Crise au Venezuela: un pas dans la bonne direction malgré l’inquiétude qui persiste
Des membres de la communauté de Québec s’expriment

Diane Tremblay
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Des Vénézuéliens de la région de Québec estiment que l’éviction du pouvoir présidentiel de Nicolas Maduro est une bonne chose, bien que la suite du chapitre soit plutôt incertaine.
«Ce qu’il faut comprendre, c’est que le Venezuela est occupé depuis plusieurs années. Il est sous contrôle d’un régime criminel et il est également occupé par les intérêts chinois, russes et iraniens qui contrôlent l’ensemble des ressources. À partir de là, est-ce que je condamne les agissements des États-Unis? Pas du tout», a affirmé Alvaro Peressutti qui est arrivé au Québec en 2001.
La communauté vénézuélienne de Québec, qui regrouperait près de 200 membres, est sur le qui-vive depuis la capture du président Maduro.
«Nicolas Maduro est à la tête d’un gouvernement qui est contre les droits de l’homme et qui a commis plusieurs crimes de guerre depuis plusieurs années», a ajouté M. Peressutti.

Selon lui, la police est toujours loyale à son gouvernement.
«Les gens ne s’expriment plus librement d’aucune manière. Est-ce que je suis content que Maduro fasse face à la justice? La réponse est oui. Est-ce que la façon dont les États-Unis se sont pris me convient? La réponse est non. Le problème est toujours là.»
D’après M. Peressutti, il s’agit tout de même d’un pas dans la bonne direction.
«Reste à définir c’est quoi la suite des choses. Je ne peux pas croire qu’on a fait tout ça pour ne pas continuer. Cependant, les intentions des États-Unis ne sont pas claires. (...) Il ne s’agirait pas d’un geste motivé par un principe moral visant à libérer le Venezuela d’un narco-État. L’intervention semble plutôt répondre à des intérêts transactionnels pour les Américains.»
Situation difficile
Le résident de Québec s’inquiète de la situation économique des Vénézuéliens qui est déjà très difficile là-bas, tout comme sa compatriote Claudia Carrera, qui est établie au Québec depuis 25 ans elle aussi.
«On est content parce qu’il y a des choses qui se passent. On a finalement réussi à se débarrasser d’un narcotrafiquant comme Maduro, mais, en même temps, on a beaucoup d’inquiétude encore. On reste vigilant. On reste à l’écoute des nouvelles pour voir ce qui va se passer ensuite», a réagi Mme Carrera.

Si elle demeure inquiète aujourd’hui, Mme Carrera l’était encore plus avant l’intervention des Américains au cours des derniers jours.
«Les gens, qui [le] pouvaient, ont quitté le pays parce qu’ils ne trouvaient pas de travail ou qu’ils étaient mal payés. Pour les gens qui sont restés, la vie était très dure», a-t-elle dit.
«On ne sait pas combien de temps va durer la présence américaine. Ce qu’on souhaite, c’est que le pays soit capable de se gérer lui-même, qu’on ait notre gouvernement et qu’on reconnaisse la présidence de M. Gonzalez [Edmundo] qui a gagné les dernières élections. Ce qu’on souhaite, c’est le retour à la démocratie et à une vie normale. Si les États-Unis sont là en ce moment, on espère que ça sera temporaire», a indiqué Mme Carrera en terminant.
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