Convaincu et convaincant


Marc de Foy
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Tout ce que Martin St-Louis voulait, c’était obtenir une chance de diriger une équipe de la Ligue nationale de hockey. Peu importe que ce soit avec la mention « par intérim » à côté de son titre.
En entendant ses propos hier matin, je n’ai pu faire autrement que d’avoir une pensée pour Patrick Roy.
Lui aussi attendait une pareille occasion.
« La différence est que Patrick l’a dit avant le processus de sélection [du directeur général], tandis que Martin a attendu d’être choisi [entraîneur-chef] », fait remarquer un collègue à l’humour parfois caustique après la première rencontre de St-Louis avec la faune médiatique.
Il s’en trouvera pour ajouter que Roy a commis une autre erreur en disant que le Canadien ne va nulle part depuis sa dernière conquête de la coupe Stanley, en 1993.
Inculquer les valeurs de base
St-Louis et Roy ont des points en commun. Ils sont animés d’une grande passion pour leur sport. Ils carburent à la pression, ils veulent gagner et ont horreur de la défaite.
Aujourd’hui, ils transmettent leurs valeurs, les expériences qu’ils ont vécues et leurs connaissances du jeu, l’un dans les rangs juniors et l’autre nouvellement dans la LNH.
Le sens de l’engagement et le professionnalisme – deux critères d’excellence que les joueurs du Canadien semblent avoir oubliés sous la direction de Dominique Ducharme – sont les premières choses que St-Louis tentera d’inculquer à ces mêmes hommes.
Ça pourrait demander un certain temps.
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Confiant en ses capacités
St-Louis a dit les bonnes choses dans les heures précédant son baptême de feu derrière le banc. Il a joué la carte de l’humilité.
Il ne s’est pas présenté en sauveur et a admis d’emblée qu’il aura à traverser une période d’apprentissage.
Mais à travers cette modestie, on sentait cette force de caractère et cette confiance qui lui ont permis de faire mentir tous ceux qui ne le croyaient pas capable d’atteindre la grosse Ligue nationale et d’y survivre.
St-Louis a du panache. Il dégage l’image d’un homme confiant en ses moyens. Et son discours est convaincant.
Les grandes-gueules sont faciles à repérer. Ils font un temps et disparaissent généralement aussi vite qu’ils sont arrivés.
Culture à instaurer
St-Louis ne joue pas la comédie.
Le type que l’on voit sur une tribune est le même que celui à qui l’on parle dans les coulisses. Ses nouveaux joueurs le constateront rapidement.
Comme tout entraîneur, St-Louis devra les convaincre que la salade qu’il veut leur vendre est comestible et facile à digérer.
À cet égard, il a beaucoup parlé de la culture de l’organisation. C’est l’une des nombreuses choses qu’il a étudiées durant sa glorieuse carrière de 17 saisons comme joueur dans la LNH.
Il a été dirigé par plusieurs entraîneurs, ayant joué sous les ordres de Brian Sutter à Calgary, Steve Ludzik, John Tortorella, Guy Boucher, Barry Melrose, Rick Tocchet, Jon Cooper à Tampa, et enfin Alain Vigneault avec les Rangers.
L’influence de Tortorella
De tous ceux-là, Tortorella, réputé pour être le plus dur et le plus détesté du groupe, est celui ayant exercé la plus grande influence sur St-Louis.
Les deux en sont venus à développer une relation solide. Tortorella était parmi les invités de St-Louis lors du retrait de son chandail par le Lightning.
Je ne vois pas St-Louis avoir des relations orageuses avec les journalistes, comme ce fut le cas de son ancien entraîneur. Mais il pourrait lui arriver d’être sec à l’occasion.
Ses yeux parlent quand il n’apprécie pas ce qu’il entend.
Tortorella lui a vite renvoyé l’ascenseur, hier.
« Vous allez l’aimer, a-t-il dit au site The Athletic.
« Je pense que le contexte à Montréal se prête bien à sa venue. Martin commence sa carrière et l’équipe amorce une reconstruction. Ils vont grandir ensemble.
« Martin est tellement connaisseur. Il va adorer son expérience et les gens vont l’adorer. Ils vont réussir. »
Que les dieux du hockey puissent l’entendre.
Un premier signe positif
Commençons par la mauvaise nouvelle. L’entrée en scène de Martin St-Louis n’a pas empêché le Canadien de subir une sixième défaite consécutive et de voir sa série de matchs sans victoire se prolonger à huit.
La bonne nouvelle est que le Tricolore n’a pas mangé une volée.
C’est au moins ça de pris. Il faut bien se consoler comme on peut.
Pitié pour Primeau
Une victoire aurait été possible, n’eût été une autre performance chancelante de Cayden Primeau.
Le jeune gardien a mal paru sur trois des quatre buts qu’il a accordés avant d’être relevé par Samuel Montembault.
La carrière de Primeau en prend pour son rhume. Un renvoi à Laval serait dans la normalité des choses, mais Michael McNiven est blessé.
Le Canadien est coincé aussi par son nombre de contrats de la Ligue nationale. Il en compte 48 alors que la limite se chiffre à 50.
Aidant naturel
Si on veut parler d’un premier signe positif, c’est la tenue encourageante de Cole Caufield dans ce match contre les Capitals.
Porté disparu depuis belle lurette, Caufield a retrouvé ses repères à son premier match sous la tutelle de St-Louis. Il a joué avec un bel entrain.
Le but qu’il a inscrit en deuxième période, son deuxième de la saison et son premier en 18 matchs, portait le sceau du bon marqueur qu’il peut être.
Un tir habile du revers en pleine course dans le haut du filet pendant une supériorité numérique.
Caufield croyait en avoir marqué un deuxième en troisième période, mais un appel à la reprise vidéo demandé par les Capitals a montré que Tyler Toffoli avait commis un hors-jeu.
Dommage pour Caufield.
Nick Suzuki a offert lui aussi une performance inspirée.
Il est évidemment trop tôt pour parler d’un effet St-Louis, mais si le nouvel entraîneur peut avoir un ascendant sur les deux jeunes, ce sera un pas dans la bonne direction.