Controverse sur balle de match: Félix Auger-Aliassime explique comment il a su garder son calme
Ses explications posées mais fermes à l'arbitre, à Cincinnati, lui ont valu des éloges. Mais le Québécois estime que les choses doivent changer


Jessica Lapinski
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NEW YORK | Félix Auger-Aliassime avait le sourire aux lèvres et comme à son habitude, il a offert une poignée de main à la journaliste du Journal venue à sa rencontre au US Open. Bref, le Québécois était serein, vendredi, à l’aube du dernier tournoi majeur de la saison. Pas mal plus qu’il y a une semaine...
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«Oh, c’est vrai, c’était vendredi dernier!» a lancé Félix en secouant la tête légèrement, quand on lui a rappelé que son dernier vendredi soir avait été beaucoup plus compliqué que cette journée d’entraînement et de rencontres médiatiques à New York.
Il y a sept jours, les images de cette balle de match dans le quart de finale opposant Auger-Aliassime au Britannique Jack Draper, au Masters 1000 de Cincinnati, faisaient le tour de la planète.
Une balle de match qui a d’abord rebondi du côté du terrain de Draper après que ce dernier l’ait frappé à la volée, avant d’atterrir dans le carré de service du côté de Félix. Un point qui n’aurait jamais dû être bon, bref, mais que l’arbitre n’a pas vu en temps réel.
Drama at the end of the match between Jack Draper & Felix Auger-Aliassime. Once again it’s Greg Allensworth as the umpire.. Felix was convinced Draper's volley hit the frame and then hit the ground and then it went over. Supervisor comes on court and agrees with umpire. Crowd… pic.twitter.com/W84CGot142
— edgeAI (@edgeaiofficial) 17 août 2024
La scène a démontré – une fois de plus, diront plusieurs joueurs (dont Félix) – que des changements doivent être effectués dans l’arbitrage au tennis. Que la reprise vidéo lors des points est devenue nécessaire afin d’éviter ce genre de situation, puisque l’œil humain ne peut tout voir.
Un sourire... confus
Mais elle a aussi révélé au grand jour une facette du joueur de 24 ans bien connu du milieu tennistique, mais peut-être moins du grand public moins entiché de la petite balle jaune: son grand calme et sa grande classe.
Le ton posé, mais ferme, avec lequel il a argumenté tant avec l’arbitre Greg Allensworth qu’avec Draper sur ce point si précieux lui ont valu des louanges d’un peu partout.
Félix le reconnaît toutefois: ce sourire qu’il affichait sur le moment, c’en était plutôt un de stupéfaction. «C’était de la confusion totale, a-t-il expliqué. C’était quelque chose de tellement gros que sur le coup, je préférais sourire plutôt que de me fâcher.»

«Mais après, je n’étais pas content de constater que j’avais été le seul [sur le terrain] à voir ce que j’avais vu. Je me disais: “Quoi, personne n’a rien vu? Vous pensez quoi, que j’invente une histoire, que j’essaye de tricher?” C’était décevant.»
Dans un sport où les athlètes ne sont pas toujours tendres, verbalement, à l’endroit des arbitres (le mot est faible, on le reconnaît), Félix estime toutefois qu’il ne servait à rien d’envoyer promener l’homme qui était d’office ce soir-là.

«Après tout, on est regardé par des milliers de personnes», a-t-il pointé. Mais dans le vestiaire, par la suite, le 19e mondial a «peut-être utilisé des mots un peu plus sévères que sur le court», a reconnu «FAA» en riant.
Ses doléances à l’ATP
Sauf que, comme on dit: ce qui est fait, est fait, et une semaine plus tard, Auger-Aliassime assure que tout ça est derrière lui. Bien que ça ne change rien au fait qu’il estime que comme dans d’autres sports, les arbitres au tennis devraient avoir accès à une reprise vidéo en tout temps.
Félix a fait part de ses doléances à l’ATP, après ce match dont l’issue, a-t-il réitéré, a été «décevante». Mais pas seulement en raison de cette rencontre perdue. «Il faut regarder le big picture, dit-il. C’est déjà arrivé par le passé, à d’autres joueurs.»

Le Québécois estime d’ailleurs que le fait d’avoir parlé directement aux instances qui gèrent le tennis risque d’avoir plus de poids que n’importe quelle crise ou n’importe quelle prise de position publique.
Et s’il remercie tous ceux qui l’ont appuyé dans la dernière semaine, il rappelle qu’il n’est pas «quelqu’un qui aime créer une polémique».
«J’espère juste que mon message a été clair. J’espère qu’il a été entendu. Le message, il est dans les faits. C’est évident qu’il faut changer ça, pour tout le monde.»