Crosby n'allait pas rater ce rendez-vous

Marc de Foy
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Sidney Crosby commence à grisonner, mais il est toujours animé du même esprit de compétition. On dirait encore le Kid. Il était sur la glace comme un seul homme lors de la séance d’entraînement de l’équipe canadienne, lundi matin, à Brossard.
Venu de Cole Harbour, en Nouvelle-Écosse, Troy Crosby observait comme il le fait depuis longtemps les faits et gestes de son fils depuis les gradins. L’homme, maintenant âgé de 58 ans, s’y connaît en hockey. Gardien de but dans sa jeunesse, il a été repêché au 12e tour par le Canadien en 1984. Il a aidé le Canadien junior de Verdun à remporter la Coupe du président, emblème du championnat des séries éliminatoires de la LHJMQ, rebaptisé trophée Gilles-Courteau.
Troy a sûrement vu la même chose que les journalistes sur place. Absent des deux derniers matchs des Penguins de Pittsburgh en raison d’une blessure au haut du corps, son rejeton sera prêt pour le match d’ouverture de la Confrontation des 4 nations, qui opposera le Canada à la Suède, mercredi soir, au Centre Bell.
L’entraîneur Jon Cooper tente, pour sa part, de maintenir un mystère autour de sa participation à la rencontre, mais ne vous méprenez pas. Crosby sera en chair et en os dans l’uniforme numéro 87 de la formation unifoliée.
Aucun doute possible.
S’il est en ville, c’est qu’il jouera. Il aurait fallu qu’il ait un bras dans le plâtre pour rester sur la touche, et encore. On le soupçonne de s’être blessé à un bras lors d’une collision avec Luke Hughes et Erik Haula des Devils la semaine dernière. Crosby montrait une séquence de 229 matchs consécutifs sans absence avant de subir ce mauvais coup du sort.
L’homme des grandes occasions
L’équipe canadienne est la sienne, il en est le capitaine. Pour rien au monde, il n’aurait raté ce mini-tournoi qui, en plus du Canada, regroupera les États-Unis, la Suède et la Finlande.
Ça lui fera changement des Penguins, qui se dirigent vers une troisième exclusion d’affilée des séries.
«Ça représente beaucoup pour moi, a-t-il dit aux journalistes venus à sa rencontre sur le terrain de soccer du complexe d’entraînement du Tricolore.
«J’ai eu la chance de prendre part souvent à des tournois internationaux, mais il y avait longtemps que je n’avais pas eu la chance de le faire.»
La dernière fois, c’était en 2016, au tournoi de la Coupe du monde. Deux ans plus tôt, il faisait de la formation canadienne qui avait remporté une deuxième médaille d’or d’affilée aux Jeux olympiques de Sotchi.
Crosby était vers la fin de la vingtaine.
«J’ai joué avec de grands joueurs avec l’équipe canadienne et j’ai maintenant la chance d’être là avec une génération plus jeune, a-t-il continué.
«Pour plusieurs raisons, je retire une grande fierté à l’idée de jouer pour l’équipe canadienne. C’est toujours un honneur, spécialement ici à Montréal.»
Il aurait été parfait pour le CH
Quand on entend ces dernières paroles de la bouche de Crosby, on ne peut s’empêcher de penser à la loterie qui avait suivi le lock-out de 2004-2005 et de se dire qu’il aurait été parfait pour le Canadien et son marché. L’équipe aurait probablement été bonne pendant 15 à 20 ans. Le nom de Crosby se serait ajouté à la lignée des grands noms de l’histoire du Tricolore.
L’homme est respecté de tout le monde. Jon Cooper se considère comme privilégié d’être du même côté que lui pour le Confrontation des 4 nations.
«Je ne l’ai jamais côtoyé dans ma carrière, a-t-il dit.
«Mais sa façon d’agir et son interaction avec les gens en font une figure polarisante. C’est la raison pour laquelle les gens le suivent. Sa passion pour son pays et son sport est remarquable.
«C’est probablement pourquoi il compte beaucoup de victoires et peu de défaites dans ces compétitions.»
Et les J.O.?
À pareille date l’an prochain, les joueurs de la LNH seront en Italie, où ils participeront aux Jeux olympiques pour la première fois en 12 ans.
«Je suis vraiment emballé d’être du prochain tournoi, mais ce serait extraordinaire [d’être des prochains J.O. d’hiver], a-t-il affirmé.
«Or, je ne pense pas si loin.»
Mais qu’il ouvre la porte à cette possibilité signifie déjà beaucoup. Ne pariez pas trop fort si vous ne croyez pas à ses chances.