Tous les résultats
Publicité

Critique du film «Passenger»: un voyage vers l’horreur sur une route parsemée de nids-de-poule

Photo fournie par Paramount Pictures
Photo portrait de Bruno Lapointe

Bruno Lapointe

2026-05-22T23:00:00Z

Partager

Même le plus doué des cinéastes ne peut rescaper un scénario anémique. La preuve : Passenger, un film divertissant, mais constamment dérouté par les nombreux nids-de-poule laissés derrière par ses auteurs. 

Première offrande d’André Øvredal depuis The Last Voyage of the Demeter, Passenger voit le cinéaste reprendre une prémisse similaire – celle du passager clandestin – en la transposant cette fois sur la route plutôt que sur l’eau.

Cette fois-ci, on fait la connaissance d’un couple ayant récemment adopté la van life et traversant les États-Unis afin d’apprivoiser ce nouveau mode de vie. Mais lorsqu’ils sont témoins d’un accident de la route, les amoureux décident de s’arrêter pour tenter de porter secours au conducteur.

Lorsqu’ils reprennent finalement le volant, ils ne sont plus seuls : une entité mystérieuse – et, évidemment, malveillante – s’est accrochée à eux. Et elle a la ferme intention de les tourmenter violemment.

Quelques sursauts

Encore une fois, André Øvredal tient fermement les ficelles du récit qu’il pilote, les maniant à sa guise pour faire sursauter son auditoire avec une aisance admirable. Son talent pour créer des ambiances glauques et profondément angoissantes demeure indéniable ; une séquence empruntant les images du classique Roman Holiday de William Wyler vaut d’ailleurs assurément le détour.

Publicité

Le cinéaste est toutefois particulièrement mal servi par le scénario de T.W. Burgess et Zachary Donohue – ce dernier nous avait pourtant offert la petite pépite horrifique The Den. Car après un préambule délicieusement anxiogène et rempli de promesses, les auteurs peinent à trouver leur vitesse de croisière.

Une longue mise en place des protagonistes vient mettre la patience des cinéphiles à rude épreuve tant on tarde à entrer dans le feu de l’action. Et même une fois le récit véritablement lancé, une certaine maladresse continue de plomber l’ensemble.

Mythe sous-exploité 

Ce mystérieux passager, amalgame de différentes légendes urbaines, n’impressionne d’ailleurs jamais particulièrement sur le plan visuel. Les amateurs d’épouvante ont vu maintes fois des créatures semblables, notamment dans The Bye Bye Man, navet notoire datant de 2017. Son mythe, lui, n’est qu’effleuré en surface, alors qu’il aurait grandement mérité d’être davantage exploité, ne serait-ce que pour donner un peu plus de poids à l’épouvante.

Bref, on ressort de Passenger avec le souvenir de quelques scènes efficaces, mais bien peu de frissons ou d’effroi véritable. Et non, on n’y songera probablement même pas la prochaine fois qu’on empruntera une route isolée au beau milieu de la nuit.

Passenger ★★☆☆☆

Un film d’André Øvredal. Avec Lou Llobell, Jacob Scipio et Melissa Leo. À l’affiche.

Publicité
Publicité