Coupe du monde de vélo de montagne: le rêve d'une vie pour deux amis qui vivent au pied du Mont-Sainte-Anne


Richard Boutin
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Deux amis qui habitent au pied des pentes du Mont-Sainte-Anne vivront le rêve de leur vie en fin de semaine lors de la Coupe du monde de vélo de montagne qui s’arrête dans leur cour à l’occasion de la dernière étape de la saison.
Né en France où il a découvert le vélo de montagne, Franck Kirscher a déménagé au Québec en 2007 après avoir rencontré l’amour de sa vie, en visite dans son pays natal.

Adepte de l’enduro depuis une dizaine d’années après avoir fait ses débuts en descente, Kirscher était un spectateur assidu à la Coupe du monde du Mont-Sainte-Anne au fil des ans.
L’idée de prendre le départ avec les meilleurs coureurs de la planète lui est venue l’automne dernier après le passage de la Coupe du monde au Mont-Sainte-Anne. Il a fait des démarches auprès de Cyclisme Canada pour obtenir une entrée, mais il a essuyé un refus puisqu’il ne possédait pas les 40 points nécessaires de l’Union cycliste internationale (UCI) et que d’autres Canadiens avaient un meilleur classement que lui.
Il s’est alors tourné vers la Fédération française qui possédait trois laissez-passer et n’avait reçu que deux demandes. Compte tenu des coûts, les cousins qui souhaitaient traverser l’Atlantique n’étaient pas nombreux.
«C’est excitant, je vais vivre mon baptême à 40 ans, a imagé Kirscher. Je voulais m’offrir un petit projet pour mes 40 ans. Si je ne l’avais pas fait cette année, je ne l’aurais jamais fait. Je vais porter les couleurs de la France même si je suis un coureur local. Je vais me tatouer une feuille d’érable sur l’estomac. Ça va être le meilleur moment de ma carrière de cycliste.»
Son vélo fabriqué par un ami
Ce baptême de la Coupe du monde, le cycliste de Saint-Ferréol-les-Neiges le vivra avec son chum William Boisvert qui a fabriqué sa monture. Étudiant au doctorat en génie mécanique à l’Université Laval, celui-ci a toujours raffolé des vélos. Né en 1994 alors que la première étape de la Coupe du monde au Mont-Sainte-Anne a été présentée en 1991, le résident de Saint-Féréol-les-Neiges y a été présent aussi loin qu’il se souvienne. «De la maison familiale, j’entendais l’annonceur maison. Mes cousins ont fait de la compétition et les Olympiens Guido Visser et Jacqueline Mourao sont mes voisins, tout comme Alex Harvey. Sur place, je regardais les vélos pour découvrir les nouveautés et non la course.»
Boisvert a fabriqué des vélos d’enduro modifiés au fil des ans, mais il s’est attaqué à son plus gros défi cet hiver. «C’est un parcours difficile, probablement le plus difficile sur le circuit, mais c’est un bel endroit pour développer un vélo, a-t-il souligné. C’est un petit miracle d’avoir complété le projet en sept mois. Je suis plus nerveux que Franck. Le parcours est exigeant et il y a toujours un risque.»
Une importante bourse de Rio Tinto décernée à Boisvert dans le cadre du programme de développement économique régional a permis aux deux amis d’aller au bout de leur folie.
Mission accomplie
Considéré comme un bon rouleur, Kirscher est conscient des risques, mais il n’a pas d’attentes. Il a fait ses quatre premières descentes sur sa nouvelle monture le 29 septembre.
«Quand j’ai reçu ma plaque de coureur, mercredi dernier, c’était déjà mission accomplie. Un coureur local sur un vélo local à la Coupe du monde du Mont-Sainte-Anne, c’était notre objectif. Le reste sera du bonus.»
«Dès ma première descente, dimanche dernier, j’étais à l’aise et je savais que le vélo ne serait pas le problème. C’était à moi de m’améliorer. C’était le rêve d’une vie quand nous avons fait la reconnaissance du parcours à pied. Jeudi lors de notre première descente, je me demandais ce que je faisais là, entouré de Finn Iles [vainqueur en 2022] et d’Amaury Pierron qui a remporté deux étapes cette année. C’était impressionnant.»
Congé d’école pour fiston
Sa mère qui a fait le voyage depuis la France sera présente, tout comme son fils Samy âgé de 13 ans. «Mon fils va prendre congé d’école vendredi et sa motivation d’absence est faite. Ma blonde sera aussi sur place. Le voyage de ma mère était déjà prévu, mais je suis reconnaissant qu’elle puisse être là. C’est un bonus que tous soient présents.»
Après quelques descentes d’entraînement avec les meilleurs de la planète, jeudi, Kirscher sera en action vendredi pour les qualifications et la ronde demi-finale s’il se faufile parmi les 60 premiers.