Critique de «Dune: deuxième partie»: Denis Villeneuve signe un grand classique du cinéma de science-fiction

Maxime Demers et Isabelle Hontebeyrie
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Denis Villeneuve ne plaisantait pas quand il a promis une suite de Dune plus ambitieuse et «plus musclée». Au sommet de son art, le cinéaste québécois s’est surpassé en réalisant une deuxième partie encore meilleure que la première, une œuvre épique, spectaculaire et grandiose qui deviendra, à coup sûr, un classique du cinéma de science-fiction.
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La maîtrise technique de Denis Villeneuve était déjà impressionnante dans le premier volet de Dune, sorti en 2021. Elle l’est encore plus pour cette suite, entièrement tournée en IMAX, qui répond magistralement à toutes les attentes.
En imprimant sa vision artistique dans chaque plan de Dune: deuxième partie, Villeneuve fait sienne l’œuvre de Frank Herbert et la rend accessible au plus grand nombre. Reprenant l’action là où le film précédent nous a laissés, ce deuxième chapitre se concentre sur la destinée de Paul Atréides (Timothée Chalamet), sa relation avec Chani (Zendaya), celle avec sa mère, Dame Jessica (Rebecca Ferguson), et son désir de se venger du Baron Vladimir Harkonnen (Stellan Skarsgard), le tout raconté par la princesse Irulan (Florence Pugh).
- Écoutez la revue de presse commentée par Alexandre Dubé via QUB :
Continuant dans la même veine visuelle que le premier opus, Denis Villeneuve épure. On ne trouve aucune trace des descriptions colorées du Sietch Tabr, des excès charnels du Baron, des détails de la vie sur la planète Giedi Prime. Aussi, plusieurs personnages secondaires ont disparu, comme le Comte Fenring, époux de Margot Fenring (Léa Seydoux).
Ces décisions, loin de nuire, permettent au cinéphile (surtout celui qui n’est pas familier avec la saga de Frank Herbert) de se concentrer sur le destin que Paul doit affronter.

Encore plus d’action
Moins lente et contemplative que le premier opus, cette suite est plus directement axée sur l’action et entre plus rapidement dans le vif du sujet. Dune : deuxième partie déborde de scènes d’actions époustouflantes et de combats intenses, rythmés par la musique puissante du grand Hans Zimmer. Épique et trépidante, la dernière heure du film vous tiendra rivé sur le bout de votre siège.
Plutôt que de surcharger l’écran d’informations visuelles, Villeneuve va au minimum, assurant ainsi un effet maximum à chacun de ses plans, comme lors de ces scènes spectaculaires et audacieuses des combats de gladiateurs contre Feyd-Rautha (Austin Butler remarquable dans un rôle qu’il habite totalement) qu’il ose tourner en infrarouge afin d’obtenir un noir et blanc riche et texturé.
L’audace du cinéaste se traduit également dans son choix d’embaucher un linguiste afin de faire parler ses acteurs en Chakobsa (la langue des Fremen) et de sous-titrer le tout, une initiative impensable il y a quelques années à Hollywood.
Les scènes entre Paul Atréides et Chani, surtout celles de la première moitié du long métrage, sont les plus fortes émotionnellement. La naissance de leur amour, la découverte de la culture Fremen par Paul et son adaptation à cette vie de fugitif sont autant de moments particulièrement émouvants, le désert servant de décor majestueux et imposant à des sentiments magnifiés.
Une belle maturité

Timothée Chalamet fait d’ailleurs preuve d’une maturité impressionnante dans son jeu. Après avoir campé un Paul Atréides plus fragile dans le premier film, l’acteur franco-américain livre une performance beaucoup plus complexe et assurée cette fois-ci qui lui permet de tenir tête aux acteurs chevronnés que sont Javier Bardem, Charlotte Rampling et Christopher Walken.
Le scénario du cinéaste et de Jon Spaihts élague également l’aspect politique et spirituel de l’œuvre romanesque afin de la rendre plus apte à séduire les cinéphiles actuels. La bannière des Atréides perd ses couleurs vertes et noires au profit d’un marron neutre, le terme «jihad» est absent, on notera une seule mention de «guerre sainte», pourtant au cœur du dilemme de Paul et de sa volonté de ne pas accomplir son destin.
De la même manière, Alia, fillette de deux ans, ne tue pas le Baron sauvagement, qui, lui, cesse d’être amateur de jeunes garçons. Mais cela ne dérange pas du tout, car, en capturant efficacement l’essence du roman, ce Dune: deuxième partie devient instantanément un grand classique du cinéma de science-fiction.
Note: 4,5 sur 5. Dune: deuxième partie, un film de science-fiction avec Timothée Chalamet, Zendaya, Rebecca Ferguson et Austin Butler. À l’affiche le 1er mars.