Coupe du monde de patinage de vitesse: scénario de rêve pour la médaillée olympique Valérie Maltais qui remporte la victoire au classement cumulatif


Richard Boutin
Partager
Dans une course rocambolesque, Valérie Maltais a conclu dimanche la Coupe du monde de patinage de vitesse longue piste de Québec en remportant le titre au classement cumulatif au départ groupé, un exploit qu'elle n'aurait jamais cru possible en début de saison.
Première au classement avec trois points de priorité sur sa compatriote Ivanie Blondin avant le départ, Maltais savait que la bataille serait féroce pour repartir avec le gros trophée. «J’étais consciente que j’occupais le premier rang et que j’aurais besoin d’un miracle pour rester là, a-t-elle illustré après avoir partagé ses moments de joie avec sa famille. J’avais la bouche sèche et j’étais vraiment nerveuse. Je suis très fière de ma gestion de course et de m’être bien débrouillée dans le chaos.»

Rapidement dans la course de 16 tours, un groupe de sept patineuses qui n’avait pas d’aspirations pour le classement général a pris la fuite. Dans le deuxième peloton, on retrouvait notamment Maltais et Blondin, la Néerlandaise Irene Schouten et l’Américaine Mia Manganello qui étaient dans la course pour le titre. Personne n'était intéressé à reprendre les fuyardes.

«Je n’avais pas intérêt à fermer l’écart, a expliqué Maltais qui a conclu la course en 9e place. Conscientes de l’écart de points, toutes les filles de notre peloton se regardaient, mais je me sentais bien et en confiance dans le peloton. Avec deux tours à faire, les filles de notre groupe ont attaqué croyant qu’il restait un seul tour et elles ont gaspillé des cartouches. De mon côté, je savais qu’il restait deux tours. Il y a aussi eu un accrochage. Tout a bien tourné pour moi.»
Blondin a été au cœur de cet accrochage. «Il y a eu beaucoup de confusion sur le nombre de tours à faire et c’est difficile de garder le compte quand il y a autant d’action, a-t-elle raconté. C’est frustrant parce que c’est une erreur qui est hors de mon contrôle. Il y a aussi eu la patineuse qui m’a dépassée par l’intérieur et qui a chuté devant moi.»
«J’aurais dû y aller avant que l’écart ne soit trop grand, de poursuivre Blondin. Notre plan, à moi et Valérie, était de suivre les Néerlandaises. C’est une course bizarre qui n’est pas satisfaisante, mais je l’oublie et je me tourne vers le mondial où la stratégie sera différente.»
À six petits points de la championne de la Coupe du monde, Blondin se réjouissait du doublé canadien et pour sa coéquipière. «C’est super qu’on termine un et deux au cumulatif et je suis vraiment contente pour Valérie qui remporte le titre.»
Saveur spéciale
Ce titre au cumulatif avait un cachet particulier pour la double médaillée olympique. «C’est vraiment spécial. Je ne pouvais pas imaginer en début de saison que j’allais gagner. L’an dernier après la saison, je n’étais pas certaine que je voulais continuer le départ groupé. J’ai retrouvé mon petit amour pour l’épreuve et j’ai revu ma façon de me fixer des objectifs.»
Avant de s’élancer au départ groupé, Maltais a obtenu le meilleur résultat de sa carrière au 1500m en terminant au 4e rang. «J’ai connu une très bonne fin de semaine avec l’énergie de la foule qu’on pouvait bien sentir. La communauté a bien répondu aux attentes de ce nouvel événement et les Québécois n’ont pas fait mentir leur réputation qu’ils aiment encourager leurs athlètes. C’était phénoménal l’appui de la foule.»