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Dans le deuxième match face au Canadien, les Hurricanes ont retrouvé leur style: une superbe oeuvre d'art incomprise

Photo portrait de Jonathan Bernier

Jonathan Bernier

2026-05-24T04:13:05Z

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RALEIGH | Vous trouvez ça plate de regarder jouer les Hurricanes, n’est-ce pas ? Si vous prenez pour le Canadien ou que vous aimez voir deux équipes s’échanger des occasions de marquer toute la soirée, comme ce fut le cas contre les Sabres, je vous comprends.

Mais sachez que les Hurricanes s’en fichent. La recette de leur succès, et ce fut le cas dans ce gain de 3 à 2, réside dans l’application méthodique d’un plan de match méticuleux.

D’ailleurs, si vous regardez les matchs de façon cartésienne et si vous les décortiquez comme le ferait un entraîneur, c’est de l’art.

Les hommes de Rod Brind’Amour, complètement remis du long congé qui a précédé le premier match, ont collé le nez des défenseurs du Canadien dans la baie vitrée pendant la majeure partie la soirée. Pas moyen de toucher à la rondelle une seconde et trois quarts sans recevoir un coup d’épaule d’un joueur en noir.

Getty Images via AFP
Getty Images via AFP

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Après 40 minutes, les Hurricanes avaient distribué 37 mises en échec. Ça, c’est le nombre de coups d’épaule qu’une équipe donne habituellement quand elle court après la rondelle toute la soirée.

On s’entend que ce n’était pas le cas.

Faut faire ça vite

Pressé de façon aussi intense, les Montréalais n’ont eu d’autre choix que de précipiter leurs prises de décisions, leurs passes. Ce qui rendait leur choix de jeu prévisible, faisant en sorte que les tentatives de contre-attaque étaient souvent tuées dans l’œuf par un bâton actif ou une fermeture rapide de l’espace.

Et quand le Canadien parvenait à traverser la ligne rouge en possession de la rondelle, ils étaient trois Hurricanes à les attendre à leur ligne bleue en plus des deux qui appliquaient une farouche pression arrière en repli défensif.

Encore là, il fallait faire ça vite. Ou envoyez la rondelle derrière les coéquipiers de Frederik Andersen. Au cours des deux premières périodes, c’est uniquement de cette façon qu’ils sont parvenus à s’approcher un tant soit peu du gardien danois.

Ça aide à comprendre pourquoi, au moment de retraiter au vestiaire, les hommes de Martin St-Louis n’avaient obtenu que six tirs au but. La bonne nouvelle, c’est qu’ils n’étaient qu’à un but de créer l’égalité.

Épuisés à leur propre jeu

L’inconvénient lorsqu’on préconise un style intense comme celui des Hurricanes, c’est que ça brûle des calories. Tu ne peux pas rater trop d’occasions d’assommer le rival avec des buts. Plus le temps passe sans creuser l’écart, plus le danger de manquer d’énergie vous guette.

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Comme le boxeur qui s’épuise à rouer son adversaire de coups sans que celui-ci ne bronche. Épuisé, l’assaillant fini par baisser la garde. Et c’est là que celui qui paraissait dans le trouble, reprend lentement le dessus et terrasse avec une combinaison crochet-uppercut sorti de nulle part.

Josh Anderson a donné le crochet, avec un peu moins de huit minutes à faire à la troisième, en inscrivant son deuxième but du match. Déjà à ce moment, le Tricolore attaquait de façon plus soutenue. Chaque rondelle qui s’approchait d’Andersen était une aventure qui lui faisait la vie dure.

Hutson blessé ?

Mais l’uppercut n’est jamais venu. Nikolaj Ehlers, avec son deuxième du match, a donné le coup fatal dans la quatrième minute de la prolongation. Trois minutes et demie au cours desquelles le Canadien n’a jamais touché à la rondelle.

Des minutes pendant lesquelles on s’est inquiété pour Lane Hutson. Le défenseur étoile s’est relevé difficilement après avoir encaissé une mise en échec de Taylor Hall. Il semblait blessé à une jambe.

Toutefois, puisque le match s’est terminé avant sa potentielle présence suivante, on ne peut savoir s’il serait de nouveau sauté sur la patinoire.

Évidemment, le Canadien n’adoptera jamais le style des Hurricanes. Il mise sur des joueurs beaucoup trop explosifs pour ça. Par contre, s’il y a une page du livre de jeux des Hurricanes dont il pourrait s’inspirer, c’est celle-ci : ne pas chercher à être spectaculaire, en dépit du fait qu’on joue à domicile.

Ça aiderait les Montréalais à améliorer leur fiche au Centre Bell.

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