Crampe au cerveau

Marc de Foy
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Les statistiques diront que les Hurricanes méritaient la victoire, lundi soir, au Centre Bell. Mais quelle triste fin de match quand même pour le Canadien et ses partisans.
Pour une deuxième rencontre consécutive, le Tricolore a rendu les armes en prolongation, malgré une maigre récolte de 12 tirs au but.
Cette défaite était sa cinquième en sept matchs à domicile dans les séries. De quoi se demander si l’ambiance endiablée qui règne dans l’amphithéâtre ne stimule pas autant les équipes adverses qui débarquent à Montréal.
Mais il faut reconnaître le talent des Hurricanes. Ils sont toujours sur la rondelle et ils ne donnent pas beaucoup d’air au Canadien. Ils jouent comme une équipe déterminée à atteindre la grande finale après deux éliminations en trois ans en finale de l’Association de l’Est.
Pauvre Lane !
Le sort a voulu que Lane Hutson soit le bouc émissaire de cette défaite, lui qui avait créé l’égalité en deuxième période à la suite d’un jeu superbement orchestré par Cole Caufield et nul autre que Jakub Dobes, qui a encore gardé les siens dans le match malgré la tourmente.
Patinant avec la rondelle, le jeune défenseur a servi une passe à sa ligne bleue directement sur le bâton de Seth Jarvis, qui a ensuite remis la rondelle à Andrei Svechnikov.
Avec Sebastian Aho devant lui, Dobes n’a rien vu.
C’était comme si Hutson avait eu une crampe au cerveau. Quelques instants plus tôt, il avait encaissé, d’ailleurs, une solide mise en échec dans le coin de la patinoire. Il semblait un peu ébranlé quand il s’est relevé. Il a replacé son casque et est resté sur la glace.
Mais on ne blâmera pas le jeune. Il se sent déjà assez mal comme ça. Avec tous les services qu’il rend à son équipe, ce serait injuste de le prendre en grippe.
Ce sont des choses qui arrivent et il s’en remettra.
Position inconfortable
Reste à voir comment le Canadien se relèvera. Ses habitudes de travail ne sont pas le problème.
Les hommes de Martin St-Louis donnent tout ce qu’ils ont. Ils jouent avec leurs tripes, mais ils font face à une formation aguerrie et rapide.
Leur système de jeu est au point. Ils rappellent les belles années des Devils du New Jersey sous Jacques Lemaire et ses successeurs comme Larry Robinson et Pat Burns. Ils ne sont pas faciles à affronter.
Si tout demeure possible pour le Canadien à ce stade de la série, il reste qu’il se retrouve précaire de la façon dont les Hurricanes jouent.