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Corps déchiqueté à Québec: «Ils n’auront aucune difficulté à prélever de l’ADN», selon l’auteure et experte en anthropologie judiciaire Kathy Reichs

De nouvelles accusations devraient être déposées vendredi

L'émondeuse qui aurait été utilisée par les meurtriers a été saisie par la Sûreté du Québec afin d'être expertisée.
L'émondeuse qui aurait été utilisée par les meurtriers a été saisie par la Sûreté du Québec afin d'être expertisée. Marc Valli�res/Agence QMI
Photo portrait de Frédérique Giguère

Frédérique Giguère

2023-09-20T20:12:42Z

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Si les auteurs du meurtre sordide qui a secoué le Québec en début de semaine croyaient brouiller les pistes en déchiquetant le corps de leur victime à l'aide de machinerie, une experte en anthropologie judiciaire rappelle que même avec des restes humains, il est plutôt facile de prélever l’ADN d’une personne.

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« C’est évident que quelqu’un qui se donne toute cette misère le fait pour réduire l’habileté des experts à identifier la victime et ainsi lier les suspects au crime, explique l’auteure à succès Kathy Reichs, experte en anthropologie judiciaire. Mais ils n’auront aucune difficulté à prélever de l’ADN sur les restes qu’ils trouveront. »

Rappelons que le corps extrêmement mutilé d’une personne a été découvert dimanche soir sur le terrain d’un émondeur de Québec. Quelques heures plus tard, deux hommes et une femme ont été arrêtés sur le territoire mohawk de Kahnawake. 

  • Écoutez le segment faits divers avec Maxime Deland via QUB radio :

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Jean-Philippe Lamontagne, 44 ans, Cassandra Major, 31 ans, et François Bouchard, 31 ans, font actuellement face à des accusations d’outrage à un cadavre. D’autres chefs devraient s’ajouter vendredi au palais de justice de Québec. Selon nos informations, la victime aurait été tuée dans la résidence de Bouchard à Contrecoeur. Elle aurait ensuite été amenée jusqu’à Québec, sur le terrain d'un émondeur, où on l’aurait placée dans une pièce de machinerie.

Trauma par balle ou lacération

Selon Mme Reichs, qui parle de façon générale puisqu’elle n’a pas été personnellement impliquée dans le dossier, les spécialistes pourront potentiellement déterminer la cause exacte du décès même s’ils doivent travailler avec des restes humains.

Kathy Reichs, auteure et anthropologue judiciaire.
Kathy Reichs, auteure et anthropologue judiciaire. © Marie-Reine Mattera

« Ils vont d’abord déterminer ce qui est humain et ce qui ne l’est pas, explique-t-elle. Ensuite, ils vont rassembler tous les fragments et ils vont tenter de les replacer ensemble de façon à refaire le corps le plus possible. Ils pourront ensuite peut-être déterminer s’il y a, par exemple, des traumas causés par une balle, de la poudre de canon ou encore des lacérations causées par arme blanche. »

Selon elle, ils seront également en mesure de déterminer ce qui a été causé par la machinerie et ce qui a été fait préalablement à la victime. 

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En entrevue avec Le Journal, le biologiste judiciaire du Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale (LSJML) Nicolas Tremblay affirme que tous les dossiers d'identification de restes humains sont complexes, sans pour autant faire référence au meurtre de Québec. 

« Mais de façon générale, on n'a pas besoin de beaucoup de matériel pour être en mesure de procéder aux différentes techniques », explique celui qui agit également à titre de porte-parole de l'organisation. 

Par exemple, une seule dent suffit pour faire une comparaison de fiche dentaire et une petite partie de restes humains peut être assez pour utiliser l'ADN ou les empreintes digitales. 

« Même si beaucoup d'efforts sont mis pour essayer de brouiller les pistes, nous avons à notre portée un arsenal d'outils et de techniques scientifiques afin d'aider les policiers », ajoute M. Tremblay. 

Comparaison d’ADN avec la famille

Or, selon le coroner en chef adjoint Luc Malouin, le dossier est loin d’être simple et le fait d’avoir de l’ADN ne garantit pas nécessairement une identification. 

« C’est une chose d’avoir de l’ADN, mais encore faut-il que la personne ait été mise dans une banque si on veut avoir un résultat », explique-t-il. 

Dans ce cas-ci, comme les policiers ont une bonne idée de l’identité de la victime, il leur sera possible de demander aux proches de celle-ci de se soumettre à une comparaison d’ADN afin de valider leur théorie. Selon le coroner Malouin, ils pourraient également saisir un objet appartenant à la victime en se rendant à son domicile, par exemple une brosse à dents, afin d’en extraire l’ADN. 

« C’est évident que c’est beaucoup plus complexe pour toutes les personnes assignées au dossier quand on travaille avec des restes humains, mais ce n’est pas impossible », dit-il. 

Avec Valérie Gonthier.

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