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Un test positif ruine le mondial de Laurent Dubreuil

Photo d'archives, Didier Debusschère

Richard Boutin

2022-03-04T16:11:24Z
2022-03-05T03:35:07Z

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À quelques heures de réaliser un de ses grands objectifs de carrière, Laurent Dubreuil a contracté le COVID-19 et il a été forcé de se retirer du championnat mondial sprint alors qu’il occupait le premier rang après une journée de compétition.

«J’ai l’impression de m’être fait voler un titre de champion du monde, a déclaré Dubreuil vendredi midi lors d’une rencontre virtuelle avec les médias canadiens. Je n’ai aucun doute que j’aurais gagné. Personne ne pouvait me battre, mais la COVID-19 a réussi. Ce n’est la faute à personne ni la mienne parce que j’ai pris toutes les précautions nécessaires, mais je suis vraiment déçu.»

Parce qu’il changeait de pays et partait pour les Pays-Bas, samedi, en prévision des finales de la Coupe du monde qui auront lieu en fin de semaine prochaine, Dubreuil a subi un test PCR, vendredi matin, contrairement aux journées précédentes où seulement un test rapide était nécessaire.

«Si j’étais parti une journée plus tard pour les Pays-Bas, je serais sur la glace, a-t-il expliqué alors qu’il regardait au même moment les premières paires de l’épreuve du 500m. Mon test rapide était négatif tout comme le deuxième. Je ne pouvais pas croire que mon PCR était positif. J’étais sous le choc quand les entraîneurs m’ont appris la nouvelle. Mes deux tests PCR précédents avant ceux d’aujourd’hui [vendredi] étaient revenus négatifs.»

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Un deuxième test PCR a donné le même résultat. Dubreuil a aussi subi un test pour mesurer les valeurs CT. Le résultat a été jugé trop bas par les médecins qui lui ont interdit de prendre le départ. Des valeurs basses signifient que la personne est contagieuse.

«Je me sens bien, je n’ai aucun symptôme et je suis convaincu que j’aurais pu connaître d’aussi bonnes courses que jeudi et que mes résultats auraient été comparables, a souligné le médaillé d’argent des Jeux olympiques de Pékin sur 1000m. On m’a retiré non pas pour ma santé, mais pour éviter que je le donne aux autres. J’avais les jambes pour gagner en arrivant en Norvège et je l’ai prouvé lors de la première journée.»

Aucune mesure sanitaire

La réalité norvégienne et européenne dans son ensemble est fort différente de celle au Québec. «Il n’y a plus aucune mesure en Europe, a-t-il résumé. Les gens se promènent comme si le COVID-19 n’existait plus. Le personnel de l’hôtel ne porte pas de masque. Tu as beau faire attention, mais si un employé éternue dans le buffet tu peux attraper le virus. Les athlètes sont plus à risque.»

Dans sa préparation pour les Jeux, Dubreuil avait pris toutes les mesures possibles pour réduire les risques, prudence qu’il avait conservée depuis son arrivée en Europe. «Mon épouse a fait du télétravail pendant un mois et demi avant mon départ pour la Chine et on a retiré notre fille de la garderie pour la même période, a-t-il raconté. Un cas positif aurait été encore plus décevant aux Jeux, mais il n’y avait pas de risque puisque nous étions dans une bulle très étanche.»

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En plus de Dubreuil, deux autres patineurs ont contracté le virus depuis leur arrivée à Hamar et ils ont eux aussi dû se retirer des mondiaux. Il s’agit de l’Estonien Marten Liiv et du Britannique Cornelius Kersten qui avaient bien fait lors du 1000m des Jeux de Pékin en terminant respectivement en 7e et 9e position.

Un titre qui lui tenait énormément à cœur

L’objectif de remporter une médaille d’or au championnat mondial sprint se trouvait tout en haut de la liste des priorités de Laurent Dubreuil.

«S’il y a un mondial que je voulais gagner, c’est bien celui-ci, a déclaré Dubreuil. Ce titre est plus important pour moi que ma victoire sur 500 m au mondial par distance l’an dernier. Remporter l’or au mondial sprint signifie que tu es polyvalent, constant et le championnat a aussi un plus grand historique ayant débuté en 1972 comparativement à 1996 pour le mondial par distance.»

À chaque deux ans

La déception est d’autant plus grande que l’événement se déroule maintenant tous les deux ans au lieu d’être disputé sur une base annuelle.

«À quel endroit je serai dans ma carrière dans deux ans, s’est questionné Dubreuil. Est-ce que je serai encore assez bon pour viser la victoire? J’avais une opportunité en or de gagner cette année. J’ai travaillé tellement fort pour améliorer mon 1000 m au fil des ans et j’étais maintenant au niveau pour rivaliser.»

S’il devra passer quelques jours en confinement en Norvège, Dubreuil souhaite toutefois pouvoir prendre le départ des finales de la Coupe du monde présentées les 12 et 13 mars à Heerenveen aux Pays-Bas.

«En Europe, les règles sont plus souples que pour rentrer au Canada et je m’attends à pouvoir patiner. Il y a un Néerlandais qui a contracté le virus dans son pays il y a cinq ou six jours et il pourra patiner demain [samedi]. J’espère faire la même chose dans le chemin inverse. Ça serait trop décevant de terminer ma saison sur cette note.»

«Participer à de vraies courses et gagner une médaille ou deux ne me ferait pas oublier ma déception, de poursuivre le meneur au classement cumulatif de la Coupe du monde sur 500 m, mais ça mettrait un baume.»

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