Crime organisé: répercussions sur le marché québécois de la cocaïne après l’arrestation du président Maduro aux États-Unis
La mise en accusation du président du Venezuela pour trafic de drogue aux États-Unis pourrait avoir des répercussions jusqu’au Québec, où le crime organisé s’approvisionne largement en cocaïne dans ce pays d’Amérique du Sud

Eric Thibault
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Le Venezuela, dont le président déchu a comparu devant la justice américaine cette semaine, s’impose parmi les principaux pays où les narcotrafiquants du Québec, dont l’«El Chapo canadien», Ryan James Wedding, s’approvisionnent en cocaïne depuis plusieurs décennies.
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L’arrestation-choc de Nicolas Maduro, accusé d’avoir facilité le trafic de plusieurs milliers de tonnes de cocaïne aux États-Unis depuis 1999, pourrait donc avoir des répercussions sur ce marché clandestin à Montréal et ailleurs en sol québécois.

«Le Venezuela est devenu un refuge pour les narcotrafiquants», allèguent les autorités américaines dans l’acte d’accusation de 25 pages déposé contre le président «corrompu», lundi, à New York.
«Partenaire» du cartel de Sinaloa
Maduro aurait ainsi contribué à inonder les États-Unis de cocaïne, depuis l’Amérique du Sud, «en partenariat avec des organisations narcoterroristes», comme les guérillas colombiennes et les cartels mexicains de la drogue, selon les procureurs fédéraux américains.
D’après ce document judiciaire, l’un de ces cartels est justement celui de Sinaloa, autrefois dirigé par Joaquin «El Chapo» Guzman.

Selon le FBI, le cartel de Sinaloa assurerait maintenant la protection de son lieutenant canadien Wedding, qui, en cavale au Mexique, fait néanmoins parvenir pour un milliard de dollars en coke par année chez nos voisins du Sud.

Des «tonnes à faire sortir» de là
C’est d’ailleurs au Venezuela que l’organisation de cet ancien athlète olympique de surf des neiges allait chercher des quantités astronomiques de drogue à l’époque où Wedding avait fait de Montréal son quartier général, entre 2013 et 2015.

C’était bien avant qu’il soit traqué par le FBI, qui offre maintenant une récompense de 15 millions $US (20,7 M$ CAN) pour sa capture.

À ce moment, un agent double de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui avait infiltré son réseau, s’était fait dire par l’un des associés de Wedding «qu’il avait 15 tonnes de cocaïne à faire sortir du Venezuela dès que possible et que ses gars étaient prêts», selon des documents de cour.
Source prisée des «Narcos P.Q.»
D’après une compilation de notre Bureau d’enquête, tous les groupes criminels dominants du monde des «Narcos P.Q.» ont fini par se faire saisir des centaines de kilos de poudre blanche qu’ils tentaient d’importer en provenance du Venezuela.

Et ce, depuis une trentaine d’années.

Parmi eux, on compte notamment le caïd Raynald Desjardins et les Hells Angels en 1994, plusieurs mafieux du clan Rizzuto visés dans l’opération Colisée de 2006 ainsi que deux émissaires du Gang de l’Ouest qui transportaient une tonne et demie de cocaïne destinée au Québec à bord d’un voilier à l’été 2018.

– Avec Jean-Louis Fortin, Félix Séguin et Philippe Langlois, Bureau d’enquête
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