C’est la fin de la carrière de Nadal

AFP
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Deux ans après Roger Federer, Rafael Nadal est devenu mercredi, à Malaga, le deuxième membre du «Big 3» du tennis à ranger ses raquettes pour de bon après une défaite en quarts de finale de la Coupe Davis.
Jusqu'au bout, «Rafa» a été fidèle à sa réputation de combattant, encourageant le double espagnol les deux poings serrés depuis le bord du court.
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En vain. Après 23 années sur le circuit et presque autant de titres du Grand Chelem (22), ce sont les Pays-Bas et leur surprenant numéro 2, Botic van de Zandschulp, qui ont poussé Nadal vers la sortie à 38 ans.
«Ça ne s'est pas terminé comme on l'aurait tous aimé», à savoir par une qualification de l'Espagne, a regretté le héros du jour lors d'une cérémonie d'hommage qui a commencé par une litanie de remerciements.
Mais «je me sens tellement chanceux», a lancé un Nadal d'abord souriant dans une salle debout pour l'acclamer, y compris dans les tribunes réservées aux spectateurs néerlandais.
Sa voix s'est brisée sous le coup de l'émotion quand il a remercié sa famille, qui a joué un rôle essentiel dans sa carrière, particulièrement son oncle et entraîneur au long cours Toni Nadal.
«Vous ne m'avez jamais fait défaut, vous avez fait en sorte que je garde les pieds sur terre, je pars serein», a affirmé le gaucher.
Dans le premier simple de la journée, le gaucher majorquin a cédé en deux manches contre le 80e joueur mondial, vainqueur 6-4 et 6-4.
«J'ai essayé de faire de mon mieux [...] ça n'a pas suffi», a sobrement commenté la légende espagnole en conférence de presse, après s'être dit lundi «en paix» à l'heure de sa retraite sportive.
Souvent présenté comme l'héritier du gaucher de Manacor, Carlos Alcaraz, numéro 3 mondial, a ensuite remis les deux équipes à égalité en disposant de Tallon Griekspoor (40e) 7-6 (0) et 6-3.
Mais le double décisif, remporté 7-6 (4) et 7-6 (3) par van de Zandschulp associé au spécialiste Wesley Koolhof, a été fatal à l'Espagne, sextuple lauréate de la Coupe Davis.
Les Pays-Bas ont à l'inverse atteint la deuxième demi-finale de leur histoire, après celle de 2001.
«J'ai perdu mon premier match en Coupe Davis [en 2004], je viens de perdre mon dernier match. La boucle est bouclée», a jugé mardi Nadal, dont la carrière a été émaillée d'innombrables blessures, entre des retours au premier plan quasi miraculeux.
L'éternel rival du Suisse Roger Federer (20 titres du Grand Chelem) et du Serbe Novak Djokovic (24 titres) n'avait plus disputé de match officiel depuis sa défaite le 31 juillet en quarts de finale du tournoi olympique.
Avant même la confirmation du fait que Nadal jouerait contre les Pays-Bas, les spectateurs étaient déjà présents en nombre aux abords du palais des sports de Malaga.
«Une des dernières légendes»
Venus d'Elche, Miquel Zapata Diez et Sergio Medina en étaient convaincus: comme l'annonçaient depuis mardi matin les médias espagnols, «Rafa» allait jouer et l'Espagne, gagner.
«Rafa est une des dernières légendes» du tennis, jugeait Sergio, pompier de 25 ans qui n'aurait manqué pour rien au monde ses adieux.
Sur les six sacres de l'Espagne, le Majorquin a participé à cinq campagnes victorieuses (2004, 2008, 2009, 2011, 2019), mais, n'ayant pas joué la finale en 2008, il ne compte à son palmarès que quatre saladiers d'argent.
Des portes de l'aéroport au stade d'athlétisme municipal qui fait face au site de la phase finale en passant par les stations de métro, la ville de Malaga tout entière a rendu hommage au héros national, à grand renfort de «Gracias Rafa» («Merci, Rafa»).
Federer l'a aussi encensé sur les réseaux sociaux. «Tu m'as fait travailler plus dur que je ne l'aurais jamais imaginé. [...] Tu m'as forcé à réinventer mon jeu. [...] Quelle carrière incroyable tu as eue», l'a félicité l'ex-numéro 1 mondial suisse.
Pour l'ex-numéro 1 mondial et capitaine de l'Australie, Lleyton Hewitt, Nadal est «un des plus grands joueurs de tous les temps».
Lundi en conférence de presse, Alcaraz avait prévenu: «Pour moi, pour l'équipe et pour tout le monde en Espagne, ça va être une journée émouvante».