Coupe Memorial: ce gardien a perdu son père il y a deux mois à peine, avant de gagner la Coupe en sa mémoire


Kevin Dubé
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RIMOUSKI | Même lors de grandes compétitions sportives comme la Coupe Memorial, il y a des histoires qui vont au-delà du sport. Cette année, cette histoire, c’est celle du gardien des Tigers de Medicine Hat Harrison Meneghin. Et elle n’a rien d’un conte de fées.
Le soir du 23 mars 2025 aurait en théorie dû en être un de réjouissance pour les Tigers de Medicine Hat. Ils venaient de remporter un gain convaincant de 5-2 face aux Hitmen de Calgary lors du dernier match de la saison régulière, confirmant leur première place dans l’Association de l’Est de la WHL.
Mais c’est plutôt un drame qu’ils ont dû gérer. Après le match, le gardien Harrison Meneghin, qui venait de réaliser 35 arrêts dans la victoire, a appris le décès subit de son père, Derek, alors âgé de 49 ans.

La suite aura ensuite été un feu roulant d’émotion. Le jeune gardien est retourné auprès des siens avant de revenir au jeu, cinq jours plus tard, tenant à être devant le filet des siens pour le premier match des séries éliminatoires face aux Broncos de Swift Current. Et il l’a fait avec brio, réalisant un jeu blanc dans une victoire de 4-0.
«Il n’y a pas de mots pour décrire ça. Les gars pleuraient après l’avoir vu récolter cette victoire. C’était probablement le moment le plus spécial auquel j’ai participé», confiait après le match le capitaine Oasiz Wiesblatt.
«Il a été fumant»
Et le gardien de 20 ans, un espoir du Lightning de Tampa Bay, ne s’est pas arrêté là. Tout au long des séries, il a été un mur devant la cage des Tigers. Avec 14 victoires, dont trois par jeu blanc, c’est lui qui s’est vu décerner le titre de joueur par excellence des séries dans la WHL.
«C’était vraiment émotif, a reconnu Gavin McKenna. On veut faire ça pour lui. Il a été là pour nous quand on avait besoin de lui, et on a été là pour lui quand il avait besoin de nous. De le voir remporter le titre de joueur par excellence, c’était vraiment spécial.»
Mais le moment le plus émouvant est survenu par la suite. S’apprêtant à recevoir la coupe Ed Chynoweth, Wiesblatt a plutôt demandé à Meneghin de s’approcher afin que ce soit lui, le premier, à soulever le trophée.
All class from Oasiz Wiesblatt 👏
— Canadian Hockey League (@CHLHockey) May 17, 2025
The @tigershockey captain invites goaltender and MVP Harrison Meneghin to hoist the Ed Chynoweth Cup in memory of his father 🧡#WHLChampionship | #RoadtoMemorialCup pic.twitter.com/98heGFywGg
«Nous avions eu une rencontre avec quelques joueurs, et on avait établi qu’on voulait faire quelque chose de spécial pour Harry. Lui donner le Ed n’était pas le plan, mais lorsque je me suis réveillé de ma sieste, avant le dernier match, je me suis dit que ce moment était vraiment plus gros que moi ou l’équipe. C’était vraiment spécial.»
«Il a été fumant en séries. Je ne sais pas comment il a fait pour revenir. Sa famille était derrière lui, et nous aussi. Dès qu’il est revenu, on est devenus sa famille, et notre but était qu’il se sente bien, qu’il soit lui-même.»
Une équipe en mission
Jusqu’ici, les Tigers ont préféré ne pas donner l’accès à Meneghin aux médias. Il s’agit encore évidemment d’un sujet sensible pour le jeune gardien et il ne se sent pas prêt, encore, à en parler sur la plus importante scène du hockey junior canadien.
On peut le comprendre.
Mais après la finale, il s’est présenté tout sourire au micro de la WHL. Pas que la peine était disparue, au contraire, mais plutôt parce qu’il venait d’atteindre un objectif collectif, au sein d’une équipe qui était aussi devenue une partie de sa famille.
«Mes coéquipiers ont été incroyables. Juste avant le début des séries, j’étais à la maison, et Willie [l’entraîneur-chef Willie Desjardins] a envoyé quelques coéquipiers pour me voir et nous offrir leur soutien, à ma famille et moi. Ils ont aussi envoyé quelques gars aux funérailles. C’est ce qui rend la vie spéciale. Je serais prêt à défoncer un mur pour cette équipe.»

Pour Desjardins, c’était la moindre des choses.
«Nos gars se sont vraiment ralliés derrière lui. Il a été notre meneur, et on l’a suivi. C’était une situation vraiment difficile et une que j’espère ne jamais avoir à revivre.»