Tous les résultats
Publicité

COVID-19: des Québécois refusent le sang des donneurs vaccinés

Photo fournie par Héma-Québec
Photo portrait de Francis Pilon

Francis Pilon

2022-12-09T21:00:00Z

Partager

Des Québécois préfèrent mettre leur santé en péril plutôt que de recevoir du sang qui provient d’un donneur vacciné contre la COVID-19, mais leurs craintes, non fondées, sont contaminées par la désinformation selon les experts.  

«Des patients ont refusé de recevoir du sang de donneurs ayant été vaccinés contre la COVID-19, et ce, même si cela devait avoir pour conséquence de reporter ou d’annuler une intervention chirurgicale pour laquelle la transfusion de sang était probable», confirme Robert Maranda, porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).

Durant les derniers mois, ce type de situation a été rapporté au ministère par des représentants du réseau de la santé et des services sociaux du Québec. Malheureusement, aucune organisation interrogée par Le Journal ne possède de statistiques pour chiffrer le phénomène.

«Nous ne disposons pas non plus de l’information concernant les demandes en produits sanguins qui ne sont pas transfusés à la suite d’un refus par l’usager, peu importe la raison», ajoute le MSSS. 

Photo fournie par Héma-Québec
Photo fournie par Héma-Québec

Publicité

Des marginaux

Le CHU Sainte-Justine, le CHU de Québec, Héma-Québec et l’Association des médecins hématologues et oncologues du Québec ont tous indiqué avoir eu des échos de leurs professionnels de la santé confrontés à ce type de refus. 

«Il s’agirait toutefois d’un phénomène extrêmement marginal», précise Michèle Schaffner-Junius, du CHU de Québec.  

Le constat est le même pour Josée Larivée, chargée des relations médias pour Héma-Québec, qui entend parler de cette situation «de manière rare et ponctuelle». 

«Du côté d’Héma-Québec, la vaccination ne constitue pas un critère d’exclusion», explique Mme Larivée. «Les produits sanguins récoltés sont donc mis en réserve commune en fonction du groupe sanguin et du rhésus auxquels ils appartiennent, sans égard au fait que le donneur soit vacciné ou non contre la COVID-19.»

Elle rappelle que les vaccins autorisés par Santé Canada, comme ceux contre la COVID-19, n’entraînent pas d’interdiction au don de sang. Notons qu’Héma-Québec n'interroge pas les donneurs sur leur statut vaccinal. Il est donc impossible de demander du «sang non vacciné». 

Photo fournie par Héma-Québec
Photo fournie par Héma-Québec

Sans aucun danger

Le Dr Martin A. Champagne, président de l’Association des médecins hématologues et oncologues du Québec, soutient que la demande de cette minorité de patients n’a pas de sens. 

«Il faut savoir qu’une personne infectée à la COVID a bien plus d’ARN dans son sang que les gens vaccinés qui n’ont pas fait la maladie», affirme le Dr Champagne, qui souligne l’incohérence de leurs propos. 

Publicité

Ce dernier mentionne aussi que la charge d’ARN dans les vaccins contre cette maladie disparaît du sang quelques heures après l’injection.

«Il n’y a aucune logique scientifique là-dessus. C’est complètement sécuritaire et il n’y a pas de danger. Il n’y a aucun risque à recevoir une transfusion de sang de personnes vaccinées», garantit le médecin spécialiste des maladies du sang. 

Photo Martin Alarie
Photo Martin Alarie

Le MSSS note d’ailleurs qu’aucune transmission de la COVID-19, via une transfusion, n’a été documentée à ce jour dans le monde.

«Également, aucun effet indésirable relié à une transfusion de produits sanguins provenant de donneurs vaccinés n’a été documenté», ajoute le ministère.

Rappelons que 84,5 % des Québécois ont déjà reçu deux doses de vaccins contre la COVID-19 à ce jour. 

  • Écoutez l'entrevue avec le Dr Marc Germain, Vice-président affaires médicales et innovation chez Héma-Québecn sur QUB radio :

La vie d’un bébé en jeu

Au cours des dernières semaines, des médecins de l’Alberta ont sonné l’alarme dans un article de Radio-Canada, constatant une hausse de patients refusant les dons de sang provenant de personnes vaccinées. Plusieurs ont évoqué le risque encouru par ces individus, par exemple en cas d’hémorragie durant l’accouchement.

Et qui est responsable de cette situation dans cette province? La désinformation liée à la COVID-19 et aux vaccins, selon les médecins et experts interrogés dans ce texte. 

En Nouvelle-Zélande, la situation est loin d’être plus rose. Les autorités locales ont fait les manchettes mardi après avoir demandé à la justice de leur confier la garde d’un bébé en lien avec cette situation. Les parents du nourrisson de quatre mois s’opposent à une opération chirurgicale destinée à lui sauver la vie.

Ils craignent en effet que leur enfant reçoive une transfusion de donneurs vaccinés contre la COVID-19. Leur demande a finalement été rejetée. Comme au Québec, les hôpitaux de Nouvelle-Zélande ne séparent pas le sang des donneurs vaccinés ou non. «Aucune de ces deux catégories ne présentant plus de risques que l’autre», certifient à nouveau les experts consultés par l’AFP.

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Publicité
Publicité