Danse sur glace aux JO: qui est Laurence Fournier Beaudry, la patineuse québécoise qui représente la France?
AFP
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Bien placée pour remporter l’or olympique en danse sur glace aux côtés de son «meilleur ami», Guillaume Cizeron, Laurence Fournier Beaudry, vétérane du circuit du haut de ses 33 ans, n’a jamais caché son ambition malgré un parcours parfois douloureux.
«On est très ambitieux. On est venus ici pour gagner l’or. C’est une grande ambition», a assumé Laurence Fournier Beaudry lundi, à Milan, à l’issue de la danse rythmique du couple, qui le place en tête de la compétition, juste devant les Américains Madison Chock et Evan Bates, avant la danse libre mercredi.

Associée à Cizeron depuis tout juste un an, la Canadienne naturalisée française a eu la lourde tâche de succéder à Gabriella Papadakis, la partenaire de toujours du Clermontois, dont la personnalité et la grâce sur la glace ont marqué les esprits pendant de longues années.
Mais «Laurence n’est pas la pâle copie de Gabriella», affirme leur entraîneur Romain Haguenauer.
D’abord initiée à la gymnastique, la Montréalaise a viré vers le patinage à l’âge 9 ans, en 2001, à la demande de ses parents, deux patineurs amateurs. Après quelques tâtonnements avec plusieurs partenaires, elle se fixe finalement à partir de 2013 avec Nikolaj Soerensen, qui devient également son compagnon à la ville.

«Nouvelle carrière»
Ensemble, ils décrochent notamment une cinquième place aux Mondiaux 2023, avant d’être contraints de briser leur duo lorsque Soerensen se retrouve suspendu pour une affaire de «maltraitance sexuelle» remontant à 2012.
Le sort offre alors à Laurence Fournier Beaudry une opportunité inattendue. Guillaume Cizeron, son meilleur ami depuis leur rencontre en 2009 lors d’un stage en Allemagne, vient de mettre fin à son aventure sportive avec Gabriella Papadakis.
Mais il a toujours soif de compétition et lui propose alors de s’associer, à peine un an avant les Jeux en Italie, avec l’objectif d’y viser l’or.

«Ça a été une année difficile émotionnellement. Ce qui était difficile dans mon cas, c’est que je n’ai pas arrêté selon mes termes à moi», expliquait-elle en mars dernier à l’AFP. Donc quand Guillaume m’a suggéré [de patiner avec lui], ça a ouvert une porte à laquelle je n’avais pas réfléchi.»
«Je ne m’y attendais pas du tout! Mais ça m’a ouvert une opportunité pour entreprendre une nouvelle carrière», développe la patineuse, qui se départit rarement de son large sourire.
Mais derrière cette façade souriante se cachent des difficultés qui ont parsemé son parcours.
Très athlétique, une qualité pas souvent valorisée pour les femmes dans le milieu conservateur du patinage artistique, Fournier Beaudry est longtemps passée par des phases de boulimie et d’anorexie pour tenter de contrôler son poids. Avant de finalement accepter sa singularité.

«À l’époque, il fallait être une ballerine sur la glace», explique-t-elle dans un documentaire de Netflix consacré à l’Académie de glace de Montréal, où les deux patineurs s’entraînent. «Il fallait être très filiforme et avoir de belles lignes. Dans mon esprit, le muscle cassait ces lignes.
«Ce qui m’a aidée, c’est de me confier à mes proches, et je pense que la guérison a pris des années.»
«Extrêmement intense»
Peut-être animée par l’envie de mieux se connaître, elle décide en 2023 de reprendre ses études et de s’intéresser aux neurosciences.
«Cela explore le comportement, ce qui se passe physiologiquement dans le corps, dans les hormones, chimiquement [...] Puis c’est très connecté aussi à l’univers des performances, c’est super intéressant», développe-t-elle.
«C’est aussi pour me tenir intellectuellement stimulée et me créer une certaine diversion avec le patinage parce que je suis quelqu’un qui peut devenir extrêmement intense, donc c’est bon de décrocher un peu.»

Dans leur défi fou d’aller décrocher l’or olympique après un an à peine de collaboration, Cizeron sait en tout cas qu’il peut compter sur la solidité de sa nouvelle partenaire.
Perfectionniste, le patineur de 31 ans a reconnu lundi que sa performance lors de la danse rythmique n’avait pas été «à 100% parfaite».
«On sait très bien ce qui est parfait et ce qui ne l’est pas au fur et à mesure qu’on patine. Je pense que dans ces moments-là, j’ai vraiment pu me reposer sur Laurence et faire confiance à l’entraînement qu’on a eu.»