Date limite des transactions: ce que vous ne verrez pas dans les coulisses


Jonathan Bernier
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Vous serez plusieurs à syntoniser vos chaînes de télévision sportives préférées dans l’espoir de suivre les différents mouvements de personnel à la minute près. Vous verrez les logos changer sous la photo des joueurs impliqués et leur nom être rayé de la liste des acquisitions les plus attrayantes. Pour chacune des transactions que les informateurs les plus branchés vous annonceront en temps réel, c’est un branle-bas qui s’active.
Stéphane Fiset, autrefois agent pour la firme Newport Sports Management, nous raconte ce que vous ne verrez pas dans les coulisses.
Avant la transaction:
Il arrive que des transactions arrivent de façon inattendue. C’est habituellement le cas lorsqu’elles surviennent en plein cœur d’une saison. Toutefois, plus la date limite des transactions approche, plus les rumeurs s’additionnent et s’intensifient.
L’agent amorce un travail psychologique en amont.
«Il y a différents scénarios. Quand le joueur a une clause de non-échange, c’est plus facile, car il est un peu plus maître de son sort. Dans le cas contraire, c’est plus délicat. Tu commences à les préparer mentalement, sa famille et lui, à cette éventualité.»
Dans la minute où la transaction se conclut:
Le joueur reçoit un appel du directeur général de l’équipe qui l’échange.
«Généralement, c’est là qu’il apprend où il est échangé. Le DG va le remercier pour ses années de services en lui disant que l’organisation a décidé de passer à autre chose.»
Une dizaine de minutes plus tard:
Le joueur reçoit un appel de son nouveau directeur général.
«Il va lui souhaiter la bienvenue au sein de son équipe, lui dire combien il est content de pouvoir l’accueillir dans son équipe. Il est souvent question du rôle qu’on attend de lui, du temps de jeu auquel il peut s’attendre.»
Entre les deux appels:
Le travail d’accompagnateur réconfortant de l’agent commence.
«Tu lui parles, tu parles avec sa conjointe. Tu réponds à leurs questions, à leurs inquiétudes. Tu leur expliques quelle sera la suite des choses.»
Dans la demi-heure suivant la transaction:
Le joueur reçoit un appel du directeur des services à l’équipe.
«C’est lui qui organise le déplacement du joueur, du billet d’avion à la réservation d’un chauffeur pour amener le joueur de l’aéroport à l’aréna ou à l’hôtel. Ça dépend si le joueur va rejoindre l’équipe à domicile ou sur la route?»
Pendant ce temps...
«On entre en contact avec le groupe des relations publiques de la nouvelle équipe de notre joueur. On planifie les points de presse ou les vidéoconférences pour parler aux journalistes.»
De 24 à 48 heures plus tard:
Habituellement, le joueur est déjà rendu dans sa nouvelle destination. C’est au tour de sa famille d’être prise en main.
«Est-ce qu’on met la maison à vendre? Vas-tu rejoindre ton mari dans les prochaines semaines ou tu attends à l’an prochain? On discute de tout ça.
«Quand ça arrive à la date limite des transactions et que le couple a des enfants, c’est rare que le reste de la famille va déménager tout de suite. Surtout si les enfants sont à l’école.»
Une fois que le plan de la famille est établi:
L’agent met son chapeau de contremaître
«On s’assure qu’il y ait une personne dans l’organisation qui va aider la famille pour trouver une maison, une école, une garderie. La plupart des équipes font affaire avec des agents d’immeuble avec lesquels ils sont habitués de travailler. Une fois qu’on est assuré que la famille est bien prise en main, on leur laisse ça entre les mains. Après tout, ce sont eux qui connaissent les meilleurs emplacements, les meilleures écoles, les meilleurs coins.»