Critique du film d’horreur «Obsession»: un «Fatal Attraction» un brin surnaturel... et sur les stéroïdes


Bruno Lapointe
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Tordu, imprévisible et franchement dérangeant, Obsession est la surprise que les amateurs d’émotions fortes attendaient depuis longtemps.
Le jeune Baron – « Bear », pour les intimes – est épris en silence de son amie Nikki depuis plusieurs années. Mais, de nature timide et maladroite, il n’a jamais eu le courage de lui avouer ses sentiments. Un jouet trouvé dans une boutique mystique semble toutefois lui offrir un coup de pouce en lui promettant d’exaucer l’un de ses vœux.
Et ça fonctionne... peut-être trop bien.
Car si sa dulcinée tombe follement amoureuse de lui, elle adopte également un comportement obsessionnel et erratique, voire carrément violent.
Pour l’amour de l’horreur
Débarqué en trombe dans le milieu de l’épouvante avec le phénomène viral Milk & Serial en 2024 –, le court film d’une heure cumule près de 2,5 millions de visionnements dans YouTube –, le réalisateur et scénariste Curry Baker impressionne avec ce premier long métrage, où il démontre à la fois son amour du cinéma d’horreur et sa maîtrise évidente de ses codes.

Capable de créer des ambiances oppressantes et des malaises palpables, le cinéaste de 26 ans s’amuse à subvertir les attentes des amateurs du genre les plus aguerris, jouant avec leurs nerfs avec une adresse stupéfiante. Son utilisation de la violence – ultra-graphique, mais employée avec parcimonie – lui permet d’en maximiser l’impact et de marquer au fer rouge les cinéphiles.
Des interprètes solidement ancrés
Certes, le réalisateur s’appuie parfois sur des procédés éculés pour faire sursauter son public. Et oui, il semble momentanément perdre le contrôle de son navire dans les dernières minutes. Mais même lorsqu’il s’égare, l’intérêt subsiste grâce à ses interprètes, solidement ancrés dans cette folie malsaine.
Michael Johnston incarne avec énormément de naturel ce personnage principal à la fois charismatique et douloureusement introverti. Mais c’est surtout Inde Navarrette qui porte sur ses épaules tout le poids narratif d’Obsession. Et elle le fait avec brio.
Incroyablement convaincante dans la peau de cette jeune femme instable et obsessionnelle, elle livre une performance habitée qui pourrait bien lui ouvrir les portes de nombreux autres projets horrifiques.
Bref, Obsession nous rappelle qu’il faut parfois se méfier de nos souhaits, mais surtout que le cinéma d’horreur bénéficie d’une relève particulièrement prometteuse, autant devant que derrière la caméra.
Obsession ★★★ 1/2
Un film de Curry Baker. Avec Michael Johnston, Inde Navarrette et Cooper Tomlinson. À l’affiche.