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Critique du film «Ru»: une adaptation à la hauteur des attentes

Photo fournie par IMMINA FILMS
Photo portrait de Maxime Demers

Maxime Demers

2023-11-24T00:30:00Z

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Le défi de porter à l’écran le roman à succès Ru, de Kim Thúy, était colossal. Mais le réalisateur Charles-Olivier Michaud a réussi son pari en signant un film touchant et sensible qui séduit par sa grande beauté et l’humanité qui s’en dégage.

On connaît tous l’histoire du roman Ru. Dans ce récit autobiographique qu’elle a écrit il y a une quinzaine d’années, Kim Thúy raconte son enfance à Saigon, son parcours de réfugiée vietnamienne et son arrivée au Québec durant la vague des boat people, à la fin des années 1970. 

Le livre, publié en 2009 chez Libre Expression, a connu un énorme succès: plus de 540 000 exemplaires vendus dans une quarantaine de pays dans le monde.

Il allait de soi que ce roman qui a conquis un large public serait un jour porté à l’écran, même s'il a souvent été qualifié d’inadaptable en raison de sa forme (le livre est constitué de très courts récits qui ne suivent pas un ordre chronologique).

Un Québec accueillant

Dans le film, l’histoire est racontée à travers les yeux de Tinh (émouvante Chloé Djandji), une jeune vietnamienne – et l’alter ego de Kim Thúy – qui débarque au Québec dans les années 1970 après avoir fui son pays natal pour échapper à la persécution. 

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On les suivra, elle et sa famille, pendant leurs premiers mois au Québec, en plein hiver, alors qu’ils tenteront de s’adapter à leur nouveau milieu de vie.

Travaillant à partir d’un scénario écrit par Jacques Davidts, Charles-Olivier Michaud (Anna, Snow and Ashes) explore avec humanité les défis de l’intégration en montrant un Québec accueillant et bienveillant. 

Cette générosité québécoise est incarnée notamment par les personnages de Lisette et Normand (Karine Vanasse et Patrice Robitaille), un couple qui propose de parrainer la famille de nouveaux arrivants, et qui le fait avec un mélange attendrissant de gentillesse et de maladresse.  

Le film touche droit au cœur, mais impressionne aussi par ses belles qualités visuelles (dont la superbe direction photo de Jean-François Lord) et sa poésie mélancolique. La magnifique trame musicale de Michel Corriveau épouse parfaitement les scènes dramatiques les plus marquantes du film.

Sur le plan technique, Charles-Olivier Michaud a réussi un tour de force en reconstituant à Montréal l’appartement de l’enfance de Kim Thúy à Saigon, mais aussi la longue et difficile traversée en mer de la famille vietnamienne, cachée dans la cale d'un bateau. 

Ces scènes racontées sous la forme de retours en arrière s’avèrent particulièrement puissantes et déchirantes, surtout quand on pense aux millions de personnes qui vivent actuellement des drames similaires ailleurs dans le monde.

En entrevue au Journal récemment, Kim Thúy disait s’être donné une mission dans la vie: celle de partager la beauté. Charles-Olivier Michaud a certainement bien respecté le désir de l’autrice en signant cette adaptation cinématographique fort réussie de son livre.


Note : 3,5 sur 5. Ru, un film de Charles-Olivier Michaud avec Chloé Djandji, Jean Bui, Chantal Thuy et Karine Vanasse.

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