut s’attendre à voir le gaz monter à 2,20 $ d’ici le 31 mai », prévoit Dan McTeague, président de l’organisme Canadiens pour une énergie abordable.
La signature d’un traité de paix pourrait atténuer cette hausse fulgurante, mais le prix à la pompe devrait demeurer élevé jusqu’en 2027.
« Le dommage est déjà fait. Ça va prendre au moins six mois pour revenir à la normale », analyse-t-il.
Attention ce week-end
La flambée du prix du baril de pétrole en Bourse mercredi devrait avoir un impact majeur dans les essenceries du Québec ce week-end.
Une augmentation de 8 ¢ le litre est à prévoir vendredi avant une légère baisse samedi.
« Des détaillants pourraient absorber la hausse, mais à Montréal, je m’attends à voir du 2,04 $ », lance Dan McTeague.
« Le diesel aussi connaîtra une hausse de 9 ¢ le litre vendredi », ajoute-t-il.
L’écart entre l’offre et la demande provoque une pénurie mondiale du pétrole brut et explique les fluctuations du marché.
« La consommation globale est de 102 à 105 millions de barils par jour, alors que seulement 92 millions de barils par jour sont offerts au marché », souligne-t-il.
Les hausses en deux mois
Montréal 43 ¢
Laval 44 ¢
Montérégie 44 ¢
Mauricie 44 ¢
Québec 41 ¢
Saguenay 47 ¢
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