Course sprint du Grand Prix du Canada: victoire de George Russell et tensions chez Mercedes

François-David Rouleau
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Kimi Antonelli est en beau fusil par ce bel après-midi à Montréal. Le meneur au classement du Championnat des pilotes et son coéquipier chez Mercedes, George Russell, ont franchement animé le spectacle de la première course sprint au GP du Canada. Des commentaires du jeune pilote et son grand patron, Toto Wolff, sur les ondes radio durant l’épreuve, laissent entrevoir des discussions animées !
S’étant élancé de la première place sur la grille de départ, Russell a gardé sa position durant les 23 tours, non pas sans suer devant les attaques répétées de son coéquipier qui a tout tenté pour le dépasser.

Au premier virage du 6e tour des 23 tours, Antonelli a lancé une attaque par l’extérieur dans les « S de Senna ». Russell a défendu sa position alors que le jeune avait placé sa roue avant gauche à la hauteur de celle d’avant droit du vétéran. Les deux Flèches d’argent se sont touchées. Le Britannique de 28 ans a conservé la tête alors que l’Italien de 19 ans a continué à le talonner.

Une autre manœuvre osée au 8e virage, quelques secondes plus tard, l’a forcé à une excursion hors-piste. Antonelli a donc vu Lando Norris passer devant.
George le vilain ?
Dans son cockpit, Antonelli bouillait tant qu’il a qualifiée de « vilaines », les manœuvres de son coéquipier sur la radio. Il en a rajouté en souhaitant que les officiels décernent une pénalité.
Et alors que son ingénieur de course, Peter « Bono » Bonnington, lui demandait de garder son calme, le « kid » en a rajouté une couche. Wolff lui a donc dit une première fois de se concentrer sur la course plutôt que de se plaindre sur les ondes.

Mais « Kimi » n’a pu s’empêcher d’exprimer toute sa frustration sur la course avec son coéquipier. « Si nous devons compétitionner comme ça. C’est bon à savoir », a-t-il lâché sur les ondes. Wolff a aussitôt répliqué en demandant à son jeune pilote d’arrêter et qu’ils trouveront une solution à leur chicane de clocher en privé plutôt que des millions de téléspectateurs.
Pas de contact !
Mercedes a émis la consigne claire que ses deux pilotes doivent courser, mais doivent le faire proprement. Sans entrer en contact. Wolff a dû l’expliquer en allemand, puisque l’Italien et le Britannique n’ont rien compris.

« Dans nos rencontres, on donne des instructions. Clairement, on veut chacun gagner. Mais peut-être que l’on comprend les choses différemment, a indiqué Antonelli en conférence de presse. J’étais agacé dans le cockpit. On va revoir les séquences et en reparler. »
De glace et semblant au-dessus de la mêlée, Russell, lui, a tapé sur le même clou dès qu’il est sorti de la voiture. Il estime qu’en n’ayant même pas attiré une investigation des officiels sur son pilotage dans les attaques de son coéquipier, il n’a rien à se reprocher. Il voulait aussi visionner les séquences pour s’en faire une meilleure idée.
Du moment où ils sont sortis de leur voiture, les deux pilotes se sont donné une sèche poignée de main et ne se sont lancé aucun regard en conférence de presse.


Lando en rit
Pris en sandwich entre les deux, Norris a paru amusé. Il est passé par là l’an dernier puisque sa relation avec Oscar Piastri était plutôt tendue dans la bataille au championnat. Il faut rappeler qu’en fin de course à Montréal, Norris avait touché l’autre McLaren tout juste après la ligne de départ.
En entrevue au micro de la F1, Wolff a tenté de faire baisser la chaleur sur son équipe.
« On peut apprendre de cette façon et évaluer des stratégies en piste, a-t-il philosophé alors qu’il n’a pas apprécié avoir répété à son poulain de conserver son calme et de se fermer le clapet. Il y a aussi beaucoup d’émotions en course.
« C’est correct une fois, mais il doit comprendre. Je ne veux pas retenir Kimi et je respecte qu’il ne soit pas content. Je veux qu’il reste agressif.
« Je ne veux pas le changer. On apprend aux jeunes à être égoïstes pour faire leurs preuves dans le sport automobile. Mais quand ils arrivent en F1, on leur apprend aussi à jouer en équipe pour le bien de l’écurie. »