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Controverse sur balle de match: Félix Auger-Aliassime explique comment il a su garder son calme

Ses explications posées mais fermes à l'arbitre, à Cincinnati, lui ont valu des éloges. Mais le Québécois estime que les choses doivent changer

Photo Matthew Stockman / Getty Images via AFP
Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2024-08-23T22:34:59Z

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NEW YORK | Félix Auger-Aliassime avait le sourire aux lèvres et comme à son habitude, il a offert une poignée de main à la journaliste du Journal venue à sa rencontre au US Open. Bref, le Québécois était serein, vendredi, à l’aube du dernier tournoi majeur de la saison. Pas mal plus qu’il y a une semaine...

«Oh, c’est vrai, c’était vendredi dernier!» a lancé Félix en secouant la tête légèrement, quand on lui a rappelé que son dernier vendredi soir avait été beaucoup plus compliqué que cette journée d’entraînement et de rencontres médiatiques à New York.

Il y a sept jours, les images de cette balle de match dans le quart de finale opposant Auger-Aliassime au Britannique Jack Draper, au Masters 1000 de Cincinnati, faisaient le tour de la planète.

Une balle de match qui a d’abord rebondi du côté du terrain de Draper après que ce dernier l’ait frappé à la volée, avant d’atterrir dans le carré de service du côté de Félix. Un point qui n’aurait jamais dû être bon, bref, mais que l’arbitre n’a pas vu en temps réel.

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La scène a démontré – une fois de plus, diront plusieurs joueurs (dont Félix) – que des changements doivent être effectués dans l’arbitrage au tennis. Que la reprise vidéo lors des points est devenue nécessaire afin d’éviter ce genre de situation, puisque l’œil humain ne peut tout voir.

Un sourire... confus

Mais elle a aussi révélé au grand jour une facette du joueur de 24 ans bien connu du milieu tennistique, mais peut-être moins du grand public moins entiché de la petite balle jaune: son grand calme et sa grande classe.

Le ton posé, mais ferme, avec lequel il a argumenté tant avec l’arbitre Greg Allensworth qu’avec Draper sur ce point si précieux lui ont valu des louanges d’un peu partout.

Félix le reconnaît toutefois: ce sourire qu’il affichait sur le moment, c’en était plutôt un de stupéfaction. «C’était de la confusion totale, a-t-il expliqué. C’était quelque chose de tellement gros que sur le coup, je préférais sourire plutôt que de me fâcher.»

Photo Matthew Stockman / Getty Images via AFP
Photo Matthew Stockman / Getty Images via AFP

«Mais après, je n’étais pas content de constater que j’avais été le seul [sur le terrain] à voir ce que j’avais vu. Je me disais: “Quoi, personne n’a rien vu? Vous pensez quoi, que j’invente une histoire, que j’essaye de tricher?” C’était décevant.»

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Dans un sport où les athlètes ne sont pas toujours tendres, verbalement, à l’endroit des arbitres (le mot est faible, on le reconnaît), Félix estime toutefois qu’il ne servait à rien d’envoyer promener l’homme qui était d’office ce soir-là. 

Photo Getty Images via AFP
Photo Getty Images via AFP

«Après tout, on est regardé par des milliers de personnes», a-t-il pointé. Mais dans le vestiaire, par la suite, le 19e mondial a «peut-être utilisé des mots un peu plus sévères que sur le court», a reconnu «FAA» en riant.

Ses doléances à l’ATP

Sauf que, comme on dit: ce qui est fait, est fait, et une semaine plus tard, Auger-Aliassime assure que tout ça est derrière lui. Bien que ça ne change rien au fait qu’il estime que comme dans d’autres sports, les arbitres au tennis devraient avoir accès à une reprise vidéo en tout temps.

Félix a fait part de ses doléances à l’ATP, après ce match dont l’issue, a-t-il réitéré, a été «décevante». Mais pas seulement en raison de cette rencontre perdue. «Il faut regarder le big picture, dit-il. C’est déjà arrivé par le passé, à d’autres joueurs.»

Photo Matthew Stockman / Getty Images via AFP
Photo Matthew Stockman / Getty Images via AFP

Le Québécois estime d’ailleurs que le fait d’avoir parlé directement aux instances qui gèrent le tennis risque d’avoir plus de poids que n’importe quelle crise ou n’importe quelle prise de position publique.

Et s’il remercie tous ceux qui l’ont appuyé dans la dernière semaine, il rappelle qu’il n’est pas «quelqu’un qui aime créer une polémique».

«J’espère juste que mon message a été clair. J’espère qu’il a été entendu. Le message, il est dans les faits. C’est évident qu’il faut changer ça, pour tout le monde.»

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