Mal rentré dans cette Coupe du monde, le Portugal traîne comme un boulet l’incessant débat autour de Cristiano Ronaldo, monument du soccer en péril, un feuilleton qui connaît un nouvel épisode mardi à Houston, contre l’Ouzbékistan.
• À lire aussi : « Ils n’ont pas la concentration »: des propos racistes en direct à la Coupe du monde
• À lire aussi : Une autre affaire de dopage ébranle le monde du tennis : une championne de Wimbledon suspendue pendant quatre ans
Entre l’édition 2022 au Qatar et celle aux États-Unis, beaucoup de temps s’est écoulé, mais la question demeure : la légende « CR7 », à 41 ans, mérite-t-elle encore sa place dans la Seleçao ?
Le sélectionneur Roberto Martinez répond « oui » et il l’a même fait jouer toute la rencontre inaugurale contre la République démocratique du Congo (1 à 1), malgré une influence dans le jeu proche de zéro.
Les partisans se déchirent sur le sort de l’icône nationale aux 143 buts en 229 présences internationales, exilée depuis 2023 dans le riche mais peu réputé championnat saoudien, et cela devient le thème central de chaque conférence de presse dans le camp de base portugais.

Un débat incessant
Autrement dit, c’est un débat inflammable et incessant que ses partenaires sont chargés de contenir du mieux qu’ils le peuvent.
« Tout ce qui touche à ce sujet m’est complètement indifférent [...] car pour moi et pour nous, ce n’est pas un sujet. Nous sommes tous ensemble à la poursuite d’un rêve », a par exemple tenté d’évacuer Ruben Dias.
Bien sûr, du fait de son pedigree, Cris attire beaucoup l’attention, mais je pense que nous sommes tous remis en question dans un moment comme celui-ci », a ajouté le défenseur central de Manchester City, en référence à la contre-performance face aux Léopards.
« Il y a beaucoup de spéculations et, lorsque les résultats ne sont pas ceux que nous souhaitons, c’est normal que ces spéculations s’intensifient, mais cela n’affecte pas notre confiance. »
« Il freine le Portugal »
Francisco Conceiçao a lui oscillé entre compliments à l’égard de son aîné, « un exemple de leadership et par les buts qu’il marque », et émancipation revendiquée : « Nous ne ressentons pas le besoin de lui passer le ballon », a assuré l’ailier de la Juventus.
« Je fais la passe à celui qui, selon moi, est le mieux placé et démarqué. »
Cristiano Ronaldo est pourtant accusé par les observateurs d’étouffer le jeu du Portugal, une équipe bourrée de talents devant et qui se prive par exemple de l’avant-centre du PSG Gonçalo Ramos, cantonné au banc.
« En s’accrochant à un poste qu’il n’est plus en mesure de justifier par ses résultats, il pénalise le Portugal et ternit la réputation qu’il a mis toute sa carrière à bâtir », a rédigé le journaliste portugais Miguel Dantas dans une tribune publiée lundi dans le quotidien britannique The Guardian.
Martinez s’obstinera-t-il à titulariser son capitaine en délicatesse ?
