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Danièle Sauvageau, de DG à politicienne

Photo d’archives, Martin Alarie
Photo portrait de Patric Laprade

Patric Laprade

2024-06-17T21:17:05Z

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Un point de presse de l’équipe de Montréal dans la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF) avait lieu lundi en lien avec l’annonce de la signature de trois joueuses : Elaine Chuli, Amanda Boulier et Mariah Keopple. Plusieurs questions ont donc été posées à la directrice générale Danièle Sauvageau. Toutefois, tel Bruce Wayne dans sa bat-cave, cette dernière s’est transformée, non pas en superhéros, mais bien en politicienne.

Toujours très sympathique et volubile dans ses réponses, Sauvageau oubliait seulement une chose : de répondre à la question.

Voici quelques exemples:

Question : «La brigade défensive commence à être pleine avec cinq défenseuses signées et le premier choix de l’équipe qui joue à cette position. Qu’est-ce qui va arriver à des joueuses comme Brigitte Laganière, Catherine Daoust et Madison Bizal».

Réponse : «En fait, tu parles évidemment de trois joueuses qui étaient avec nous l'année passée et pour l'année prochaine, effectivement, il y a des signatures, mais il y aura aussi une période d'agentes libres et ensuite, tout le monde aura l'occasion évidemment de se revoir à l'automne. Les joueuses qui étaient avec nous l'année passée se retrouvent dans une période d'indécision pour l'instant. Évidemment l'été est plus long que les autres marchés, c'est-à-dire que notre camp d'entraînement aura lieu en novembre prochain. Alors je vous rappelle que l'année dernière nous avions au sein de notre équipe sept joueuses qui s'étaient présentées au camp d'entraînement et qui avait réussi à se rendre justice d'une certaine façon et d'obtenir un poste avec nous. Alors on a bien l'intention lors du prochain camp d'entraînement de pouvoir inviter des joueuses qui auront une chance, comme l'année dernière, de se faire valoir et d'acquérir un poste au sein de l'équipe.»

Est-ce que ça veut dire que Laganière, Daoust et Bizal ne seront pas signées et seront plutôt invitées au camp? Dur à dire...

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Question : «Est-ce que tu as une mise à jour sur le dossier d’Amanda Kessel?»

Réponse : «Il s'est passé beaucoup de temps depuis, mais il y en a surtout beaucoup devant nous. Je vous confirme que nous avons communiqué avec l'ensemble des joueuses de qui nous avons obtenu les droits lors du repêchage. Encore ce matin, j'étais en discussion avec certains agents et il y a des rencontres prévues au cours de la semaine. Alors, c'est quand même un long été devant nous. Alors, c'est le statu quo, c'est-à-dire qu'on n'a pas signé encore aucune des joueuses que nous avons repêchées.»

Simplement une pièce d’anthologie.

Question : «En suivi sur le dossier Kessel, quel est ton niveau d’optimisme de la voir jouer à Montréal, en lien avec son désir de jouer à Boston?»

Réponse : «Les joueuses avaient jusqu'au samedi avant la séance de repêchage pour se maintenir sur la liste du repêchage. Lorsque tu t'inscris au repêchage, c'est que tu es disponible, que tu veux jouer et que tu es prête à jouer, peu importe l'endroit où tu auras été repêchée. Alors, maintenant, oui, il y a beaucoup de choses qui se sont dites. Je n'ai probablement pas lu tout ce qui s'est dit, mais une chose est sûre, c'est que pour nous, l'information que nous avons, c'est qu'elle veut jouer au hockey. Elle aimerait peut-être même faire un autre cycle olympique. Avec le talent et l'âge qu'elle a, c’est amplement possible. Alors pour nous, le but, c'est de l'inviter au camp, qu'elle se présente au camp et éventuellement qu'elle joue au hockey dès la saison prochaine.»

«Jouer au hockey la saison prochaine», mais Danièle ne précise pas avec qui. Après tout, comme elle l’a si bien dit à quelques reprises, elle est une employée de la ligue. Alors si Kessel joue dans la ligue, peu importe où, tout le monde sera content, non?

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AFP
AFP

Une p’tite dernière

Question : «Étant donné qu’il commence à manquer de postes réguliers sur la brigade défensive, est-ce que dans les discussions que tu as eues avec la capitaine de l’équipe de Suède, Anna Kjellbin, serait-elle prête à venir jouer ici en Amérique du Nord dans un rôle de réserviste ou de venir au camp sans avoir signé un contrat?»

Réponse : «Les joueuses qui, évidemment, se retrouvent sans contrat d'ici au camp d'entraînement, on a la responsabilité de les comparer avec les joueuses que nous avions l'année dernière et de voir aussi qu'est-ce que ça représente de jouer dans cette ligue-ci. Alors, je pense que les joueuses qui ont été repêchées dans les 4e, 5e, 6e, 7e rondes sont très conscientes qu'elles se retrouvent aussi avec un groupe de joueuses qui étaient déjà là et puis qu'elles doivent arriver au camp en pleine forme, physique et mentale, et de démontrer que le choix que nous avons eu était le bon pour elles et de pouvoir justement se comparer au reste des joueuses qui étaient déjà là.»

J’ai mal à la tête.

Deux informations erronées

Et comme toute bonne politicienne, il y a quelques erreurs dans l’information partagée par Mme Sauvageau.

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Lorsque j’ai demandé à Danièle si elle et son équipe d’entraîneurs avaient signé de nouveaux contrats étant donné que les contrats pour les dirigeants se terminent le 30 juin, elle m’a répondu qu’elle était une employée de la ligue et qu’il n’y avait pas de contrats dans le sens que je le mentionnais.

Pourtant, The Athletic a récemment publié que les contrats des directeurs généraux et entraîneurs étaient d’une durée d’un an, se terminant le 30 juin prochain, information qui m’a été confirmée par une autre source.

Aussi, à savoir les obligations de l’équipe si une joueuse signée se fait couper au camp d’entraînement, Danièle a répondu qu’il n'y a rien qui lui permettrait de briser un contrat basé sur la performance de la joueuse.

Ce qui est totalement faux.

La convention collective est très claire à ce niveau. Seuls les contrats de deux ans et trois ans signés l’an dernier sont garantis. Tous les autres contrats signés cette année peuvent être brisés sur la base d’une mauvaise performance sur la glace, comme le stipule l’article 7.5 de la convention collective.

Vous comprendrez que je trouve le tout dommage. Cette langue de bois est quelque chose qu’on a souvent reproché à certaines administrations des Canadiens de Montréal et je trouve que l’équipe de Montréal dans la LPHF a l’occasion de se distancer de ce discours. Pourtant, cela fait deux conférences de presse depuis la fin de la saison dans lesquelles on évite plusieurs questions. Est-ce trop demandé un peu de transparence?

Bref, un point de presse décevant, dans lequel la seule chose qu’on a appris, c’est que si la ville de Montréal se cherche une nouvelle mairesse, Danièle Sauvageau pourrait être une candidate idéale!

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