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David McLane, l’espion qui a fait si peur aux Britanniques qu’il a été exécuté dans la barbarie à l’extérieur des murs de Québec

Photo portrait de Martin Landry

Martin Landry

2024-08-18T11:00:00Z

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L’histoire de David McLane, espion arrêté le 10 mai 1797, s’ancre dans le contexte tumultueux de la fin du XVIIIe siècle, une époque marquée par les révolutions et les guerres, qui ont redessiné les frontières et les alliances en Europe et en Amérique.

David McLane, dont on ne sait pas s’il est né aux États-Unis ou en Écosse, a grandi sur la côte américaine en pleine guerre d’Indépendance des 13 colonies. Le jeune David a développé une passion pour les quêtes de liberté et d’indépendance. Après la guerre en 1783, il s’est intéressé aux autres causes révolutionnaires ailleurs dans le monde.

Au tournant des années 1790, la Révolution française battait son plein et les idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité inspiraient les mouvements révolutionnaires dans d’autres pays. Voyant l’occasion favorable, David McLane se serait engagé dans des missions de renseignement pour le compte de pseudoforces révolutionnaires françaises en Amérique. On raconte qu’il était responsable de surveiller et de rapporter les mouvements des forces britanniques et loyalistes au Canada. 

Le marché de la Basse-Ville de Québec
Le marché de la Basse-Ville de Québec Domaine public

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LUTTER POUR LA LIBERTÉ

En 1796, McLane traverse régulièrement la frontière canado-américaine sous une fausse identité, souvent celle de Jacob Felt. Il se fait passer pour un marchand dans l’industrie du bois, ce qui lui permet d’agir de façon incognito. Ces nombreuses visites lui permettent de recueillir, entre autres, des informations précieuses sur les fortifications et les mouvements de troupes britanniques. Elles lui permettent aussi d’expliquer à ceux qui croisent sa route qu’aux États-Unis, des gens puissants planifient d’envahir le Canada dans le plus grand secret. Il fait savoir que 10 000 soldats s’apprêtent à prendre possession de Québec et de Montréal.

C’est lors d’une de ces visites furtives qu’il fait la connaissance d’un influent marchand, député de Québec, un dénommé John Black. Cet homme le livre aux autorités. Le 10 mai 1797, McLane est donc arrêté dans la maison de John Black et accusé, entre autres, d’espionnage, de complot pour envahir le Canada et de l’intention de massacrer inhumainement les sujets du roi.

Pierre-Auguste Adet. Il est l’ambassadeur de France aux États-Unis entre 1795 et 1797. Il aurait été le présumé contact de David McLane.
Pierre-Auguste Adet. Il est l’ambassadeur de France aux États-Unis entre 1795 et 1797. Il aurait été le présumé contact de David McLane. Wikimedia Commons / Domaine public

Il est emprisonné, puis envoyé devant la cour pour être jugé. Les preuves contre lui sont accablantes. On a retrouvé des cartes détaillées des fortifications et des lettres codées, et identifié six témoins pour l’incriminer. Ces témoins ont expliqué aux jurés que l’accusé essayait de les convaincre de participer à une insurrection contre le gouvernement de la province de Québec. Malgré ses tentatives de défense en affirmant être un simple marchand, le jury le déclare coupable de haute trahison. Ses avocats tâchent de faire casser le jugement, mais c’est peine perdue. Le juge en chef de la province lui impose la peine de mort. Mais comme si la pendaison n’était pas un châtiment suffisant, le juge demande qu’il soit éviscéré vivant, puis qu’on s’assure de bien séparer la tête et les membres de son corps. 

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On rapporte que David McLane était déjà mort quand le bourreau lui a tranché la tête, avant de le charcuter. On sait aussi que les personnes qui ont témoigné pour faire condamner McLane ont reçu en cadeau des terres. Cependant, ceux qui savaient et qui sont restés muets sur les agissements de McLane ont été punis. Comme un certain Charles Frichet, qui a été condamné à la prison à vie pour ne pas avoir dénoncé l’Américain. Pour la petite histoire, notez que Frichet, un illettré qu’on disait un peu simple d’esprit, a été pardonné et remis en liberté.
On rapporte que David McLane était déjà mort quand le bourreau lui a tranché la tête, avant de le charcuter. On sait aussi que les personnes qui ont témoigné pour faire condamner McLane ont reçu en cadeau des terres. Cependant, ceux qui savaient et qui sont restés muets sur les agissements de McLane ont été punis. Comme un certain Charles Frichet, qui a été condamné à la prison à vie pour ne pas avoir dénoncé l’Américain. Pour la petite histoire, notez que Frichet, un illettré qu’on disait un peu simple d’esprit, a été pardonné et remis en liberté.

«Que vous David McLane, soyez conduit au lieu d’où vous êtes venu, et de là vous serez trainé à la place d’exécution où vous devez être pendu par le col, mais non jusqu’à ce que mort s’ensuive; car vous devez être ouvert en vie, et vos entrailles seront arrachées et brûlées sous vos yeux; alors votre tête sera séparée de votre corps, qui doit être divisé en quatre parties; et votre tête ainsi que vos membres seront à la disposition du Roi. Que le seigneur ait pitié de votre Âme.»

Par une belle journée d’été, le 21 juillet 1797, David McLane est exécuté dans la plus grande des barbaries devant une foule rassemblée à l’extérieur des murs de Québec. L’affaire horrifie au plus haut point la population, mais le gouvernement insiste pour en faire un cas exemplaire. Des articles racontant l’histoire sont publiés dans la Gazette de Québec. On imprime 2000 exemplaires des minutes du procès et on les distribue jusqu’aux États-Unis pour décourager quiconque aurait envie de suivre ses pas. 

On pratique encore en 1797 les sentences de mort devant public au Canada. La majorité des condamnés à mort au Canada finissent la corde au cou. Certains juges vont même jusqu’à demander que le condamné soit pendu deux fois.
On pratique encore en 1797 les sentences de mort devant public au Canada. La majorité des condamnés à mort au Canada finissent la corde au cou. Certains juges vont même jusqu’à demander que le condamné soit pendu deux fois. Domaine public

Sa mort marque évidemment la fin de ses activités, mais pas de son histoire. David McLane est devenu un symbole de la lutte pour la liberté et l’indépendance. Les partisans de la Révolution vont le considérer comme un martyr de la cause. En vérité, le projet d’invasion de McLane semble invraisemblable, selon de nombreux historiens. Plusieurs sont ceux qui croient que David McLane était tout simplement un illuminé plutôt qu’un conspirateur. En fait, c’est plutôt la réelle peur chez les Britanniques d’être envahis au Canada qui explique la sentence démesurée qu’une tangible menace.

Garnison de Québec. Gravure de l’époque représentant l’exécution de David McLane
Garnison de Québec. Gravure de l’époque représentant l’exécution de David McLane Domaine public

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