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Critique du film «Le jeu du défi»: une satire férocement efficace

Photo DE ROSS FERGUSON FOURNIE PAR PARAMOUNT PICTURES

Isabelle Hontebeyrie

2025-11-14T00:00:00Z

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Retrouver l’essence de The Running Man, le roman de Stephen King paru en 1982, tel est le pari réussi du génial Edgar Wright qui s’appuie sur une distribution composée de Glen Powell, Michael Cera, Josh Brolin, Colman Domingo et Lee Pace. 

Dans ce futur proche, les États-Unis sont une dictature. La société est divisée en deux classes: les riches et les pauvres. À la télé, une émission fait fureur et rassemble tout le monde devant son écran: The Running Man. Le but est simple: il suffit de survivre à une traque mondiale pendant 30 jours pour devenir milliardaire.

Photo DE ROSS FERGUSON FOURNIE PAR PARAMOUNT PICTURES
Photo DE ROSS FERGUSON FOURNIE PAR PARAMOUNT PICTURES

Ben Richards (Glen Powell) a besoin d’argent pour faire soigner sa fille, gravement malade. Comme il s’est fait mettre dehors de tous ses emplois, il ne lui reste plus qu’une solution: participer à n’importe quelle émission de téléréalité pour gagner les dollars nécessaires. Au terme d’un processus de sélection qu’il réussit haut la main et d’un entretien avec Dan Killian (Josh Brolin), Ben se retrouve concurrent à The Running Man. Le voilà donc proie avec, à ses trousses, une armée de chasseurs redoutables dont Evan McCone (Lee Pace).

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Avec la dextérité visuelle qu’on lui connaît (admirée dans Une dernière nuit à Soho), Edgar Wright utilise cette base pour créer un univers saturé de la violence de ce monde dystopique. En fin cinéphile, le Britannique joue avec nos nerfs et notre imagination (ce qu’il avait fait avec brio et originalité avec son Baby le chauffeur), le personnage de Michael Cera valant, à lui seul, le détour.

Photo DE ROSS FERGUSON FOURNIE PAR PARAMOUNT PICTURES
Photo DE ROSS FERGUSON FOURNIE PAR PARAMOUNT PICTURES

Mais l’aspect le plus intéressant de ce Jeu du défi de 133 minutes est sans doute le mélange improbable de l’action, du commentaire social et politique, ainsi que de la satire féroce de la téléréalité et de la violence.

Loin d’être un simple blockbuster d’action, le film se révèle être une œuvre prophétique. La dystopie, écrite par Stephen King il y a plus de quatre décennies, est utilisée par Edgar Wright pour exposer les maux de notre société contemporaine, et l’on ne pourra s’empêcher d’y trouver un écho actualisé du brillant Fight Club de David Fincher.

Réussite éclatante, cette nouvelle lecture plus sombre et plus politique du classique de Stephen King est plus pertinente que jamais.

Note: 4 sur 5

Le jeu du défi se déploie dans les salles de cinéma dès le 14 novembre.

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