Coupe Vanier 2014: la conquête qui a changé la donne

Philippe Asselin
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«Je me souviens des 22 000 personnes habillées en bleu qui criaient à l’unisson. C’était tout simplement magique.»
C’est ce qu’évoque la directrice générale du CEPSUM, Manon Simard, quand on lui demande son plus beau souvenir de la première conquête de l’histoire des Carabins.
Ce moment historique du programme de football de l’Université de Montréal est survenu le 29 novembre 2014, dans un stade Percival-Molson où exactement 22 649 spectateurs ont vu Mathieu Girard bloquer une tentative de placement des Marauders de l’Université McMaster pour donner une victoire de 20 à 19 aux Bleus.

Vendredi soir, dans le cadre du match contre les Redbirds de McGill présenté au CEPSUM, les Carabins souligneront les 10 ans de ce championnat qui a changé à jamais l’organisation.
Ils seront plus d’une cinquantaine d’anciens présents pour célébrer, dont le directeur général des Alouettes de Montréal, Danny Maciocia. C’était lui, le pilote des Carabins en 2014.
«Nous avions une équipe à maturité. C’était la quatrième année de Danny à titre d’entraîneur-chef. Les leaders de cette édition gagnante, c’étaient des joueurs qui étaient arrivés en même temps que lui à l’Université de Montréal», se souvient Gabriel Cousineau, qui était le quart-arrière des Carabins à l’époque.
Un peu «Cendrillon»
Cousineau se rappelle également que son équipe était confiante après le camp d’entraînement, mais que le premier match de la saison contre le Rouge et Or de l’Université Laval avait ramené tout le monde sur terre.
«Nous nous étions fait exploser par plus de 30 points [une défaite de 40 à 13] à Québec... Mais après, nous avons remporté 11 matchs de suite.»
«Ce fut une année Cendrillon, on parle de plusieurs victoires à l’arraché», précise quant à elle Manon Simard.
Les Carabins avaient remporté cinq matchs, dont les trois derniers en éliminatoires, avec un écart de moins d’un touché. C’était notamment le cas du match de la Coupe Dunsmore, où l’UdeM avait mis fin à l’époustouflante série de 70 matchs sans défaite à la maison du Rouge et Or.
«Cette saison-là a permis aux gens de voir que nous étions capables de faire de bonnes choses avec nos programmes sportifs et qu’il y avait une autre institution francophone qui était en mesure d’offrir quelque chose d’intéressant pour le talent québécois», indique Mme Simard, qui a aussi mentionné que cette victoire avait eu un impact sur tous les autres programmes sportifs de son université.
Force est de constater que l’échiquier du football universitaire québécois n’a plus jamais été le même par la suite.
La fin des «Carabums»
Il faut également revenir à l’embauche de Maciocia pour comprendre la genèse du premier sacre des Carabins à la Coupe Vanier. En novembre 2010, il est embauché par les Bleus avec deux missions: gagner des matchs et s’assurer que les footballeurs terminent leur parcours avec un diplôme en poche.

Les amateurs de football universitaire qui suivaient les activités du RSEQ dans la première décennie du millénaire se souviendront des «Carabums», surnom peu flatteur donné aux joueurs des Carabins.
«Il y avait un petit noyau qui a teinté toute l’organisation. Ça ne prend pas beaucoup d’éléments pour créer une perception négative», souligne Manon Simard.
«En 2014, nous n’avons pas seulement fait de grandes choses sur le terrain. Ce fut aussi notre meilleure année au niveau des performances académiques depuis le retour de l’équipe de football en 2002», raconte la femme qui est au cœur de la relance et du développement des Carabins depuis près de trois décennies.
«C’est une équipe d’étudiants-athlètes qui a remporté la Coupe Vanier en 2014!»